Facteurs associés à la durée de la rémission après un traitement par IPP demi-dose administré en première intention pour RGO symptomatique S. Bruley des Varannes, F. Liard, Z. Hassani, C. Fabry, P. Barthélemy
Introduction Les facteurs influençant le maintien de la rémission après le traitement d'un RGO par IPP restent mal connus. Le but de ce travail était de déterminer 1) les facteurs associés à la durée de la rémission après traitement d'un RGO symptomatique par IPP demi-dose et 2) la relation entre la durée du traitement initial et la durée de la rémission.
Matériels et Méthodes Une enquête observationnelle a été conduite auprès de 2289 médecins généralistes. Chaque médecin devait recruter trois patients ayant un RGO sans antécédent d'œsophagite érosive ou ulcérée, avec un score symptomatique de pyrosis et/ou régurgitations acides ≥ 2 sur une échelle de Likert à 4 niveaux, et traités par un IPP à demi-dose. Une auto-évaluation quotidienne était réalisée par les patients pendant la phase de traitement initial puis pendant les 8 semaines suivant son arrêt. Le succès initial était défini comme une période de sept jours consécutifs sans symptômes. La rechute symptomatique au cours du suivi (critère principal) était définie par la présence de symptômes nécessitant une reprise du traitement par IPP ou une nouvelle consultation. Les facteurs influençant la durée de la rémission après arrêt du traitement initial ont été recherchés par analyse multivariée (modèle de Cox). La relation entre la durée du traitement initial et la durée de la rémission a été évaluée par le coefficient de Spearman.
Résultats Entre janvier et septembre 2006, 6867 patients ont été inclus (âge moyen : 51 ± 14 ans, homme : 56 %). Pour 37 % des patients, les symptômes à l'inclusion constituaient les premières manifestations de RGO, et dans 68 % des cas aucune endoscopie digestive haute n'avait été réalisée. 3747 patients (63 %) avaient retourné leur cahier d'autoévaluation. Le succès du traitement initial (durée moyenne : 28 ± 13 jours) était observé chez 88 % des patients (3440 patients évaluables pour ce critère). 2378 patients avaient un cahier d'auto-évaluation exploitable et remplissaient les conditions d'évaluation pour l'examen du critère principal. Pendant le suivi, 956 patients (40 %) ont décrit une rechute, la durée médiane de rémission était de 14 jours en cas de rechute. La probabilité de rechute après arrêt du traitement initial était significativement d'autant plus retardée qu'il s'agissait du premier épisode de la maladie (Risque Relatif = 0,58 ; IC95 % = 0,50 - 0,67), et d'autant plus précoce que la prise en charge initiale par IPP avait été débutée tardivement par rapport aux premières manifestations (RR = 1,015 ; 1,01 - 1,02), que le RGO était associé à des épigastralgies (RR = 1,23 ; 1,05 - 1,45) ou à des troubles du sommeil (RR = 1,17 ; 1,02 - 1,33), et que l'apparition de la douleur était liée à un facteur déclenchant autre qu'une prise d'AINS (RR = 1,21 ; 1,05 - 1,38). Il n'y avait pas de corrélation significative entre la durée du traitement initial et la durée de rémission.
Conclusion Après traitement du RGO par un IPP demi dose, les facteurs influençant la durée de la rémission sont l'ancienneté du RGO, l'association à des épigastralgies ou à des troubles du sommeil et l'existence d'un facteur déclenchant autre qu'une prise d'AINS. Aucun lien entre la durée du traitement initial et la durée de rémission n'a été mis en évidence.
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