© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

La " micro-inflammation " colique présente au cours du Syndrome de l'Intestin Irritable n'est pas liée à une augmentation de la transcription des gènes des récepteurs activés par les protéases-1, -2, -3 et -4
R. Gloro, M. Coëffier, P. Déchellotte, J. Reimund, P. Ducrotté

 Introduction

Les récepteurs activés par les protéases (PAR) ont été fortement suspectés d'intervenir dans la physiopathologie du syndrome de l'intestin irritable (SII) et des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). Les PAR sont impliqués dans la régulation de l'inflammation et la réponse immunitaire digestives qui sont altérées au cours du SII et des MICI. De plus, d'autres études ont rapporté une augmentation de certains PAR dans la muqueuse colique inflammatoire de malades atteints de MICI. Chez l'Homme, quatre récepteurs hPAR (hPAR-1 à hPAR-4) ont été identifiés au niveau des entérocytes, des neurones myentériques et sous-muqueux, des cellules musculaires lisses ou des mastocytes digestifs. Notre étude avait pour objectifs, (1) d'évaluer l'inflammation intestinale au cours du SII en comparant les dosages de calprotectine fécale de patients présentant un SII, une MICI en poussée et des témoins sains, (2) de comparer les taux d'ARN messagers (ARNm) de hPAR-1, -2, -3 et -4 dans la muqueuse colique de patients atteints d'un SII, de MICI en poussée et de témoins sains.
 

 Patients et Méthodes

Vingt-trois sujets ont été inclus dans cette étude (5 SII, 13 MICI dont 8 maladies de Crohn et 5 rectocolites hémorragiques et 5 témoins). Les patients SII répondaient aux critères de Rome II, les patients MICI étaient en poussée et les témoins étaient adressés pour une coloscopie de dépistage du cancer colorectal et avaient une coloscopie normale. La calprotectine fécale a été dosée par technique ELISA chez tous les patients SII et MICI et chez deux témoins. Par ailleurs, des biopsies coliques étaient prélevées pour quantification des taux d'ARNm de hPAR-1, -2, -3 et -4 par PCR en temps réel. Chez les patients MICI, les biopsies étaient réalisées en zones inflammatoires.
 

 Résultats

(1) Les patients SII avaient tous un dosage de calprotectine fécale supérieur à la normale (normale < 25 μg/g). Cette élévation était cependant inférieure à celle des patients MICI en poussée (p < 0,05). (2) Chez les malades MICI, les taux d'ARNm de hPAR-1 et -3 mais pas ceux de hPAR-2 et -4 étaient significativement augmentés dans la muqueuse inflammatoire par rapport à ceux calculés au niveau de la muqueuse des patients SII (respectivement p < 0,05 et p < 0,01) et chez les témoins (p < 0,01 pour hPAR-1 et -3). A la différence des patients MICI, les taux d'ARNm des hPAR-1, -2, -3 et -4 au niveau de la muqueuse colique des patients SII n'étaient pas différents des taux des témoins.
 

 Conclusion

L'augmentation de la calprotectine fécale chez tous les patients présentant un SII confirme l'hypothèse de phénomènes inflammatoires au cours de ce syndrome. L'absence de différence d'expression des ARNm de hPAR-1, -2, -3 et -4 au niveau de la muqueuse colique de ces patients par rapport aux témoins sains alors que les taux d'hPAR-1 et -3 sont élevés dans la muqueuse inflammatoire des MICI, suggère une régulation différente des voies de signalisations cellulaires de l'inflammation au cours du SII par rapport aux MICI. Etude réalisée grâce à une bourse de l'IRMAD et à une aide financière du laboratoire IPSEN BEAUFOUR.
 

 Mots-clés :
Pathologie Fonctionnelle Digestive
Intestin Grêle
Récepteurs Et Signaux

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