Influence des traitements adjuvants sur la qualité de vie des sujets âgés porteurs d'un cancer colorectal. Etude de population A. Bouvier, V. Jooste, F. Bonnetain, V. Cottet, J. Faivre
Introduction L'idée que les sujets âgés présentent davantage d'effets adverses de la chimio- ou de la radiothérapie adjuvante d'un cancer colorectal et que l'âge en soi est une limite au bénéfice de ces indications thérapeutiques est répandue Il a été montré qu'un nombre insuffisant de sujets âgés reçoivent les traitements de référence après l'âge de 75 ans. Le maintien de la qualité de vie (QdV) est un élément important dans le choix thérapeutique des sujets âgés. Le but de ce travail était de mesurer, longitudinalement, l'impact des traitements adjuvants sur la QdV des sujets âgés porteurs d'un cancer du côlon ou du rectum.
Patients et Méthodes Les sujets âgés de 75 ans et plus porteurs d'un cancer colorectal diagnostiqués entre 2003 et 2005 ont été sélectionnés parmi les cas enregistrés par le Registre Bourguignon des cancers digestifs. Le questionnaire validé de l'EORTC (QLQ C30) a été proposé à 4 reprises à 209 patients âgés au cours de la 1ère année suivant le diagnostic (Q0 : inclusion, Q3 à 3 mois, Q6 à 6 mois et Q12 à 1 an). Parmi eux, 125 (60%) ont répondu. Des modèles mixtes d'analyse de variance pour mesures répétées ont été utilisés pour comparer les scores de QdV selon les schémas thérapeutiques avec ou sans prise en compte des profils de données manquantes (Modèles de mélanges). Les interactions entre le temps de suivi et les traitements ont été recherchées. Une valeur de p inférieure à 0.05 était considérée comme significative.
Résultats Les répondants et les non répondants présentaient les mêmes caractéristiques en termes de sexe, d'âge, de localisation du cancer et de stade de diagnostic. Les scores de santé globale et d'émotion augmentaient entre Q0 et Q12 pour les cancers du côlon et entre Q3 et Q12 pour les cancers du rectum. Les patients traités selon les recommandations françaises par chimiothérapie adjuvante pour les cancers du côlon de stade III (p = 0,176) ou radiothérapie adjuvante pour les cancers du rectum (p = 0,959) rapportaient une santé globale identique à celle des patients non traités. Les patients traités par chimiothérapie avaient une fonction physique meilleure que celle des patients n'en ayant pas reçu (p = 0,0113), quel que soit le moment du suivi. La fonction physique s'améliorait entre Q3 et Q6 pour les patients qui recevaient une radiothérapie (p = 0,021).
Conclusion Ce travail est le premier s'attachant à étudier l'impact sur la qualité de vie des traitements de chimio- et de radiothérapie des cancers coliques et rectaux chez les sujets âgés de 75 ans et plus dans une population générale. Il suggère que les traitements adjuvants des cancers colorectaux ne diminuent pas la qualité de vie des sujets âgés. C'est un élément important pour encourager les cliniciens à traiter davantage de patients.
|