© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Efficacité et morbidité de la mucosectomie endoscopique du tube digestif : résultats du registre prospectif national
D. Heresbach

 Introduction

Le traitement des dysplasies ou des cancers précoces du tube digestif repose sur leur exérèse endoscopique notamment par mucosectomie (EMR). Les résultats du traitement par EMR reposent sur des séries le plus souvent rétrospectives et monocentriques de centres sélectionnés et référents. L'objectif de notre registre est d'enregistrer de façon prospective et consécutive les modalités et résultats des mucosectomies endoscopiques réalisées en France pendant 1 an en hôpital privé ou public.
 

 Patients et Méthodes

Entre 06/2006 et 06/2007, 1129 patients (65 ±12 ans), dont 638 hommes (54%) ont été inclus dans ce registre par 227 gastroentérologues (à recrutement anonymisé) dont 67% en exercice privé exclusif et 51% adhérents à la SFED. 1304 EMR ont été réalisées dont 1262 sont analysables : 33 œsophagiennes (O) 43 gastrique(E), 41 duodénales (D) et 1145 colorectales (CR). Ces EMR ont été réalisées en établissement privé, CHG et CHU dans respectivement, 654, 233 et 285 cas (90 non précisés) : 503 ont été réalisées en hospitalisation ambulatoire (< 48 heures). La durée d'hospitalisation était de 2,1±4 jours.
 

 Résultats

La taille des lésions était de 1,7±1,8 cm dont 76% ≥ 1 cm (n = 904 soit 26 O, 32 E, 32 D et 814 CR). Elle était réalisée en une pièce dans 72% (n = 911 soit 16 sur 33 O, 37 sur 43 E, 22 sur 41 D et 836 sur 1145 CR). La lésion était sessile et plane dans 802 et 439 cas (24 O, 16 E, 18 D et 381 CR) et indéfinie dans 27 cas. La pièce de mucosectomie a été récupérée dans 92% des cas (1139 soit 27 O, 41 E, 37 D et 1034 CR). Il s'agissait de 55 carcinomes (12 O, 3 E, 5 D, 15 CR muqueux et 20 CR sous-muqueux), d'une lésion en dysplasie pour 11 O, 14 adénomes E, 25 adénomes D, et de 698 adénomes CR (557 et 123 en dysplasie de bas et haut grade, et 18 carcinome in situ). Un incident per procédure, une complication immédiate ou retardée (>24h) est survenu dans 59 (3 O, 4 E, 3 D, 49 CR) et 15 (15CR) cas : les complications immédiates étaient une hémorragie (n = 45) ou une perforation (n = 6) et celles retardées une hémorragie (10 cas), une hyperthermie (5 cas), ou une douleur (1 cas). Un traitement chirurgical a été réalisé dans 19 cas (1 O, 2 E, 16 CR) dont 6 pour perforation (1E, 5 CR), 9 complémentaires ou après échec de l'EMR (9CR), 1 après une seconde EMR (1 O) et 3 pour carcinomes synchrones (3CR). Il s'agissait de 3 résections pour perforation (1 E, 2 CR), de 3 sutures simples (1E, 2 CR) et 13 résections complémentaires (1 O, 12 CR). Parmi ces 13 résections, une néoplasie résiduelle a été retrouvée dans 6 cas (3 adénomes, 3 carcinomes) à localisation CR.
 

 Conclusion

Un registre prospectif national de la mucosectomie endoscopique montre qu'elle est réalisée pour 50% en secteur privé, et dans 50 % des cas en hospitalisation ambulatoire. Trois-quarts concernent des lésions de plus d'1 cm, 90% à localisation colorectale et 6% pour carcinomes. Sa mortalité est nulle et sa morbidité faible : 6% d'incident per procédure ou complication dont 0,5% perforation et 1,5% de traitement chirurgical complémentaire dont aucune pour hémorragie et 0,5% pour complication. Avec les remerciements de la SFED aux participants qui ne peuvent légalement être nominalement cités.
 

 Mots-clés :
Endoscopie Générale : Thérapeutique
Oncologie Spécifique : Côlon, Rectum
Endoscopie Spécifique : Estomac - Duodénum

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2008