Stimulation gastrique à haute fréquence : efficacité symptomatique et critères prédictifs d'efficacité U. Chaput, G. Gourcerol, S. Gallas, A. Leroi, I. Leblanc-Louvry, P. Ducrotté
Objectif Ce travail avait pour buts a) de décrire l'évolution symptomatique à 6 mois de patients bénéficiant d'une stimulation électrique gastrique à haute fréquence pour des vomissements et/ou des nausées chroniques et réfractaires à traitement médical d'au moins six mois par prokinétiques et/ou anti-émétiques, b) de déterminer des facteurs prédictifs de bonne réponse symptomatiques.
Matériels et Méthodes Vingt-huit patients, 11 hommes et 17 femmes, consécutifs, ont été inclus entre juillet 1998 et avril 2006. La cause des troubles était diabétique dans 11 cas, post-chirurgicale (gastrectomie partielle, vagotomie) dans 9 cas et idiopathique dans 8 cas. Vingt deux malades avaient une vidange gastrique ralentie, les 6 autres, une vidange normale. Une pseudo-obstruction intestinale avait été éliminée avant implantation chez 27 des 28 malades. L'évaluation de l'efficacité du traitement a été clinique basée sur le score validé GIQLI, score mixte symptomatique et de qualité de vie. La fréquence des vomissements, les variations de poids et la prise de prokinétiques et/ou d'antiémétiques étaient également été recueillies. Les patients étaient leurs propres témoins et considérés comme répondeurs en cas d'amélioration du score GIQLI.
Résultats Après 6 mois de stimulation gastrique, le score GIQLI (p < 0,05), la fréquence des vomissements (p < 0,05) et le poids (p < 0,05) étaient significativement améliorés par rapport à la période pré-opératoire. Pour les vomissements, l'amélioration était d'autant plus significative que les vomissements étaient sévères avant implantation (p < 0,001). Seuls 25 % des patients poursuivaient un traitement prokinétique et/ou anti-émétique. La vidange gastrique des patients n'était pas significativement accélérée entre les périodes pré- et post-opératoires. Aucune différence significative n'était observée entre le groupe répondeur et le groupe non répondeur en ce qui concerne l'âge, le sexe et l'origine de la symptomatologie. Les patients répondeurs avaient un score de nausées plus élevé que les non-répondeurs (p = 0,01) et leur vidange gastrique était plus souvent ralentie (p = 0,02). Aucun effet secondaire majeur n'a été observé. Aucun boîtier de stimulation n'a dû être ôté à six mois.
Conclusion Ce travail confirme dans un groupe de 28 malades, les résultats rapportés sur les 13 premiers malades implantés en démontrant à 6 mois l'efficacité symptomatique de la stimulation électrique gastrique chez des patients présentant des vomissements et/ou des nausées chroniques réfractaires. Ce traitement semble bénéficier le plus aux patients présentant des vomissements sévères. Malgré l'absence d'effet significatif de la stimulation sur la vidange gastrique, les malades qui voient leur qualité de vie la plus améliorée sont ceux ayant une vidange gastrique ralentie avant implantation.
|