© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Modalités de traitement par aspirine faible dose et stratégies de prévention en médecine générale et chez les spécialistes en France
G. Thiéfin, F. Woimant, G. Montalescot, C. Soufflet, P. Barthélemy

 Introduction

Environ 2,4 millions de sujets sont traités en France par aspirine à faible dose (AFD), principalement pour la prévention de complications cardio- et cérébro-vasculaires. Il n'existe pas de données sur les modalités de prescription et les stratégies de gastroprotection en fonction de la spécialité du médecin prenant en charge de tels patients.
 

 Patients et Méthodes

Les buts de cette étude étaient de décrire les caractéristiques des traitements par AFD prescrits par les médecins généralistes (MG), les cardiologues et les neurologues en France et d'analyser leurs stratégies de gastroprotection. L'étude a été réalisée sur un échantillon de 142 MG, 91 cardiologues et 51 neurologues (TNS Healthcare). Chaque médecin devait inclure les deux premiers patients de plus de 50 ans vus en consultation et traités par AFD depuis au moins un mois. Les données étaient collectées grâce à un questionnaire standardisé.
 

 Résultats

561 patients (femmes : 25 % ; âge : 68 ± 10 ans) ont été inclus. Les patients inclus par les MG (n = 280) et les cardiologues (n = 183) étaient traités par AFD en majorité après intervention sur les coronaires (26 % et 49 % respectivement) et après infarctus du myocarde (25 % et 33 % respectivement) ; la plupart recevaient 75 mg /j d'aspirine (52 % et 63 % respectivement). La majorité des patients inclus par les neurologues étaient traités par AFD après un premier infarctus cérébral (76 %) et recevaient une dose supérieure à 75 mg/j (68 %). La dose d'aspirine prescrite était significativement plus élevée dans l'indication cérébro-vasculaire que dans l'indication cardio-vasculaire (p < 0,001). La prévalence des traitements concomitants par corticoïdes ou AINS était de 3 % et celle des antivitamines K de 4 %, sans différence significative selon la spécialité. En revanche, la co-prescription d'un deuxième antiagrégant (en majorité le clopidogrel) variait significativement selon la spécialité, respectivement 16 %, 33 % et 6 % chez les MG, les cardiologues et les neurologues (p < 0,05). Trente neuf pour cent des patients recevaient une gastroprotection (95 % par IPP). Un traitement gastroprotecteur était moins souvent prescrit par les neurologues (30 %) que par les MG et les cardiologues (41 % et 43 % respectivement). La prévalence de la gastroprotection était plus élevée chez les patients souffrant de symptômes digestifs hauts que ceux n'en souffrant pas (75 % vs 22 % ; p < 10-8) et chez les patients recevant d'autres antiagrégants associés que chez ceux recevant de l'AFD seule (64 % vs 31 %). La gastroprotection n'était pas âge-dépendante mais était corrélée à la durée de traitement par AFD.
 

 Conclusion

L'utilisation de l'AFD en France varie avec la spécialité médicale : les neurologues prescrivent des doses plus élevées et moins souvent une gastroprotection que les MG et les cardiologues. La co-prescription de clopidogrel est fréquente, concernant environ 1 patient sur 3 en cardiologie et 1 sur 6 en médecine générale.
 

 Mots-clés :
Pratique Clinique : Epidémiologie (Sauf Cancer)

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