Influence de l'hypersensibilité alimentaire au cours du syndrome de l'intestin irritable R. Dainese, M. Vivinus, B. Coffin, M. Dapoigny, R. Collomp, J. Nano, T. Bourrier, M. Montoya, D. Czerucka, J. Peyron, X. Hébuterne, T. Piche
Rationnel Le rôle des réactions immuno-allergiques aux aliments dans la physiopathologie du syndrome de l'intestin irritable (SII) est controversé. Le but de l'étude était de déterminer le rôle physiopathologique de l'hypersensibilité aux aliments sur les symptômes digestifs et les facteurs psychologiques au cours du SII.
Patients et Méthodes 29 malades atteints de SII selon les critères de Rome III (21 F, 8 H, âge moyen 48,8 ± 12,4) ont été inclus prospectivement. La suspicion d'allergie alimentaire était évaluée selon les critères proposés par Bischoff et al. [1] : intolérance alimentaire déclarée, terrain atopique, hyperéosinophilie, augmentation des IgE totales, positivité des tests cutanés pour des allergènes alimentaires spécifiques. Tous les malades complétaient des questionnaires sur la sévérité du SII [2] et des facteurs psychologiques (Fatigue Impact Scale, Beck, HADS).
Résultats Une allergie alimentaire a pu être suspectée dans 34 % des cas (10/29). Le score de sévérité du SII était significativement plus élevé en cas de suspicion d'allergie alimentaire (298,6 ± 87,3 vs 213,1 ± 105,3, p = 0,03). Chez tous les malades, il existait une corrélation positive significative entre la sévérité du SII et les scores de fatigue (r = 0,63, p = 0,004), de dépression (r = 0,37, p = 0,05) et d'anxiété (r = 0,47, p = 0,01). En revanche les scores de fatigue, de dépression ou d'anxiété n'étaient pas significativement différents entre les malades suspects d'allergie alimentaire ou non.
Conclusion Ces données suggèrent que des réactions immuno-allergiques à des allergènes alimentaires spécifiques peuvent influencer la sévérité des symptômes du SII indépendamment de l'effet des facteurs psychologiques.
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