Etude du profil protéique sérique de l'hépatite alcoolique et identification d'un marqueur prédictif de la réponse à la corticothérapie par spectrométrie de masse (SELDI-TOF) S. Dharancy, G. Briand, A. Louvet, C. Dutoit, A. Hollebecque, C. El Makhloufi, L. Dubuquoy, P. Mathurin
Introduction L'identification de protéines impliquées dans la pathogénie de l'hépatite alcoolique (HA) et dans les mécanismes de réponse aux corticoïdes est nécessaire pour le développement de nouvelles cibles thérapeutiques. L'analyse du profil protéique par spectrométrie de masse (système SELDI-TOF) est un outil puissant et utile pour atteindre de tels objectifs. Le but de cette étude a été d'identifier chez les patients (pts) avec HA des biomarqueurs protéiques spécifiques et de tester leur implication dans la réponse au traitement.
Patients et Méthodes Dans une première étape, les profils protéiques de deux groupes de pts atteints de maladie alcoolique du foie (MAF) avec ou sans HA ont été déterminés par spectrométrie de masse SELDI-TOF et comparés par test non paramétrique de Mann-Whitney U. Les pics discriminants ont été ensuite intégrés dans un modèle de régression logistique pour générer un index protéomique. Dans une seconde étape, dans le groupe de pts avec HA, les profils protéiques ont également été comparés en fonction de la réponse au traitement définie par la réponse biologique précoce (évolution de la bilirubine dans la première semaine de traitement). Le pic protéique dont le niveau d'expression était significativement le plus discriminant a été identifié après digestion trypsique et analyse de l'empreinte peptidique par MALDI-TOF et séquençage MS/MS.
Résultats Soixante quinze sérums de pts atteints de MAF décompensée avec (n = 32) ou sans HA sévère (n = 43) ont été inclus. Au terme de la première semaine de traitement, 7 (22 %) étaient classés non répondeurs à la corticothérapie. La comparaison des profils protéiques entre les pts atteints de MAF décompensée avec ou sans HA retrouvait 7 pics différemment exprimés aux poids moléculaires suivants : 5300, 5900, 8100, 8900, 9300, 11700 et 28000 KDa. La génération du modèle diagnostique combinait ces 7 variables. Le modèle était hautement prédictif du diagnostique d'HA (p = 0,00001) avec un score fluctuant entre 0 et 1. L'aire sous la courbe était de 0,87 et le taux de patients bien classés en terme diagnostique d'HA était de 83 %. Au seuil de 0,45, on obtenait une sensibilité de 78 %, une spécificité de 88 % et des valeurs prédictives positive et négative respectivement de 83 % et 84 %. Chez les malades avec HA, parmi ces 7 pics, seul un était prédictif de la réponse à la corticothérapie (28000 KDa ; AUC à 0,75) avec une intensité significativement plus faible chez les pts non répondeurs à la corticothérapie : 0,34 0,21 vs 0,73 0,2 (p = 0,047). Au seuil de 0,24, la sensibilité/spécificité du marqueur était respectivement à 80 % et 71 %. Le pic discriminant a été purifié et caractérisé comme une protéine impliquée dans la réponse immunitaire.
Conclusion Cette étude préliminaire met en évidence l'existence de biomarqueurs diagnostiques spécifiques de l'HA dont un pourrait être impliqué dans la réponse aux corticoïdes.
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