© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Intérêt de l'imagerie morphologique et fonctionnelle pour le suivi après résection chirurgicale des métastases hépatiques des tumeurs endocrines digestives
S. Scigliano, F. Maire, J. Stievenart, R. Lebtahi, R. Kianmanesh, A. Sauvanet, M. Vullierme, A. Couvelard, P. Hammel, J. Belghiti, P. Ruszniewski, D. Le Guludec

 Objectif

Etudier le devenir des patients après résection de métastases hépatiques de tumeurs endocrines digestives (TED), et déterminer les valeurs diagnostiques respectives de la scintigraphie des récepteurs de la somatostatine (SRS, Octréoscan®) et de l'imagerie morphologique (IM) pour la détection des récidives.
 

 Patients et Méthodes

Entre 1992 et 2006, 41 patients (16 hommes, 25 femmes), d'âge médian 51 ans (extrêmes : 21-75), ont eu une résection de métastases hépatiques de TED bien différenciées. La tumeur était fonctionnelle chez 16 patients (39 %). La tumeur primitive, localisée le plus souvent dans le pancréas (n = 17) ou l'intestin grêle (n = 12), était réséquée. L'exploration pré-opératoire (comprenant au minimum une scanographie thoraco-abdominale et une SRS) ne mettait pas en évidence de localisation tumorale extra-hépatique. En post-opératoire, étaient réalisées une IM tous les 6 mois (comprenant un scanner abdominal et/ou une IRM hépatique et un scanner thoracique si nécessaire) et une SRS tous les ans. Une récidive était définie sur des données histologiques (en cas de réintervention) ou morphologiques au cours du suivi.
 

 Résultats

Le suivi post-opératoire médian était de 76 mois (extrêmes : 11-174). Une récidive survenait chez 32 patients (78 %), de localisation principalement hépatique (n = 24), ganglionnaire (n = 5), osseuse (n = 5) et/ou pulmonaire (n = 3), dans un délai médian de 19 mois (2-79) après la chirurgie hépatique. Sept patients (17 %) décédaient du fait d'une progression tumorale, 47 mois en médiane (16-118) après la chirurgie. Les survies globale et sans récidive à 3 ans étaient respectivement de 95 % et 25 %.
Au cours du suivi, 136 explorations étaient réalisées chez les 41 patients. Les résultats de la SRS et de l'IM (réalisées dans un intervalle de 15 jours au maximum) étaient concordants dans 64 % des cas. Pour la détection des récidives, les sensibilité, spécificité, VPP, VPN et précision diagnostique étaient de 89 %, 94 %, 98 %, 75 % et 91 %, respectivement pour la SRS et de 68 %, 91 %, 95 %, 50 % et 74 %, respectivement pour l'IM. La SRS permettait de détecter des récidives extra-abdominales chez 11 pts (os n = 5, adénopathies médiastinales n = 3, thyroïde n = 3, poumon n = 1, pelvis n = 1). Chez 11 patients sur les 32 ayant récidivé (34 %), la SRS identifiait les sites de récurrence (foie n = 5, os n = 3, adénopathies abdomino-pelviennes n = 5, adénopathies médiastinales n = 3, pancréas n = 1), 15,5 mois en médiane (5-31) avant l'IM.
 

 Conclusion

1) Les récidives après chirurgie à visée curative des métastases hépatiques de TED sont fréquentes (78 % des patients). 2) La SRS a une sensibilité, une spécificité et une VPN élevées pour la détection des récidives au cours du suivi post-opératoire, et particulièrement pour les localisations extra-abdominales. 3) Pour un tiers des patients, la SRS identifiait un site de récidive avant l'IM. L'impact thérapeutique du diagnostic précoce de récidive est à évaluer.
 

 Mots-clés :
Oncologie Spécifique : Tumeurs Endocrines
Radiologie, Irm, Echographie, Isotopes : Examen Isotopique
Pratique Clinique : Stratégie Clinique

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