Devenir à long terme des œsophagoplasties pour séquelles de brûlures caustiques M. Chirica, N. Veyrie, N. Munoz Bongrand, A. Champault, G. Godirid Petit, B. Halimi, M. Celerier, P. Cattan, E. Sarfati
Introduction Le but de l'étude a été d'évaluer le devenir à long terme des reconstructions œsophagiennes pour séquelle de brûlure caustique, et d'en décrire les complications tardives et leur traitement.
Matériels et Méthodes Entre 1986-2007, 240 malades (129 H, 38 ± 18 ans) ont eu une reconstruction pour séquelle de brûlure caustique dans notre centre. Parmi eux, 122 (51 %) ont développé une complication tardive. Pendant cette période, 19 malades (10 H, 23 ± 18 ans) ont été adressés d'un autre centre pour complications tardives après reconstruction. L'indication de reconstruction était une résection œsogastrique en urgence (n = 181) ou une sténose œsophagienne non dilatable (n = 78). L'œsophage natif était laissé en place chez 68 malades. Une complication tardive était définie comme tout incident survenant après la période péri- opératoire (J30). Un mauvais résultat fonctionnel était défini comme l'impossibilité d'une alimentation orale exclusive et/ou l'impossibilité de sevrage d'une trachéotomie.
Résultats Parmi les 141 patients ayant développé des complications tardives, on constatait, une sténose cervicale (n = 97), une distension de la plastie (n = 23), un reflux (n = 21) et une occlusion (n = 21). Deux types de sténose ont été identifiés : Type I (n = 13) dues à l'existence d'une sténose pharyngée non diagnostiquée au moment de la reconstruction, de découverte précoce et traitées chirurgicalement ; Type II (n = 84), représenté par des sténoses installées progressivement après un délai médian de 60 jours (20 jours à 39 ans). Quarante-quatre (52%) de ces malades ont été traités par dilatation endoscopique, et 40 (48 %) par réfection de l'anastomose. Une distension de la plastie est survenue après un délai médian de 143 mois (6 - 468). La distension du greffon au niveau cervical (n = 13) a été traitée par résection isolée de l'excès de longueur (n = 8) ou associé à une réfection anastomotique (n = 5). Les distensions au niveau thoracique (n = 5) et abdominal (n = 5) ont été traitées par résection de l'excès de longueur (n = 6) ou dérivation interne (n = 4). Soixante deux des occlusions ont été opérées. Quarante huit pour cent des reflux ont été traités par diversion duodénale. Après un délai médian de 8 ans (0,5 - 47), aucun des malades chez lesquels l'œsophage natif a été laissé en place n'a développé de cancer. Le résultat fonctionnel a pu être évalué chez les 210 malades reconstruits dans notre centre avec un suivi de 58 mois ; un d'échec a été constaté chez 47 malades (22 %). L'échec était lié a la survenue d'une complication tardive chez 27 d'entre eux (57 %).
Conclusion Après reconstruction œsophagienne pour séquelles de brûlure caustique, le suivi des malades devrait être poursuivi à vie. Une complication tardive survient chez un malade sur deux et sera responsable d'un échec sur deux. L'œsophagectomie n'est pas indiquée au moment de la reconstruction car l'œsophage natif laissé en place ne dégénère pas.
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