© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Risque de spondylodiscite au cours de la nutrition parentérale à domicile
G. Huard, M. Bouin, M. Lemoyne, A. Dupont, A. Potocki, L. Arbic, L. d'Aoust

 Introduction

La nutrition parentérale à domicile (NPD) est associée à des infections de cathéter avec bactériémie secondaire. La spondylodiscite est une complication infectieuse de diagnostic difficile. Aucun cas relié à la NPD n'est décrit dans la littérature. Nous rapportons les trois premiers cas de spondylodiscites bactériennes chez des patients en NPD.
 

 Patients et Méthodes

Etude rétrospective de tous les dossiers des patients recevant de la NPD entre 2001 et 2006. Les complications infectieuses reliées à la NPD et, plus spécifiquement, les cas de spondylodiscites ont été recherchés. Le diagnostic de spondylodiscite a été établi sur des critères : 1) cliniques (douleur dorsale ou lombaire avec fièvre > 38 °C), 2) d'imagerie de la colonne (scanner, résonance magnétique, scintigraphie au gallium) et 3) microbiologiques (hémocultures sur sang périphérique et par le cathéter de NPD).
 

 Résultats

Sur la période étudiée, 33 patients ont reçu de la NPD et 44 complications infectieuses sont survenues dont 3 cas de spondylodiscite. Les trois cas se sont présentés avec des douleurs dorsales et de la fièvre. Les radiographies de la colonne étaient normales dans tous les cas. Un seul patient a eu un scanner de la colonne montrant des anomalies non spécifiques de spondylodiscite. Les hémocultures obtenues par voie périphérique et par le cathéter de NPD étaient positives pour du Staphylococcus epidermidis (n = 2) ou du Staphylococcus lugdunensis (n = 1). La résonance magnétique et la scintigraphie au gallium ont permis de confirmer le diagnostic de spondylodiscite chez tous les patients. Un traitement antibactérien de six semaines a permis la résolution complète de l'infection chez les trois patients.
 

 Conclusion

Les spondylodiscites infectieuses sont une complication possible chez les patients recevant de la NPD. La spondylodiscite doit faire partie du diagnostic différentiel chez les patients en NPD qui se plaignent de douleur dorsale et de fièvre. Toute suspicion de ce diagnostic justifie de faire une résonance magnétique ou une tomographie de la colonne ainsi que des hémocultures.
 

 Mots-clés :
Pratique Clinique : Stratégie Clinique
Croissance, Développement Et Nutrition : Nutrition Clinique

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