© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Evaluation des facteurs associés au soulagement des symptômes digestifs de RGO sous traitement par IPP demi-dose
J. Grimaud, T. Vallot, C. Soufflet, C. Fabry, P. Barthélemy

 Introduction

Le but de cette enquête observationnelle réalisée en médecine générale était de définir les facteurs influençant le soulagement et le délai de disparition des symptômes digestifs de RGO traités par IPP demi-dose standard pour un RGO.
 

 Matériels et Méthodes

Il s'agissait d'une enquête observationnelle réalisée auprès de 3500 médecins généralistes. Chacun devait recruter les trois premiers patients reflueurs sans antécédent d'œsophagite sévère, avec un score symptomatique de pyrosis et/ou régurgitations acides ≥ 2 sur une échelle de Likert à 4 niveaux. Le médecin évaluait la maladie lors de la première consultation puis à la fin du traitement (consultation ou entretien téléphonique). La qualité de vie était évaluée par le questionnaire QoLRAD. Une auto-évaluation quotidienne était réalisée par les patients jusqu'à la rémission des symptômes ou en l'absence de rémission pendant quatre semaines. La rémission a été définie à partir du cahier d'auto-évaluation (CAE) comme une période de 7 jours consécutifs avec symptômes absents ou minimes. Une analyse multivariée a permis de déterminer quels facteurs influençaient la rémission (régression logistique) et le délai de rémission (modèle de Cox).
 

 Résultats

Entre juin 2005 et mars 2006, 8429 patients ont été inclus et vérifiaient les critères d'inclusion (âge moyen = 50 ± 13, homme = 56 %) ; parmi ceux-ci, 6693 avaient un CAE exploitable. Le taux de rémission était de 77 % (délai médian d'obtention = 10 jours). Les facteurs significatifs influençant négativement la probabilité de rémission étaient : l'absence d'activité professionnelle (OR = 0,86, IC 95 % = 0,75 - 0,97), une consultation tardive (OR = 0,99, IC 95 % = 0,98 - 0,99). Ceux dont l'influence était positive : le score émotion du QoLRAD élevé (càd un moindre retentissement émotionnel) (OR = 1,12, IC 95 % = 1,06 - 1,18), l'absence de prise d'antiacides ou d'alginates (OR = 1,51, IC 95 % = 1,26 - 1,82), de laryngite chronique (OR = 1,36, IC 95 % = 1,10 - 1,70), de dysphagie (OR = 1,19, IC 95 % = 1,04 - 1,36), de douleur abdominale (OR = 1,18, IC 95 % = 1,04 - 1,34) ou de sensation de digestion lente (OR = 1,17, IC 95 % = 1,02 - 1,34). La rémission des symptômes était significativement retardée en cas de régurgitations acides modérées ou sévères (HR = 0,88, IC 95 % = 0,82 - 0,95), de laryngite chronique (HR = 0,83, IC 95 % = 0,74 - 0,93), de dysphagie (HR = 0,90 ; IC 95 % = 0,85 - 0,96), de toux chronique (HR = 0,93, IC 95 % = 0,87 - 0,99), de flatulences ou ballonnements (HR = 0,90, IC 95 % = 0,85 - 0,95), de consultation tardive (HR = 0,99, IC 95 % = 0,989 - 0,995), et si le patient nécessitait une prise concomitante d'antiacide ou d'alginate (HR = 0,70, IC 95 % = 0,63 - 0,77). Elle était significativement plus précoce si l'épisode était la 1ère manifestation du RGO (HR = 1,07, IC 95 % = 1,00 - 1,14), si le patient avait une activité professionnelle (HR = 1,08, IC 95 % = 1,02 - 1,15) et si les scores vitalité (HR = 1,08, IC 95 % = 1,04 - 1,11) et émotions du QoLRAD (HR = 1,06, IC 95 % = 1,02 - 1,09) étaient élevés.
 

 Conclusion

Cette enquête suggère que la rémission des symptômes de RGO lors d'un traitement par IPP demi-dose est plus précoce en cas de première poussée, lorsque la prise en charge est rapide, en l'absence de recours à d'autre traitement, en cas de retentissement moindre des symptômes sur la qualité de vie et chez les malades qui ont une activité professionnelle.
 

 Mots-clés :
Pathologie Oesogastroduodénale : Reflux Gastrooesophagien

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