© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Une surveillance rapprochée et automatisée améliore-t-elle la nutrition entérale à domicile (NEAD) ?
N. Boisseau, P. Senesse, P. Bachmann, K. Arab, A. Burde, J. Plaze, N. de Sagazan, X. Hebuterne

 Introduction

La Télénutrivigilance est un système automatisé de surveillance clinique systématique du patient en NEAD. Il s'agit d'une étude prospective, multicentrique, avec pour but de déterminer si un suivi rapproché améliore le vécu de la NEAD, diminue l'incidence des accidents et des hospitalisations liés à la nutrition entérale.
 

 Patients et Méthodes

Les soignants doivent disposer d'un accès Internet régulier avec courrier électronique (e-mail) et les patients doivent disposer d'un téléphone numérique (téléphone à touches). Ces derniers reçoivent des évaluations sous forme de questions pré-définies par des appels vocaux enregistrés. Ils répondent aux questions proposées par le clavier téléphonique (de type binaire 0 : non, 1 : oui, ou de type EVA de 0 à 9). Le résultat des évaluations est disponible immédiatement sur le site Internet dédié. Certaines réponses déclenchent une alerte. Un message spécifique-identifié est alors automatiquement envoyé aux acteurs par l'intermédiaire de leur e-mail. Un contrôle des alertes par un organisme centralisé contrôleur sécurise le système (réception, prise en compte et intervention). Les rapports sont consignés sur le site Internet dans une rubrique dédiée accessible à tous les acteurs concernés. L'évaluation est bi-hebdomadaire pendant trois semaines, puis hebdomadaire pendant trois mois.
 

 Résultats

Soixante et onze patients ont participé à l'étude et la majorité étaient porteurs de cancer ORL en NEAD par gastrostomie percutanée endoscopique. Soixante dix neuf pour cent des patients ont été suivis au moins un mois. Le taux de réponse moyen au cours du premier mois était de 80 %. Sur les 825 appels-réponses transmis par le système, 189 alertes ont été émises. Moins de 10 % étaient de fausses alertes (erreur de saisie). Soixante trois pour cent des patients ont émis au moins une alerte et 60 % des alertes ont été émises le premier mois. Les catégories d'alertes vraies étaient (en pourcentage d'appels totaux) : prise de ration inférieure à 50 % (6,2 %), perméabilité de la sonde (4,2 %), vomissements (4,1 %), diarrhées de plus de 4 selles/j (3,3 %), EVA supérieure 5 (3 %), constipation de plus de 7 jours (1 %). Dans un cas sur trois, l'administration des poches a été totalement interrompue. Soixante quinze des incidents ont été résolus en moins de 72 heures, dans 70 % des cas par des conseils téléphoniques seuls. Le degré de satisfaction moyen était de 8,1/10.
 

 Conclusion

Les patients sélectionnés ont adhéré au système de nutrivigilance et les acteurs de santé ont ainsi accédé à des informations cliniques régulières et fiables, en temps réel. La recherche systématique et rapprochée des événements a permis d'améliorer l'efficience nutritionnelle et la sécurité du malade. La gestion téléphonique des évènements a sans doute permis une réduction des déplacements itératifs des malades à l'hôpital ce qui devrait compenser le surcoût lié au système (150 Euros/patient). La nutrivigilance devrait rapidement s'imposer comme un standard de surveillance de la NEAD.
 

 Mots-clés :
Croissance, Développement Et Nutrition : Nutrition Clinique

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