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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

La concentration intra-muqueuse colique de l'acide 5-aminosalicylique et de ses dérivés n'est corrélée ni à la prolifération cellulaire, ni à l'expression de COX-2 chez les patients atteints de MICI
C. Delluc, C. Lagorce, K. Louchahi, B. Bejou, J. Raynaud, C. Bon, R. Benamouzig

 Introduction

Il existe un risque accru de néoplasie colorectale chez les patients atteints de Maladie Inflammatoire Chronique Intestinale (MICI). L'importance de ce risque reste discutée. Le traitement par l'acide 5-aminosalicylique semble diminuer ce risque. Les taux intra-muqueux d'acide 5-aminosalicylique et de ses dérivés sont variables d'un individu à l'autre. La prolifération cellulaire colique est augmentée chez les patients à risque de néoplasie colorectale. Récemment, le degré d'expression de COX-2 dans les cellules épithéliales et stromales a été corrélé au risque de néoplasie colorectale. Nous avons cherché à caractériser un lien entre la concentration de l'acide 5-aminosalicylique et de ses dérivés dans la muqueuse colique des patients atteints de MICI et la prolifération cellulaire colique ainsi que le marquage par COX-2.
 

 Patients et Méthodes

Quinze patients atteints de MICI (9 atteints de la maladie de Crohn et 6 de rectocolite hémorragique), traités par acide 5-aminosalicylique oral et/ou local, ayant bénéficié d'une coloscopie dans le cadre du suivi de leur MICI ont été prospectivement inclus. La concentration muqueuse de l'acide 5-aminosalicylique et de ses dérivés était mesurée par chromatographie liquide de haute performance. Un examen anatomopathologique de routine et une étude immunohistochimique par anticorps monoclonal anti-MIB-1 et anticorps anti-COX-2 étaient réalisés par le même pathologiste. Le marquage par MIB-1 était étudié sur différentes hauteurs des cryptes. Les patients étaient divisés en 2 groupes selon la concentration muqueuse de l'acide 5-aminosalicylique et de ses dérivés.
 

 Résultats

Aucun patient n'était en poussée clinique ou biologique lors de la coloscopie. A l'endoscopie, l'atteinte était limitée au colon distal (colon gauche, sigmoïde, rectum) chez 8 patients (53%) et 3 patients avaient une pancolite (20%). L'acide 5-aminosalicylique ou ses dérivés était détectable chez 6 patients (40%), principalement sous forme d'acide acétyl-5-aminosalicylique avec des taux variant de 0,199 ng/ml à 1,77 ng/ml (moyenne = 0,58 mg/ml). Quatre patients sur les 9 chez qui l'acide 5-aminosalicylique ou ses dérivés était indétectable recevaient un traitement immunosuppresseur concomitant (azathioprine dans 3 cas et ciclosporine dans 1 cas). Il n'y avait pas de différence entre les 2 groupes de patients en terme de prolifération cellulaire (MIB-1 : 55% vs 54,8%, p = 0,97 à la partie profonde des glandes ; 5,5% vs 2,75%, p = 0,21 à la partie superficielle des glandes) ou de marquage par COX-2 des cellules épithéliales (Score : 3,5 vs 3,4, p = 0,98) ou stromales (Score : 2 vs 1,89, p = 0,88).
 

 Conclusion

Notre travail confirme qu'il existe de grandes variations interindividuelles de la concentration intra-muqueuse d'acide 5-aminosalicylique et de ses dérivés chez les patients atteints de MICI. Dans cette série, nous n'avons pas mis en évidence de lien entre cette concentration et le degré de prolifération cellulaire colique ou le marquage épithélial ou stromal par COX-2.
 

 Mots-clés :
Pathologie Intestinale : Maladies Inflammatoires Intestinales : Clinique, Explorations, Traitement
Oncologie : Dépistage, Prévention, Diagnostic
Pratique Clinique : Stratégie Clinique

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