© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Faisabilité, rentabilité diagnostique et thérapeutique et morbidité de l'entéroscopie à double ballon en fonction de l'indication : série prospective monocentrique
T. Maniere, M. Palazzo, B. Landi, B. Boboc, J. Canard, F. Bloch, R. Jian, C. Cellier

 Introduction

L'entéroscopie double ballon (EDB) est une nouvelle technique endoscopique de l'exploration de l'intestin grêle. Elle est habituellement réalisée en deuxième intention après une exploration non invasive par vidéo-capsule endoscopique (VCE) ou un examen radiologique, pour confirmation diagnostique ou traitement endoscopique. Sa rentabilité diagnostique et thérapeutique en fonction de l'indication n'est pas connue.
 

 Patients et Méthodes

Entre janvier 2004 et septembre 2006, 246 EDB ont été réalisées dans notre centre chez 210 patients (118 H, 92 F ; âge moyen 60,3 ans 12-90). Les indications de l'EDB étaient : hémorragie digestive obscure (HDO) occulte (n = 71), HDO extériorisée (n = 91), entéropathie exsudative ou diarrhée chronique (n = 12), anomalie radiologique du grêle (n = 11), maladie coeliaque résistante au régime sans gluten (n = 8), suspicion de maladie de Crohn (n = 8), polypose (n = 8) et extraction d'une VCE (n = 1). Une fiche standardisée a été remplie de manière prospective pour tous les patients. Deux cent trois EDB hautes et 43 EDB basses ont été réalisées.
 

 Résultats

La longueur moyenne de grêle explorée était estimée à 190 cm 20-450par voie haute et à 58 cm 0-180par voie basse. Par voie haute la progression au delà de l'angle de Treitz était possible dans tous les cas ; par voie basse, la progression dans l'iléon a été impossible dans 10 cas (23 %). La rentabilité diagnostique globale de l'EDB était de 61,4 %. Elle était est plus élevée pour la voie haute (66,8 %) que pour la voie basse (39,5 %) (p = 0,001). La rentabilité diagnostique était variable selon l'indication de l'EDB : 66,7 % dans l'HDO occulte, 55,8 % dans l'HDO extériorisée, 60 % en cas de suspicion de Crohn, 60 % en cas de maladie coeliaque résistante au régime sans gluten, 54,5 % dans l'exploration d'anomalie radiologique du grêle, 77,8 % au cours des polyposes, et 57,1 % dans l'exploration d'entéropathie exsudative ou diarrhée chronique. L'impact thérapeutique global était de 60,5 %. Il s'agissait d'un traitement endoscopique dans 75,3 % des cas, d'un traitement médical dans 19,3 % des cas et d'un traitement chirurgical dans 4,6 % des cas. Le taux de complication était de 2 %. Quatre d'entre elles étaient liées à la procédure : pancréatite aiguë (n = 1), iléus (n = 1) et hémorragie digestive (n = 2) ; et une complication était liée à l'anesthésie (insuffisance cardiaque congestive).
 

 Conclusion

Sur une large série prospective de patients la rentabilité diagnostique et thérapeutique globale de l'EDB est de 61,5 % et 60,5 % respectivement. Contrairement aux séries japonaises, elle est supérieure pour l'EDB réalisée par voie haute par rapport à la voie basse. Sa morbidité est de 2 %.
 

 Mots-clés :
Entéroscopie
Diagnostique

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