Apport de la manométrie œsophagienne de haute résolution : expérience initiale S. Bruley des Varannes, A. Bourreille, E. Coron, J. Galmiche
Introduction La manométrie œsophagienne (MO) est indiquée dans l'exploration des dysphagies sans anomalies endoscopiques, des syndromes douloureux thoraciques non cardiaques, et dans les bilans pré-opératoires avant chirurgie œsogastrique. La MO reste cependant peu pratiquée en dehors de centres spécialisés, du fait de sa complexité de mise en œuvre et de la difficulté de sa lecture et de son interprétation. Grâce à la technologie des microcapteurs électroniques placés de proche en proche, la MO de haute résolution (MO-HR) permet de s'affranchir des dispositifs de perfusion et de réaliser une reconstruction spatio-temporelle de la motricité œsophagienne qui modifie la lecture et apporte des paramètres nouveaux par rapport à la MO conventionnelle de basse résolution (MO-BR). Le but de ce travail était 1) de rapporter la faisabilité technique et les aspects métrologiques de la MO-HR dans une série prospective de malades référés dans notre laboratoire, et 2) d'évaluer son apport dans le sous-groupe des malades ayant eu auparavant une MO-BR.
Patients et Méthodes Chez tous les malades ayant une MO-HR (ManoScan 360, Sierra Scientific, Los Angeles, CA, USA), ont été notés l'indication principale, la réalisation d'une MO-BR par cathéters perfusés (tous les 5 cm, Polygraf, Medtronics, Boulogne, France), antérieure (de moins de 2 ans et sans traitement instrumental dans l'intervalle), la pression de repos du sphincter inférieur de l'œsophage (SIO), l'amplitude moyenne des contractions, et le diagnostic final. Pour chaque enregistrement, une qualification arbitraire était attribuée par le lecteur pour la facilité de détection du point d'inversion des pressions (PIP) et des limites hautes et basses du SIO.
Résultats De mai à septembre 2007, 67 malades ont eu une MO-HR (dont 15 avaient eu une MO-BR antérieure) pour une dysphagie (n = 23), un bilan pré- ou post-opératoire de chirurgie du RGO (n = 13), une recherche diagnostique de RGO (n = 17), ou une autre raison (n = 14). Dans nos conditions, le temps moyen estimé de réalisation (enregistrement + lecture) était d'environ 25 min pour la MO-HR et de 40 min pour la MO-BR. En MO-HR, l'identification du PIP, la localisation des limites hautes et basses du SIO, l'évaluation de la relaxation du SIO sont apparus plus simples et plus précis qu'avec la MO-BR. Ni la pression de repos du SIO, ni l'amplitude moyenne des contractions n'étaient significativement différentes entre la MO-HR et la MO-BR (14,9 ± 13,5 vs 15,3 ± 11 mmHg et 57 ± 45 vs 66 ± 38 mmHg respectivement). Parmi les 15 malades ayant eu les 2 MO, 11 résultats étaient parfaitement concordants. Chez 4 malades la MO-HR a permis un diagnostic plus précis que la dyskinésie non spécifique antérieurement déterminée par la MO-BR (1 normal, 1 maladie des spasmes, 1 achalasie, 1 anomalie de la relaxation du SIO).
Conclusion La MO-HR paraît de mise en œuvre plus simple que la MO-BR par cathéters perfusés, avec notamment un gain de temps dans sa réalisation et son interprétation. Les identifications précises du SIO et du diaphragme permettent une analyse détaillée de la jonction œso-gastrique et autorisent probablement une meilleure détection/caractérisation des troubles moteurs primitifs de l'oesophage.
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