Evaluation de la fréquence des troubles du sommeil liés au reflux gastro-œsophagien (RGO) et de l'amélioration perçue par les patients après traitement G. Cadiot, P. Delaage, C. Fabry, P. Barthélemy
Introduction Le but de cette enquête réalisée en médecine générale était d'évaluer la fréquence des troubles du sommeil liés au reflux gastro-œsophagien (RGO) chez les patients reflueurs et d'analyser l'évolution perçue par le patient des symptômes et des troubles du sommeil 1 mois après traitement.
Matériels et Méthodes Il s'agissait d'une enquête observationnelle réalisée auprès de 1983 médecins généralistes. Chaque médecin complétait un registre pendant une période de deux semaines pour tous les patients âgés de plus de 18 ans présentant un RGO vus consécutivement en consultation. Pour les deux premiers patients du registre ayant au moins un symptôme nocturne de RGO avec des troubles du sommeil liés au RGO sur la dernière semaine et non traités par inhibiteur de la pompe à protons (IPP) ou antagoniste des récepteurs H2 dans les 15 jours précédents, une évaluation symptomatique détaillée étaient faite par le médecin avant traitement et par le patient avant et après un mois de traitement.
Résultats Entre septembre 2006 et mars 2007, 33391 patients ont été inclus dans le registre (âge = 52 ± 16 ans, homme = 52 %, premier épisode de RGO = 23 %). Parmi ceux-ci, 19313 (62 %) présentaient des troubles du sommeil. La fréquence des troubles du sommeil était de une fois par semaine pour 25 % des patients et de plus d'une fois par semaine pour 37 % d'entre eux. En analyse multivariée, les facteurs significativement associés aux troubles du sommeil étaient le pyrosis nocturne (OR = 9,0 ; IC95 % = 8,38 - 9,71), la toux nocturne (OR = 7,8 ; 7,15 - 8,59), les régurgitations acides nocturnes (OR = 5,3 ; 4,94 - 5,80), la prise d'un traitement hypnotique (OR = 1,5 ; 1,40 - 1,65), les régurgitations acides diurnes (OR = 1,4 ; 1,26 - 1,45), le fait que l'épisode actuel soit le premier épisode de RGO (OR = 0,8 ; 0,77 - 0,91) et l'âge ≥ 50 ans vs l'âge < 50 ans (OR = 1,1 ; 1,06 - 1,22). Parmi les 3269 patients qui présentaient des troubles du sommeil et pour lesquels un questionnaire complet avait été rempli par le médecin, 2876 avaient des questionnaires d'auto-évaluation initial et final analysables. Le traitement initial était un IPP dans 99 % des cas, seul ou associé à un autre traitement. Après un mois de traitement, une diminution significative de la fréquence et de l'intensité des symptômes nocturnes était perçue par les patients. Les scores des quatre échelles d'évaluation du sommeil (temps d'endormissement, durée du sommeil, qualité du sommeil, somnolence matinale) s'amélioraient significativement avec le traitement. Sous traitement, le nombre de patients ayant des réveils nocturnes diminuait de 89 % à 18 % et le nombre moyen de nuits avec réveils nocturnes diminuait de 3,8 à 1,8 par semaine.
Conclusion Cette enquête a montré que 62 % des patients vus en médecine générale et souffrant de RGO symptomatique ont des troubles du sommeil associés. Le traitement par IPP améliore les symptômes nocturnes de RGO, les échelles d'évaluation du sommeil et réduit de moitié le nombre de nuits avec réveils nocturnes.
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