© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Taux de non prescription des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez les patients en ayant l'indication : résultats d'une enquéte un jour donné
X. Roblin, J. Phelip, M. Genevois, D. Plane

 Introduction


De nombreuses études ont rapportées des données concernant l'utilisation inadéquate d'IPP chez les patients tant en hospitalisation qu'en pratique de ville. A l'inverse, peu d'études ont étudié l'importance du taux de non prescription d'IPP dans des cas d'indications reconnues. Le but de ce travail était d'apprécier ce taux en milieu hospitalier.
 

 Patients et Méthodes

Une étude transversale de type enquête un jour donné a été réalisée en Avril 2005 dans 20 unités de court séjour d'un CHU. Le recueil des données a été pratiqué par 57 étudiants en pharmacie avec consultation du dossier médical, analyse des ordonnances et entretien avec les prescripteurs. La conformité d'une non indication thérapeutique a été retenue par un groupe d'experts après analyse des principales données de la littérature médicale. Une analyse uni puis multivariée a été faite sur les principales caractéristiques des patients (âge, sexe, durée et type d'hospitalisation, tares associées) et sur le type de traitement (dose, durée) afin d'isoler les facteurs associés à ces non prescriptions.
 

 Résultats

Des 728 patients inclus, 214 étaient inéligibles. L'analyse a porté sur 514 patients (sex ratio H/F : 54 %, âge médian : 67 ans [51 - 79] ; 295 patients n'étaient pas sous IPP pendant cette enquête. Quarante huit patients (16,3 %) ont présenté une non prescription non appropriée d'IPP. Les facteurs associés à une non prescription injustifiée d'IPP étaient un âge inférieur à 70 ans (p = 0,01), une durée d'hospitalisation courte (inférieure à 10 jours, p = 0,02), moins de 2 tares associés (p = 0,04) et l'utilisation d'aspirine ou d'AINS (p = 0,02). Le taux de non prescription injustifiée d'IPP était de 22 % chez les patients sous AINS et 25 % des patients sous aspirine. Les facteurs associés à cette non prescription étaient identiques à ceux de la population générale avec de plus pour l'aspirine une dose inférieure à 100 mg/j (p < 0,01). Six pour cent des patients sous anticoagulants oraux et 12 % des patients sous corticothérapie auraient du justifier d'une prescription d'IPP. Aucun patient porteur d'une pathologie oesogastroduodénale active n'a présenté de non prescription inappropriée d'IPP.
 

 Conclusion

Ce travail montre que dans une proportion non négligeable de patients (16 %), la prescription d'IPP n'a pas été proposée malgré une indication formelle. Ces taux sont plus élevés chez les patients sous AINS et aspirine. Une durée courte d'hospitalisation, l'absence de tares associées et un âge plus jeune sont associés à cette non prescription. Au vu des conséquences médico-légales possibles de ces non prescriptions injustifiées, des retours éducatifs s'imposent.
 

 Mots-clés :
Pratique Clinique : Assurance Qualité
Pratique Clinique : Stratégie Clinique

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