Signature en MicroARN des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) : une nouvelle piste étiopathogénique M. Fasseu, X. Tréton, Y. Bouhnik, J. Soule, T. Aparicio, M. Laburthe, E. Ogier-Denis
Introduction Les microARN (miARN) sont de petits ARN non codants, susceptibles de contrôler post-transcriptionnellement l'expression protéique par des interactions spécifiques avec la partie 3'-UTR des ARN messagers (ARNm). Ils contrôlent nombre de fonctions cellulaires aussi variées que le développement, la différenciation, la prolifération, l'apoptose ou la réponse au stress. Plus de 500 miARN ont été identifiés chez l'homme. Ainsi, toute modification dans l'expression ou la fonction des miARN est susceptible de provoquer l'apparition de maladies. Notre hypothèse est qu'une anomalie d'expression de certains miARN, pourrait jouer un rôle dans la dérégulation de facteurs cellulaires impliqués dans la prédisposition aux maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI).
Matériels et Méthodes Des biopsies endoscopiques intestinales (grêle ou côlon), réalisées en muqueuses inflammatoire et saine de patients atteints de rectocolite hémorragique (RCH) active [n = 9], de maladie de Crohn (MC) iléale active [n = 8] et de témoins sains [n = 3] ont été réalisées. Le profil d'expression relative de 320 miARN a été obtenu par PCR en temps réel en comparant les zones inflammatoires et les zones saines de chaque patient. Parallèlement, le profil d'expression des miARN de zones saines prélevées chez des patients MICI versus les témoins a été réalisé. Une signature spécifique des MICI (RCH et MC) sur la base de la récurrence d'expression des miARN chez les patients et leur niveau d'expression relative a été recherchée.
Résultats Le profil d'expression des miARN montrait une dérégulation nettement plus marquée en muqueuse inflammatoire qu'en muqueuse saine chez un même patient en cas de MICI. Quarante sept miARN répartis en 3 groupes étaient identifiés dans les zones inflammatoires : 24 miARN dont l'expression était altérée (perte ou gain de fonction) de manière identique dans les deux affections (RCH et MC), 17 miARN dont l'expression était spécifiquement altérée en cas de RCH et 6 miARN altérés en cas de MC. Lorsque les zones saines en cas de MICI étaient comparées aux témoins, une expression anormale des miARN était retrouvée en cas de MC, mais pas en cas de RCH.
Conclusion Ces travaux établissent pour la première fois une signature en miARN des MICI, avec un profil spécifique dans les lésions pour la MC et pour la RCH. De plus, ce profil spécifique est également présent en zones saines en cas de MC. Les miARN pourraient ainsi représenter des outils diagnostiques puissants pour les MICI. L'identification des cibles des miARN dérégulés et l'étude de leurs fonctions devraient permettre la découverte de nouvelles pistes étiopathogéniques et cibles thérapeutiques au cours des MICI.
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