Etude des mutations de résistance primaire du virus de l'hépatite B à l'adefovir : rôle des mutations rtI233V et rtL217R K. Sauné, G. Martin Blondel, J. Izopet, L. Alric
Introduction Le virus de l'hépatite B (HBV) a la capacité de développer des mutations de résistance à de nombreux traitements antiviraux. Alors que les mutations rtA181V et rtN236T qui induisent une résistance à l'Adefovir Dipivoxil (ADV) sont sélectionnées par un traitement de longue durée, la mutation I233V, récemment caractérisée, pourrait être associée à une résistance primaire à l'ADV. But : Déterminer l'association entre les mutations de la polymérase du virus HBV et la résistance primaire à l'ADV.
Patients et Méthodes 86 patients ayant débuté un traitement par ADV 10 mg/jour de 2001 à 2005 ont été sélectionnés. Après au moins 12 mois de traitement, 6 patients (7 %) étaient en échec biochimique et virologique, défini par une persistance de l'élévation des transaminases et de la réplication virale (groupe 1 : résistance primaire) conduisant à l'arrêt du traitement. La séquence nucléotidique du gène de la reverse transcriptase (rt) virale présente chez les 6 patients en échec a été comparée à celle présente chez 5 patients issus du groupe des 80 malades qui présentaient une réponse biochimique et virologique à l'ADV (groupe 2 : répondeurs). Les séquences nucléotidiques du gène rt ont été obtenues par séquençage direct sur ABI 3100 à partir des sérums collectés chez les patients à l'initiation et à l'arrêt de l'ADV chez des patients avec une très bonne compliance thérapeutique.
Résultats L'analyse phylogénétique du gène rt montrait la présence des génotypes A (6/11), D (4/11) et E (1/11). Alors que les mutations rtA181T/V et rtN236T n'étaient jamais retrouvées lors de l'initiation du traitement par ADV, les mutations rtM204I/V et/ou rtL180M associées à la résistance à la Lamivudine (LAM) étaient détectées chez 5/11 patients (45 %), ceux-ci ayant reçu antérieurement cette molécule. Chez 2 d'entre eux une réversion de ces mutations rt204 et rt180 a été observée à l'arrêt de l'ADV. Les mutations rtA181T/V et rtN236T étaient présentes à l'arrêt de l'ADV chez 1 patient parmi les 6 du groupe 1 (17 %). La mutation rtI233V récemment rapportée comme étant associée à la résistance primaire à l'ADV n'a été détectée chez aucun des 11 patients de l'étude. En revanche, la mutation rtL217R était présente à l'initiation du traitement et en fin du traitement chez 3 des 6 patients du groupe 1 avec une résistance primaire à l'ADV (50 %), et chez 1 des 5 patients répondeurs à l'ADV (20 %). Cette mutation était plus fréquente avec les souches de génotype A2, retrouvées chez 3 des 6 patients infectés par le génotype A.
Conclusion La résistance primaire à l'ADV est un événement assez rare. Dans cette étude la mutation rtI233V n'explique pas la résistance à l'ADV, alors que la mutation rtL217R semble plus fréquente chez les sujets présentant une résistance primaire. D'autres études sont nécessaires pour clarifier l'influence des mutations rt233V et rtL217R dans la réponse au traitement par ADV.
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