Prévalence et impact clinique des symptômes digestifs hauts chez les patients traités par aspirine faible dose G. Thiéfin, G. Montalescot, F. Woimant, P. Barthélemy, C. Soufflet
Introduction La prévalence et l'impact clinique des symptômes digestifs hauts associés à la prise d'aspirine à faible dose (AFD) sont mal connus.
Patients et Méthodes L'objectif de cette étude était d'évaluer la prévalence et la typologie des symptômes digestifs hauts chez des patients traités par AFD ainsi que les facteurs prédictifs de leur survenue et l'impact sur la vie quotidienne et l'observance. Cette étude faisait partie d'une enquête postale réalisée sur un échantillon de 10000 sujets âgés de 50 ans et plus, représentatif de la population française (TNS Healthcare). Outre des questions sur les modalités du traitement par AFD et les stratégies de gastroprotection (résultats présentés séparément), le questionnaire comprenait également un recueil de données pour analyser la tolérance digestive du traitement et ses conséquences.
Résultats 8173 sujets ont répondu à l'enquête et 8106 questionnaires étaient exploitables ; 12,2 % des sujets (n = 986) suivaient un traitement par AFD (femmes : 45 % ; âge : 71 ± 9 ans). Chez ces 986 sujets, la prévalence des symptômes digestifs hauts était de 15 % (n = 152) : 70 % de ces patients souffraient de symptômes de reflux gastro-œsophagien (pyrosis et/ou régurgitations acides), 21 % de douleur/gêne épigastrique, 30 % d'éructations, 31 % de ballonnements épigastriques et 7 % de nausées. Globalement, 60 % des patients souffraient au moins une fois par semaine et 53 % et 20 % d'entre eux déclaraient être modérément ou très gênés dans leur vie quotidienne. Douze pour cent ne prenaient pas leur traitement tous les jours du fait de la gêne provoquée par les symptômes digestifs. La crainte d'une complication gastrique grave était mentionnée par 9 % de l'ensemble des sujets et 16 % dans le groupe se plaignant de symptômes digestifs. Un antécédent de symptômes dyspeptiques était prédictif de survenue de symptômes digestifs hauts sous AFD (OR : 22,2 ; IC 95 % : 14,5 - 34). Les symptômes digestifs étaient plus fréquents chez les patients traités par AFD et AINS (23 %) comparativement aux patients traités par AFD seule (15 %) (p = 0,07). En revanche, la prévalence des symptômes digestifs hauts était similaire chez les patients traités par AFD-Clopidogrel et ceux traités par AFD seule (16 % et 15 % respectivement). L'âge, le sexe et la dose d'aspirine entre 75 et 325 mg n'étaient pas des facteurs prédictifs d'intolérance digestive.
Conclusion Quinze pour cent des patients traités par AFD souffrent de symptômes digestifs hauts, principalement de symptômes de RGO. Le risque est aggravé chez les patients ayant des antécédents de troubles dyspeptiques. Les symptômes digestifs hauts ont un impact négatif sur la vie quotidienne chez 3 patients sur 4 ainsi que sur l'observance chez 1 patient sur 10.
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