Une radio-chimiothérapie d'induction suivie par un traitement d'entretien par gemcitabine comparée à la gemcitabine seule comme traitement des adénocarcinomes du pancréas localement avancés non résecables. Etude de phase III FFCD/SFRO 2000-01 T. Aparicio, B. Chauffert, F. Mornex, F. Bonnetain, P. Rougier, C. Mariette, O. Bouché, J. Bosset, L. Mineur, A. Azzedine, P. Hammel, L. Bedenne
Introduction Le traitement des adénocarcinomes du pancréas localement avancés est controversé. L'objectif de l'étude était d'évaluer si la radiochimiothérapie d'induction suivie par un traitement par gemcitabine améliorait la survie comparée à la gemcitabine seule dans les adénocarcinomes du pancréas localement avancés.
Patients et Méthodes Etude randomisée multicentrique de phase III stratifiée selon le centre, l'indice de performance de l'OMS et la laparotomie initiale. Les principaux critères d'inclusions étaient un OMS 0-2, l'absence de métastase et une tumeur jugée non résécable. Les deux bras de traitement étaient soit une radiochimiothérapie d'induction (RCT) : 60 Gy, 2 Gy/fraction associée à une perfusion continue concomitante de 5-FU, 300 mg/m2/24h, jour 1-5 chaque semaine, et du cisplatine, (20 mg/m2/j, jour 1-5 à semaine 1 et 5, ou un traitement d'induction par gemcitabine seule (GEM) : 1000 mg/m2 hebdomadaire x 7 semaines). Après le traitement d'induction, un traitement d'entretien par gemcitabine (1000 mg/m2 hebdomadaire pour 3 semaines toutes les 4 semaines) était maintenu dans les deux bras jusqu'à progression, toxicité limitante ou choix du patient. Pour mettre en évidence une amélioration de la médiane de survie globale (décès toutes causes) de 6 à 12 mois (bilatéral α = 1 % and β = 10 %), il était requis d'observer 127 décès et d'inclure 176 patients. La survie a été estimée selon la méthode de Kaplan-Meier et a été comparée par des tests du log-rank.
Résultats De mars 2000 à juillet 2005, 119 des 176 patients prévus ont été inclus. En février 2007, 54/59 (91,5 %) et 52/59 (86,7 %) patients étaient respectivement décédés dans le bras CRT et GEM. L'étude a été stoppée précocement à la demande du comité d'experts indépendants. En intention de traiter, la survie globale était plus faible dans le bras RCT que dans le bras GEM [survie médiane 8,6 (99 % IC : 7,1 - 11,4) et 13 mois (8,7 - 18,1), Log rank stratifié p = 0,03]. La survie à un an était de 27 et 57 % respectivement. Ces résultats sont confirmés en analyse per protocol, 49 et 44 patients ayant reçu respectivement 75 % ou plus de la dose prévue de radiothérapie ou du traitement d'induction par gemcitabine [survie médiane 9,5 (IC : 7,6 - 12,1) et 15,1 mois (10,1 - 23,5), Log rank stratifié p = 0,006]. La tolérance était acceptable, cependant, au cours du traitement d'induction, un plus grand nombre de toxicités grade 3-4, notamment digestives, ont été enregistrées dans le bras RCT. Au cours du traitement d'entretien, la tolérance hématologique de la gemcitabine était moins bonne dans le bras RCT.
Conclusion Le schéma d'induction associant radiothérapie-cisplatine et 5FU est plus toxique et moins efficace que la gemcitabine seule pour le traitement des cancers du pancréas localement avancés.
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