Incidence et survie du lymphome gastrique : une étude de population A. Danzon, A. Belot, A. Dupont-Gossart, E. Deconinck, F. Carbonnel
Introduction A ce jour, aucune étude épidémiologique de population n'a été réalisée en France sur les lymphomes gastriques. But. 1. Mesurer l'incidence des lymphomes gastriques et son évolution sur 20 ans. 2. Estimer les survies brutes et relatives en fonction du sexe, de l'âge, de la période de diagnostic et du grade.
Patients et Méthodes Un lymphome gastrique est défini par un code topographique C16 associé à un code morphologique compris de la Classification Internationale des Maladies pour l'Oncologie, 2ème révision. Les types morphologiques ont été répartis en haut grade, bas grade et grade indéterminé. Les taux standardisés d'incidence (référence : population mondiale) ont été calculés pour cinq périodes de cinq ans : 1978-1982, 1983-1987, 1988-1992, 1993-1997 et 1998-2002. Les données proviennent de sept registres de cancer français. Les survies brutes et relatives à 5 ans ont été calculées pour l'ensemble des cas incidents diagnostiqués entre 1989 et 1997 dans neuf départements.
Résultats Pour la période 1978-1982, les taux standardisés d'incidence étaient respectivement de 0,57 [0,39 ; 0,75] et de 0,25 [0,14 ; 0,36] pour 100 000 personnes-années chez les hommes et chez les femmes. Pour 1998-2002 ces taux étaient de 0,51 [0,4 ; 0,61] et 0,29 [0,21 ; 0,36]. Entre ces 2 périodes, il n'y avait pas d'augmentation ou diminution significative des taux d'incidence. L'étude de survie a porté sur 361 cas (200 hommes, 161 femmes). Les lymphomes de haut grade représentaient 164 cas, de bas grade 80 cas et de grade indéterminé 117 cas. Les lymphomes gastriques représentaient 5,7 % de l'ensemble des Lymphomes Malins Non Hodgkiniens (LMNH). A 5 ans les survies brutes et relatives étaient respectivement de 50 % [45 ; 55] et 61 % [55 ; 66]. La survie relative n'était pas significativement différente selon le sexe. L'âge au diagnostic était un facteur pronostique important. Les patients de 75 ans et plus présentaient une survie relative de 33 % [23 ; 43] nettement inférieure à celle des autres classes d'âge. La survie relative a augmenté entre la période 1989-1991 et la période 1995-1997 passant de 58 % [46 ; 67] à 68 % [56 ; 77]. La survie relative des lymphomes gastriques de bas grade était supérieure à celle des lymphomes de haut grade : 68 % [55 ; 78] vs 58 % [49 ; 65]. Pour les lymphomes gastriques dont le grade était indéterminé la survie se situait entre les deux : 62 % [52 ; 71]. Une étude multivariée incluant l'âge, le sexe, le grade de malignité et l'année de diagnostic comme covariables a montré que l'âge était le seul facteur pronostique significativement associé à la survie. Un patient âgé de plus d'un an que l'âge moyen avait un taux de mortalité spécifique multiplié par 1,05 comparativement à l'âge moyen.
Conclusion Le lymphome gastrique (LG) est rare, son incidence est stable au cours des 20 dernières années. Sa survie relative à 5 ans est supérieure à celle des LMNH (63 % pour les LMNH vs 54 % pour les LG chez l'homme, 60 % vs 56 % chez la femme) et à celle des adénocarcinomes gastriques (63 % vs 23 % chez l'homme, 60 % vs 28 % chez la femme). A l'échelle d'une population, le principal facteur pronostique est l'âge au diagnostic.
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