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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Hémorragies digestives basses aiguës : résultats préliminaires d'une étude de l'ANGH sur plus de 1000 malades
B. Bour, C. Pilette, B. Lesgourgues, O. Nouel, F. Heluwaert, J. Henrion, R. Faroux, G. Macaigne, C. Naouri, D. Bernardini, G. Bellaiche, E. Pariente, H. Hagège

 But

Décrire les caractéristiques épidémiologiques actuelles des hémorragies digestives basses aiguës (HDBA) ainsi que les pratiques professionnelles, la morbidité et la mortalité hospitalière.
 

 Patients et Méthodes

Du 1er janvier au 31 août 2007, dans 102 centres de l'ANGH, de façon exhaustive, les patients ayant une HDBA ont été inclus dans cette étude. De multiples données cliniques, biologiques et endoscopiques ont été recueillies jusqu'à la sortie.
 

 Résultats

1967 patients ont été inclus durant cette période de l'étude, qui s'achèvera le 31/12/2007. L'analyse porte sur les 1065 premiers patients : 526 hommes et 539 femmes, âgés de 71,5 ± 16,8 ans. Le mode de révélation de l'hémorragie était des rectorragies dans 93,5 % ou un méléna isolé dans 6,2 % des cas, accompagnés de malaise (pression artérielle systolique (PAS) <100 mmHg ou perte de connaissance) dans 13,7 %. L'hémorragie était communautaire dans 89,1 % des cas. A la prise en charge hospitalière, la PAS était de 125 ± 27 mmHg, la fréquence cardiaque (FC) de 88 ± 18/min. L'hémoglobinémie était de 11,7 ± 6 g/dL. Il existait un antécédent d'hémorragie digestive (HD) dans 13,1 % des cas. Avant l'HDBA, 60,3 % des patients prenaient un médicament susceptible de favoriser une HD (AINS 10,9 %, aspirine et/ou d'antiagrégants en mono ou bithérapie 33,5 %, AVK 21,2 %, héparine ou HBPM 6,9 %). La première endoscopie basse (rectosigmoidoscopie 35,7 %, coloscopie incomplète 31,2 %, coloscopie totale 33,1 %) était estimée contributive dans 64,4 % des cas permettant alors la localisation du site hémorragique (79 %), le diagnostic de la cause (96 %) et la réalisation d'un geste d'hémostase (9,1 %). Une deuxième endoscopie basse était réalisée dans 37,5 % des cas. La cause de l'hémorragie était attribuée à : diverticules coliques dans 227 cas, colite ischémique dans 89 cas, hémorroïdes dans 84 cas, tumeurs coliques dans 39 cas, lésions coliques post-radiques dans 17 cas, ulcération rectales traumatiques dans 13 cas, MICI coliques dans 11 cas, colite infectieuse dans 7 cas, escarres de polypectomies colique dans 5 cas, angiodysplasies coliques dans 3 cas et autre lésion dans 80 cas. Une transfusion de 3,5 ± 2,2 culots a été réalisée chez 34,1 % des patients. Une récidive hémorragique est survenue chez 6 % des patients. La morbidité hors récidive hémorragique était de 12,9 %. Cinquante six patients ont bénéficié d'un geste chirurgical. La mortalité hospitalière était de 3,1 %. Les facteurs prédictifs de décès étaient liés à la sévérité de l'hémorragie (PAS p < 0,005, FC p < 0,005, transfusion p < 0,005), au traitement par héparine p < 0,001 et à la récidive hémorragique p < 0,003.
 

 Conclusion

Au cours des HBDA, une prise médicamenteuse favorisante est notée dans plus de la moitié des cas. Leur cause peut être identifiée dès la première endoscopie dans près de 60 % des cas. Les diverticules coliques représentent l'étiologie la plus fréquente. La poursuite de cette étude permettra une meilleure connaissance des facteurs prédictifs actuels de récidive hémorragique et de mortalité et contribuera à l'amélioration de la prise en charge des patients.
 

 Mots-clés :
Endoscopie Générale : Hémorragie Digestive
Endoscopie Spécifique : Côlon - Rectum
Pratique Clinique : Epidémiologie (Sauf Cancer)

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