© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Le reflux gastro-œsophagien nocturne : fréquence et particularités cliniques et pHmétriques
S. Karoui, H. Romdhane, L. Kallel, L. Zouiten, S. Matri, T. Jomni, M. Fekih, J. Boubaker, A. Filali

 But

Déterminer la fréquence et les facteurs cliniques associés à un plus grand risque du reflux gastro-œsophagien (RGO) nocturne et rechercher des particularités pHmétriques relatives à la période nocturne par rapport à la période diurne.
 

 Matériels et Méthodes

Les examens de pHmétrie œsophagienne des 24 heures réalisés pendant une durée de 11 ans ont été analysés. Le RGO acide pathologique a été défini par un temps d'exposition acide supérieur à 4 % du temps total. Le RGO nocturne a été défini par un temps d'exposition acide supérieur à 4 % de la période nocturne.
 

 Résultats

De 1996 à 2006, 696 examens ont été analysés. Un RGO acide pathologique a été retrouvé dans 350 cas (50 %). Le RGO nocturne a été retrouvé chez 240 malades (34,5 %), le plus souvent en association avec un RGO pathologique sur les 24 heures (223 cas, soit 93 %).
La seule particularité clinique relative au RGO nocturne était une plus grande fréquence chez l'homme (44 % vs 27 % p < 0,0001). Les patients avec RGO nocturne avaient un âge similaire aux autres patients (33,9 ± 19,7 ans vs 34,1 ± 21,9 ans ; NS). Le RGO nocturne était aussi fréquent au cours des manifestations digestives du RGO (60 %) qu'au cours des manifestations respiratoires, ORL ou cardiaques (respectivement 64 %, 63 % et 86 % ; NS).
Dans le sous groupe de patients ayant un RGO pathologique sur les 24 heures, la période nocturne était caractérisée, par rapport à la période diurne, par un temps d'exposition acide plus faible (10,9 ± 0,7 % vs 12,2 ± 0,6% ; p = 0,04), moins d'épisodes de reflux (21,9 ± 27,4 vs 67,4 ± 58,1 ; p < 0,0001), moins de symptômes ressentis par le patient durant l'enregistrement (0,76 ± 2,13 vs 2,63 ± 5,02 p < 0,0001), une moins bonne concordance symptomatique (26 % vs 45 % ; p = 0,0005) et une durée plus prolongée du reflux le plus long (24,4 ± 37,9 minutes vs 13,9 ± 17,5 minutes ; p < 0,0001).
 

 Conclusion

Le RGO nocturne est fréquemment retrouvé à la pHmétrie œsophagienne des 24 heures, aussi bien en cas de manifestations digestives qu'extra-digestives. Sur le plan quantitatif, il est moins important que le RGO diurne, mais son association avec des épisodes de reflux plus longs pourrait expliquer la sévérité du tableau clinique dans certaines situations.
 

 Mots-clés :
Pathologie Oesogastroduodénale : Reflux Gastrooesophagien

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