© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Phospho-ERK et phospho-AKT : 2 nouveaux facteurs prédictifs de réponse au cetuximab dans le cancer colorectal métastatique
G. Perkins, A. Lievre, J. Bachet, V. Boige, O. Bouché, F. Bibeau, M. Diebold, G. Tomasic, J. Emile, P. Laurent-Puig

 Introduction

La survie des patients atteints d'un cancer colorectal métastatique (CCRM) a été améliorée par l'association des chimiothérapies aux thérapies ciblées comme le cetuximab, qui a pour cible le récepteur à l'EGF (epidermal growth factor). Le coût et la toxicité de ces traitements imposent la recherche de facteurs moléculaires prédictifs de réponse. La présence d'une mutation KRAS a été montrée comme prédictive de résistance au cetuximab. Néanmoins, une partie des patients porteurs de mutation présentent une stabilité de la maladie, et de nombreux patients sans mutation progressent sous traitement. Le but de ce travail est de rechercher d'autres facteurs de réponse au cetuximab, au niveau des voies de signalisation en aval du récepteur à l'EGF, la voie RAS/MAPK et la voie PI3K/AKT.
 

 Patients et Méthodes

Une série de 29 patients atteints d'un CCRM a été étudiée. À partir d'extraits protéiques de tissu tumoral congelé, une analyse des protéines ERK et AKT, sous leurs formes totale et phosphorylée, a été réalisée par la technique de Western Blot. Le degré d'activation de la protéine a été déterminé par le rapport de la forme phosphorylée sur la forme totale. Les résultats ont été normalisés par l'expression de l'actine. Le degré d'activation des protéines a été confronté au statut mutationnel KRAS, et à la réponse au traitement.
 

 Résultats

Au total, sur les 29 tumeurs, 14 présentaient une mutation KRAS et 15 n'avaient pas de mutation. Le degré d'activation de la protéine ERK était plus important en cas de mutation KRAS (p = 0,012) alors que celui de la protéine AKT était plus important en absence de mutation (p = 0,0001). Il existait une corrélation inverse entre les degrés d'activation des protéines ERK et AKT (p = 0,0012). Il existait une relation significative positive entre le degré d'activation de la protéine AKT et la réponse au cetuximab (p = 0,006) alors qu'il existait une relation inverse significative entre le degré d'activation de la protéine ERK et la réponse au traitement (p = 0,009). Dans une analyse de sous-groupe, il a été montré une relation très significative entre le degré d'activation de la protéine ERK et la progression à la première évaluation chez les patients porteurs d'une mutation KRAS (p = 0,0025). Le degré d'activation de la protéine ERK permettait de classer correctement dans 93% de ce sous-groupe entre ceux qui progressent et ceux qui restent stable.
 

 Discussion

 
 

 Conclusion

Notre étude met en évidence le rôle de partenaires de la voie de signalisation dans la réponse aux anticorps anti EGFR au cours du traitement des cancers colorectaux. En particulier le degré d'activation par phosphorylation de la protéine ERK permettrait de distinguer chez les malades ayant une mutation de KRAS, malgré l'absence de réponse objective, ceux qui pourrait bénéficier d'une stabilisation de leur maladie métastatique.
 

 Mots-clés :
Biologie Cellulaire Et Moléculaire : Noyau, Expression Des Gènes, Transfert Des Gènes
Oncologie Spécifique : Côlon, Rectum

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