Première caractérisation de la motricité colique chez la souris in vivo : influence du stress aigu et chronique G. Gourcerol, L. Wang, D. Adelson, Y. Taché, M. Million
Introduction La motricité colique joue un rôle important dans de nombreuses situations physiopathologiques. Paradoxalement, la motricité colique n'a jamais été étudiée chez la souris in vivo, qui est pourtant un des modèles animaux les plus fréquemment utilisés, car les techniques habituellement utilisées au sein de nombreuses espèces ne peuvent être employées chez un animal de cette taille.
Matériels et Méthodes Dans ce travail, nous avons caractérisé la motricité colique distale chez la souris mâle éveillée, par l'intermédiaire de micro-capteurs de pression insérés par voie anale, et enregistré la pression intra-colique en réponse à différents stress. Un stress aigu de contrainte était réalisé en plaçant la souris dans une cage de contention pendant 1 heure, l'enregistrement débutant dès la mise en place de l'animal. L'influence sur la motricité colique d'un stress chronique, obtenu en réalisant un stress de contrainte quotidien d'au moins 1 heure pendant 15 jours, a été comparée à l'influence d'une exposition chronique au corticotrophin-releasing factor (CRF), au sein de souris génétiquement modifiées surexprimant le gène codant le CRF.
Résultats Comme retrouvé dans d'autres espèces, la motricité colique chez la souris éveillée était composée de nombreuses contractions géantes (GCs), la majorité d'entre elles étant propagées. Un stress aigu de contrainte induisait une augmentation significative pendant les 20 premières minutes d'enregistrement de la motricité colique distale (+79 % ; p < 0,05), essentiellement composées de GCs. Cette augmentation de la motricité colique en réponse au stress aigu disparaissait après prétraitement intrapéritonéal par atropine (0,5 mg/kg) ou par astressin B (100 µg/kg), un antagoniste des récepteurs au CRF. L'augmentation initiale de la motricité colique était significativement corrélée avec le nombre de défécations (p < 0,05). L'exposition à un stress chronique raccourcissait la durée de l'activation initiale de la motricité colique en réponse à un stress aigu de contrainte, puisque cette augmentation n'était plus significative après les 10 premières minutes d'enregistrement. De la même manière, les souris surexprimant le CRF soumise à un stress aigu de contrainte présentaient une motricité colique comparable au groupe d'animaux exposés préalablement à un stress chronique.
Conclusion En conclusion, ce travail valide une nouvelle méthode permettant de caractériser pour la première fois la motricité colique chez la souris éveillée. En plus de l'effet stimulateur sur la motricité colique distale secondaire à un stress aigu de contrainte, ce travail met en évidence l'effet modulateur de l'exposition chronique à un stress ou au CRF sur activation. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans l'étude de la motricité digestive dans le contexte de l'utilisation croissante d'animaux transgéniques.
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