© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Etude prospective de l'incidence des lésions œsogastroduodénales induites par l'ablation de foyer arythmogène atrial par cathétérisme cardiaque : résultats préliminaires
S. Hommel, G. Savoye, S. Lecleire, O. Goria, M. Antonietti, C. Lorenceau-Savale, P. Ducrotté, A. Savoure, F. Anselme

 Introduction

L'ablation par radiofréquence per-cathétérisme cardiaque de fibrillation auriculaire (AC/FA) ou de flutter peut entraîner des complications digestives : gastroparésies par atteinte vagale ou ulcérations œsophagiennes pouvant se compliquer de fistules œso-atriales. Pour limiter ces lésions, différentes approches ont été proposées. Ce travail prospectif a cherché à évaluer l'incidence des anomalies endoscopiques oesogastroduodénales après ablation par radiofréquence per-cathétérisme cardiaque guidée par le repérage scannographie préalable de l'œsophage.
 

 Patients et Méthodes

Tous les patients ayant bénéficié d'une ablation d'AC/FA ou de flutter entre 06/07 et 09/07 ont été inclus. Un TDM était réalisé dans le mois précédent le geste pour définir les relations anatomiques entre l'oreillette gauche et l'œsophage afin de guider le geste par la modélisation du positionnement de l'œsophage par rapport à l'abouchement des veines pulmonaires dans l'oreillette. L'ablation était effectuée à J0 par deux cardiologues expérimentés et une endoscopie était réalisée à H24 après l'ablation après accord du malade. Le malade était maintenu sous anticoagulation efficace avant, pendant et après le geste. Les caractéristiques cliniques des malades, leurs antécédents et les symptômes digestifs initiaux et à deux mois du geste ainsi que les résultas de la gastroscopie et ceux de l'ablation étaient notés. Les anomalies endoscopiques étaient classées soit comme « possiblement imputables » soit « sans relation » avec le geste.
 

 Résultats

Dix neuf malades (13 hommes et 6 femmes) sans antécédent gastro-entérologique, d'âge moyen 56 ans (± 9) ont été inclus dans cette étude. Le geste cardiologique était justifié par une AC/FA (n = 17) ou un flutter (n = 2). Dans la majorité des cas (90 %), la destruction du foyer arythmogène atrial avait lieu sans anesthésie et durait en moyenne 172 minutes (± 28) avec un succès initial dans 100 % des cas. Aucun malade ne présentait de plainte digestive précoce. Tous ont eu une endoscopie de bonne qualité. Neuf malades sur 19 (47 %) présentaient des anomalies endoscopiques significatives. Pour quatre d'entre eux les lésions observées étaient considérées comme possiblement imputables au geste, consistant en une importante stase alimentaire gastrique (n = 2) ou en un érythème œsophagien localisé sans lésions endoscopiques évocatrices de reflux (n = 2). Les cinq autres sujets présentaient un endobrachyœsophage, deux bulbites érosives, deux gastrites antrales et deux ulcérations gastriques « sans relation avec le geste ». Avec un recul moyen de deux mois aucune plainte digestive n'était exprimée par les malades.
 

 Conclusion

L'ablation par radiofréquence de foyer arythmogène atrial entraîne dans près de 20 % des cas des lésions endoscopiques significatives possiblement induites par le geste. Elles restent asymptomatiques mais apparaissent en dépit d'un repérage scannographique préalable des rapports anatomiques. La confirmation de cette incidence sur une cohorte plus large pourrait conduire à mettre en œuvre des mesures préventives pendant l'ablation.
 

 Mots-clés :
Pathologie Oesogastroduodénale : Maladies Oesophagiennes (Hors Rgo)
 Référence bibliographique :
Shah D et al.J Am Coll Cardiol 2005;46:327-30
Ripley KL et al. J Cradiovasc Electrophysiol 2007; 18:624-6.

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