© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Traitement palliatif des cancers obstructifs recto-coliques par endoprothèses métalliques : Etude prospective multicentrique française
K. Vahedi, S. Reignier, D. Heresbach, L. Poincloux, A. Le Sidaner, F. Prat, I. Boytchev, A. Charachon, T. Maniere, D. Coumaros, J. Barbieux, M. Lehrun, J. Saurin, M. Antonietti, M. Giovannini, B. Desaint, T. Ponchon

 Introduction

Les endoprothèses colorectales semblent être une alternative à la chirurgie de dérivation colique en cas de cancer obstructif inopérable à visée curative ou en cas d'occlusion néoplasique aiguë. Notre objectif était d'évaluer les résultats de la mise en place d'endoprothèses métalliques expansibles dans le traitement des cancers obstructifs colorectaux symptomatiques en situation palliative.
 

 Patients et Méthodes

Il s'agissait d'une étude multicentrique prospective nationale (16 centres), incluant 54 patients (28H/26F), d'âge médian 76 (43-93) ans. La durée de suivi était de 1 an, ou jusqu'au décès. Ont été évalués : le succès technique, l'efficacité clinique, la morbidité et la mortalité liées à la technique, les facteurs prédictifs de complication (âge, état nutritionnel, localisation tumorale, chimiothérapie adjuvante, type de prothèse), la survie globale, la survie sans complication et sans occlusion. Les endoprothèses utilisées étaient en nitinol dans 89%, et non couvertes dans 96% des cas. Dix-sept patients (32%) ont eu une chimiothérapie adjuvante.
 

 Résultats

Les tumeurs étaient distales (en aval de l'angle gauche) chez 41 patients (76%), et proximales chez 13 (24%). Les raisons d'inopérabilité étaient : maladies localement avancées ou métastatiques (76%), contre-indication chirurgicale (9%), refus de la chirurgie (15%). Cliniquement, 14 patients (26%) étaient en occlusion complète et la perte de poids moyenne était de 10±6%. Deux patients n'ont pas eu de traitement (inclusions erronées). Le taux de succès technique était de 98 % (51/52). L'efficacité clinique était de 90%, 97% et 83% respectivement à 72h, 1 et 6 mois. Le taux de complications sévères nécessitant une chirurgie était de 12% (6/51 : 4 perforations, 1 fistule rectovaginale, 1 sepsis grave). Une complication peu sévère est survenue dans 27% des patients (14/51 : 6 migrations, 4 obstructions, 1 sepsis transitoire, 2 récidives d'occlusion, 1 absence d'expansion), parmi lesquels 13 (93%) ont été traités médicalement ou endoscopiquement, sans retentissement sur la perméabilité colorectale. Le taux de mortalité directement lié à la technique était de 6% (3 perforations). En analyse univariée, l'âge ≥ 76 ans et la perte de poids ≥10% étaient associés à un moindre taux de complication ; selon le modèle de Cox, ces 2 facteurs étaient associés à une survie réduite. La survenue d'une complication n'était pas influencée par la localisation tumorale, la chimiothérapie adjuvante et le type de prothèse. La survie moyenne globale était de 157±16 jours, la survie moyenne sans complication et sans occlusion étaient respectivement de 132±10 et 239 ±12 jours.
 

 Conclusion

La mise en place d'endoprothèses métalliques expansibles a été accomplie avec un taux élevé de succès technique et d'efficacité clinique, maintenue à 6 mois. La perforation reste la principale cause de morbi-mortalité. La survie globale était faible, les patients âgés ou dénutris décédant de leur maladie néoplasique avant la survenue d'une complication et sans occlusion. En situation palliative, les endoprothèses colorectales constituent une alternative efficace à la chirurgie de dérivation. Une évaluation médico-économique et de la qualité de vie devrait compléter ces résultats.
 

 Mots-clés :
Endoscopie Spécifique : Côlon - Rectum
Oncologie Spécifique : Côlon, Rectum
Pratique Clinique : Stratégie Clinique

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