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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Etat des lieux de la prise en charge des troubles psychiatriques et des conduites addictives chez les patients ayant une hépatite chronique C en France
P. Melin, L. Michel, C. Henry, A. Gaucher, V. Cartier, M. Schoeffler, J. Lang

 Introduction

Les troubles psychiatriques et les conduites addictives sont les causes principales de non initiation, de mauvaise observance et d'arrêt du traitement de l'hépatite chronique C. Un état des lieux national des pratiques actuelles de prise en charge de ces troubles était nécessaire.
 

 Matériels et Méthodes

Une enquête a été réalisée auprès de 101 spécialistes de l'hépatite C et 598 dossiers de patients présentant des troubles psychiatriques vus dans les 12 derniers mois ont été recueillis. L'évaluation psychiatrique et/ou addictologique avant traitement, les critères psychiatriques de non initiation du traitement, les prescriptions de psychotropes, les modalités de suivi psychiatrique ainsi que les attentes des professionnels ont été analysés.
 

 Résultats

La moitié des médecins n'a ni psychiatre, ni psychologue référent et 80 % pratiquent un bilan psychologique avant traitement, d'eux-mêmes le plus souvent et sans outil standardisé. Environ 20 % des patients suivis sont, soit récusés soit avec un traitement arrêté pour motif « psy ». Les attentes vis-à-vis de l'intervention d'un « psy » référent existent avant (88 %), pendant (97 %), mais diminuent après le traitement (53 %). La concertation avec le psychiatre est jugée très importante : dans la décision de ne pas traiter pour motif « psy » (97 %) ou addictologique (78 %), pour l'accompagnement du patient et les co-prescriptions (96 %). 27 % des malades ont eu un traitement préventif, surtout des antidépresseurs mais aussi des anxiolytiques. Les patients sont récusés pour dépression actuelle (58 %), anxiété (42 %), antécédents dépressifs (45 %) et addictologiques (33 %) et signes d'impulsivité (24 %). Les causes d'arrêt du traitement sont les idéations suicidaires, les troubles anxieux, l'impulsivité, l'agressivité et les insomnies mais aussi les addictions (15 %), ou les accès maniaques (12 %). Les principaux symptômes chez les patients traités sont l'anxiété (78 %), les insomnies (63 %), l'impulsivité/agressivité (43 %), un déséquilibre addictif (17 %) et des signes d'hypomanie (12 %).
 

 Conclusion

De nombreux patients ne sont pas traités pour des motifs psychiatriques ou addictologiques, sans évaluation ou critères standardisés. Il est important de préciser les contre-indications du traitement, de faciliter le dépistage précoce et les modalités d'évaluation des troubles psychiatriques, et enfin de préciser le bon usage des psychotropes. Des recommandations pratiques sont devenues nécessaires pour améliorer la prise en charge de ces patients.
 

 Mots-clés :
Foie : Hépatites Virales : Traitement

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