Ponction à l'aiguille fine de masses pancréatiques sous échoendoscopie : performance diagnostique et impact thérapeutique Y. Touchefeu, M. Le Rhun, J. Geay, A. Alamdari, M. Heymann, E. Coron, T. Matysiak-Budnik, C. Masliah, J. Galmiche
Introduction Les lésions pancréatiques sont le plus souvent de petite taille, d'accès difficile, précancéreuses ou déjà malignes. La ponction à l'aiguille fine sous échoendoscopie (PAF) est une procédure dont la valeur diagnostique et l'impact thérapeutique ont été peu évalués. Le but de l'étude a été d'évaluer 1) la capacité de la PAF à recueillir un matériel suffisant pour l'histologie et la cytologie, 2) l'impact des résultats sur la prise en charge des patients.
Patients et Méthodes De Janvier 2005 à Décembre 2006, tous les patients (n = 70 ; H/F = 2 ; âge moyen 60 ans) adressés pour une masse pancréatique solide (n = 57) ou kystique (n = 13) ont été inclus. La PAF (trois passages, aiguille 22 G) permettait l'obtention de matériel étalé sur lames et de microbiopsies placées dans le formol. L'amylase et l'ACE étaient dosés dans le liquide de ponction. Le diagnostic final reposait sur l'examen de la pièce opératoire, d'autres prélèvements biopsiques et/ou un suivi de plus de 6 mois. L'impact thérapeutique était évalué rétrospectivement sur la preuve histologique permettant une chimiothérapie, la modification du traitement envisagé ou la recommandation d'un suivi médical exclusif (i.e. Décision de ne pas traiter).
Résultats Aucune complication sévère n'a été rapportée. Huit procédures étaient des échecs en raison de la dureté de la lésion (n = 5), d'interpositions vasculaires (n = 2), ou d'une taille trop petite (n = 1). Quarante neuf lésions solides et 13 lésions kystiques ont été analysées (taille moyenne 34 et 49 mm respectivement). Deux patients ont été perdus de vue. Un diagnostic final a été obtenu chez 60 patients. Les sensibilité, spécificité, et précision étaient de 65%, 67%, et 65% respectivement pour les lésions solides ; 100%, 100% et 100% pour les lésions kystiques. En accord avec les critères préalablement déterminés, la PAF avait un impact sur la décision thérapeutique chez 45 patients. Les 15 patients restants comprenaient 1 faux positif (suspicion de tumeur endocrine non confirmée sur la pièce opératoire) et 14 faux négatifs (14 cancers prouvés par une nouvelle PAF (n = 2), des biopsies sous scanner (n = 4), une intervention chirurgicale (n = 4) ou le suivi (n = 4).
Conclusion Le rendement diagnostique de la PAF est meilleur pour les tumeurs kystiques que pour les tumeurs solides ; dans ce cas, en effet, un résultat négatif ne permet pas d'exclure la malignité. Les résultats de la PAF ont cependant un impact thérapeutique chez environ 2/3 des malades explorés (45/70).
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