© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Mesure de la précarité sociale des patients consultant un centre de soins ambulatoires en alcoologie
P. Lahmek, J. Lemeunier, P. Grunberg, S. Nahon, B. Lesgourgues

 Objectif

La maladie alcoolique est classiquement associée à un haut niveau de précarité. Cependant, il est difficile de l'apprécier en l'absence d'outil de mesure validé et facilement utilisable. Le but de notre travail était de mesurer le niveau de précarité des patients consultant dans un centre d'alcoologie à l'aide d'un questionnaire standardisé et validé de mesure de la précarité, le score EPICES.
 

 Patients et Méthodes

De Janvier 2006 à Avril 2007, 148 consultants de notre centre d'alcoologie ont rempli les 11 items du score EPICES (Evaluation de la Précarité et des Inégalités de santé dans les Centres d'Examens de Santé ; http : //www.cetaf.asso.fr/protocoles/precarite/protocoles_epices.htm#publis), un score > 30 définissant la précarité, ce score variant de 0 à 100.
 

 Résultats

Le recueil du questionnaire a été obtenu facilement (temps de recueil < 5 min) et sans problème de compréhension. Le score médian de précarité était de 34 (0-90). 68 (46 %) patients étaient non précaires (score EPICES ≤ 30) et 80 (54 %) précaires (score EPICES > 30). Les patients précaires se distinguaient par : 1) un âge plus faible (46 ± 10 ans vs 51 ± 11 ans, p = 0,011), 2) une maladie alcoolique évoluant plus vite (durée entre consommation régulière d'alcool et premier abus 5 ± 9 ans vs 10 ± 11 ans, p = 0,006), 3) une consommation moyenne quotidienne d'alcool plus importante (8 ± 4 verres vs 5 ± 7 verres, p = 0,006), 4) des consommations de cannabis et de tabac plus fréquentes (respectivement 42 % vs 21 %, p = 0,011 et 77 % vs 62 %, p = 0,049), 5) des maladies en rapport avec une consommation excessive d'alcool plus fréquentes (47 % vs 23 %, p = 0,005), 6) des antécédents délictueux ou violents plus nombreux (respectivement 52 % vs 35 %, p = 0,05 et 41 % vs 22 %, p = 0,018). Le sex-ratio, le lieu d'habitation, le mode de recrutement, la situation maritale, la présence d'un syndrome de sevrage et d'une psychopathologie, les scores de dépendance étaient similaires dans les deux groupes de patients. Au cours de la prise en charge, la proportion des patients suivis au moins 6 mois était identique dans les deux groupes (63 % vs 71 %, p = 0,3) ainsi que le nombre de patients ayant modifié durablement et significativement leur conduite d'alcoolisation (48 % vs 54 % p = 0,5).
 

 Conclusion

L'utilisation du score EPICES paraît pertinente pour mesurer la précarité des consultants d'un centre d'alcoologie. Certaines caractéristiques cliniques ou socio-démographiques de la maladie alcoolique sont associées à un haut niveau de précarité. En revanche, le pronostic chez les malades suivis ne semble pas être influencé par la précarité.
 

 Mots-clés :
Foie : Alcool
Pratique Clinique : Epidémiologie (Sauf Cancer)

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