© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Evolution de l'incidence du carcinome hépatocellulaire dans le Calvados de janvier 1990 à décembre 2002
B. Dauvois, I. Ollivier Hourmand, L. Guittet, S. Boutreux, G. Launoy, M. Dao

 Objectif

Le but de cette étude était de déterminer l'évolution de l'incidence annuelle du carcinome hépatocellulaire (CHC) et de ses facteurs favorisants, dans le département du Calvados, de janvier 1990 à décembre 2002, et d'en décrire les principales caractéristiques épidémiologiques.
 

 Matériels et Méthodes

Tous les dossiers de CHC recensés, de janvier 1990 à décembre 2002, au registre des tumeurs digestives du Calvados, ont été revus rétrospectivement par un hépatogastroentérologue, afin de valider chaque cas et de recueillir les données du dossier. Les taux d'incidence ont été standardisés selon la population mondiale de référence. L'analyse multivariée a été réalisée selon le modèle de Cox. Les 13 années de l'étude ont été découpées en 3 intervalles de 4 à 5 ans, afin de créer une variable « période ».
 

 Résultats

Au total, 729 cas de CHC ont été validés sur cette période. Les taux d'incidence standardisés selon la population mondiale étaient de 11,1 /100 000 habitants chez l'homme et de 1,9 /100 000 habitants chez la femme. Le pourcentage d'évolution annuelle de l'incidence du CHC était de 5,0 % [2,8-7,2] chez l'homme (p < 10-3) et de 7,1 % [2,5-11,9] chez la femme (p = 0,002). Le taux d'incidence annuelle du CHC sur hépatite C augmentait significativement chez l'homme, mais également sur cirrhose alcoolique dans les deux sexes. L'âge moyen au diagnostic était de 66,64 ans. Une cirrhose était associée dans 90,4 % des cas. La cause de cette cirrhose était pour 66,8 % alcoolique, pour 12,5 % virale C, pour 2,9 % virale B, pour 3,5 % liée à une hémochromatose, enfin 13,1 % de ces cirrhoses étaient d'origine indéterminée. Seuls 14,7 % des patients ont pu bénéficier d'un traitement curatif. La médiane de survie était de 7,15 mois [6,10-8,36]. En analyse multivariée, les variables pronostiques péjoratives étaient, le score de Child élevé, le stade tumoral avancé, l'existence d'une thrombose portale ou sus-hépatique, un taux d'alpha-foetoprotéine supérieur à 200 ng/mL et un traitement non curatif ; la période était une variable de bon pronostic, correspondant à une amélioration de la survie au cours du temps.
 

 Conclusion

L'incidence du CHC augmente dans le département du Calvados. Cette augmentation se fait en partie aux dépends des CHC sur hépatite C, mais surtout aux dépends des CHC sur cirrhose alcoolique. Bien que le diagnostic reste souvent tardif, limitant les possibilités thérapeutiques, la survie globale s'améliore au cours de ces 13 années étudiées.
 

 Mots-clés :
Oncologie Spécifique : Foie, Voies Biliaires
Oncologie : Epidémiologie

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