© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Simplifier la prise en charge des occlusions aiguës du grêle sur bride : intérêt des produits hydrosolubles
C. Tresallet, N. Lebreton, N. Turrin, B. Royer, F. Menegaux

 Objectif

L'occlusion aigue du grêle sur bride (OIAB) représente 3 % des urgences chirurgicales mais est responsable d'une morbidité et d'un coût médico-économique majeur. Il est cependant mal évalué en France. Notre objectif est de simplifier leur prise en charge par l'instauration d'un protocole médical incluant la réalisation d'un scanner abdominal (TDM), l'absorption d'un produit hydrosoluble, d'en évaluer les résultats et d'en dégager des facteurs prédictifs d'échec conduisant à une chirurgie.
 

 Patients et Méthodes

Entre juin 2004 et décembre 2006, tous les patients hospitalisés pour OIAB ont été inclus dans une étude prospective. Tous ont eu un TDM avec injection de produit de contraste afin d'éliminer les autres causes d'occlusion. En cas de mauvaise tolérance clinique, une chirurgie exploratrice a été réalisée en urgence. En l'absence de critères de gravité, les patients ont reçu 100 mL de produit hydrosoluble pur (Gastograffine®) et un cliché de l'abdomen a été réalisé à H12. Une intolérance au traitement (vomissements, majoration des douleurs) ou l'absence de reprise de transit à H12 a conduit à une chirurgie exploratrice.
 

 Résultats

Soixante dix-sept patients d'un âge moyen de 61 ans ont été inclus. La chirurgie a été réalisée d'emblée pour 26 patients (34 %) et 43 patients (66 %) ont bénéficié du traitement médical. Parmi ces derniers, 15 ont été finalement opérés (29 %). L'analyse univariée a montré que les patients opérés d'emblée avait plus souvent une défense abdominale (12 patients vs.0, p < 0,05), étaient plus jeunes (46 vs. 63 ans ; p < 0,05) et avaient une hyperleucocytose significativement plus élevée (13000/mm3 vs. 9700, p = 0,01) que les patients du groupe Grafine. Aucun des patients opérés après échec du traitement médical ne présentait de nécrose intestinale. Aucun des autres facteurs testés n'a été retrouvé comme significativement associé à un succès ou à un échec du traitement médical : cliniques (âge, sexe, météorisme, vomissements, localisation des cicatrices abdominales), biologiques (hémoglobine, crase sanguine, ionogramme, lactates), antécédents chirurgicaux (sus ou sous mésocoliques) et surtout scannographiques (jonction grêle plat-grêle dilaté, niveau iléal ou jéjunal de la jonction, épanchement, infiltration mésentérique, « feces sign », « whirl sign » ). La durée d'hospitalisation a été plus longue chez les patients opérés après échec du traitement médical (11 vs. 4 jours ; p < 0,001).
 

 Conclusion

En cas d'OIAB sans signe clinique de gravité, l'administration de Gastrografine® permet d'éviter la chirurgie à 70 % des patients. Elle raccourcit les délais de prise en charge chirurgicale pour 29 % des OIAB initialement bien tolérées et réduit significativement la durée du séjour hospitalier. Le scanner abdominal n'est pas un élément décisif dans l'indication thérapeutique.L'analyse des résultats a permis de déterminer la place de la Gastrografinedans l'OIAB : Elle est indiquée pour toute OIAB sans critère de gravité clinique quelles que soient les données du scanner ou les paramètres biologiques.
 

 Mots-clés :
Pratique Clinique : Stratégie Clinique
Chirurgie : Techniques Chirurgicales, Dont Laparoscopie

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