© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résection endoscopique par mucosectomie des polypes recto-coliques de plus de deux centimètres
H. Mounier-Boutoille, D. O'Toole, M. Rousselet, P. Burtin, D. Luet, J. Boyer

 Rationnel

La mucosectomie endoscopique est efficace pour des lésions < 2 cm - une résection en monobloc est possible permettant une analyse histologique complète. La résection des lésions > 2 cm est possible par la technique de fragmentation ou la dissection de la sous muqueuse (ESD). La technique par fragmentation reste controversée car elle expose aux risques de laisser en place des fragments pathologiques et l'analyse histologique des marges latérales des pièces/fragments est non interprétable.
But : Rapporter l'expérience du traitement endoscopique des polypes sessiles coliques supérieurs à 2 cm avec un suivi suffisant afin d'évaluer l'efficacité locale et carcinologique.
 

 Patients et Méthodes

Entre janvier 2001 et Décembre 2006, 66 malades consécutifs (39 H, âge médian de 67 ans) ont eu une mucosectomie (71 lésions) pour un polype sessile > 2 cm, dans un seul centre. La résection a été faite soit par monobloc, soit par fragmentation (+/- un traitement complémentaire par de l'APC). Ont été étudiées : a) la faisabilité ; b) l'efficacité : soit résection en monobloc avec des marges saines à l'histologique soit résection par fragmentation où l'endoscopie de contrôle ne retrouvait pas de lésion adénomateuse ; et c) les complications. L'endoscopie de contrôle après résection par fragmentation était systématique à 2 à 4 mois ; le contrôle après résection complète était fait à 1 et 3 ans selon le degré de dysplasie (recommandations HAS).
 

 Résultats

Selon la classification de Vienne, 49% des lésions ont été définies en dysplasie de bas grade, 48% dysplasie de haut grade et 3% (n = 2) en carcinome invasif. La résection a été réalisée en monobloc pour 11 lésions et par fragmentation pour 53 ; 4 lésions n'ont pu être réséquées compte tenu de leur localisation, et 3 pour lesquelles la mucosectomie a été un échec. Le suivi médian était de 18 mois (6 à 60). Les polypes réséqués par fragmentation étaient significativement plus larges (taille médiane : 30 mm vs 23 mm, p = 0.04). Un traitement complémentaire par de l'APC a été réalisé sur 33 lésions (46%). Le taux de résection complète était de 89% après en moyenne 1,6 séances (médiane, 1 [1-5] ). La résection a été complète en monobloc pour 11 des 12 lésions (92%). En cas de fragmentation, le taux de résection complète était de 88% (61,5% 25%, 9% et 4,5% après respectivement 1, 2, 3, 5 séances). Deux patients ont présenté une récidive locale traitée efficacement par une nouvelle mucosectomie. Six malades (8,5%) avaient une hémorragie tardive (spontanément résolutive, n = 1 ; traitement endoscopique, n = 5). Un patient a présenté une perforation colique traitée par colectomie droite.
 

 Conclusion

Cette large série confirme que le traitement endoscopique des polypes sessiles > 2 cm nécessite le plus souvent la technique de fragmentation mais donne d'excellents résultats de faisabilité et d'efficacité à moyen terme. Les complications sont peu fréquentes, essentiellement hémorragiques et sans gravité. Ces résultats encourageants doivent être comparés à la technique ESD qui semble avoir une efficacité équivalente moyennant un risque de perforation plus élevé.
 

 Mots-clés :
Endoscopie Spécifique : Côlon - Rectum

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