© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

La rentabilité diagnostique de la capsule endoscopique intestinale est-elle différente chez les patients avec anémie ferriprive chronique et ceux avec un saignement digestif obscur ?
M. Delvaux, M. Frederic, I. Fassler, G. Gay

 Introduction

Dans les études publiées jusqu'à présent sur la rentabilité diagnostique de la capsule endoscopique (CE) (PillCam SB, Given Imaging, Yoqneam, Israël), les patients avec une anémie ferriprive chronique (AFC) et ceux avec un saignement digestif obscur (SDO) ne sont le plus souvent pas évalués séparément. Cependant un traitement martial est souvent proposé aux patients du groupe AFC, après des explorations endoscopiques limitées au tractus digestif haut et au côlon. Le but de cette étude était donc d'évaluer la rentabilité diagnostique de la CE chez ces patients avec AFC et de la comparer à celle observée chez les patients avec SDO.
 

 Patients et Méthodes

Deux groupes de patients ont été sélectionnés à partir d'une cohorte de 604 patients consécutifs explorés par CE, après une œsogastroduodénoqcopie et une coloscopie normales : Groupe I : 93 patients avec AFC et Groupe II : 233 patients avec SDO. Les données démographiques, cliniques (durée de la maladie, affections associées) et biologiques (Hb) ont été collectées prospectivement. La CE était réalisée chez tous les patients après préparation intestinale par 2L de PEG. Les anomalies détectées dans tous les segments digestifs examinés ont été prises en compte pour l'analyse des données. Les variables continues ont été comparées par analyse de variance et les proportions par le test du chi-2 (p significatif à 0,05).
 

 Résultats

L'âge moyen des patients était plus élevé dans le Groupe I que dans le Groupe II (62 ± 14 vs. 53 ± 17 ans ; p < 0,01). Le sex ratio, la durée de la maladie avant la CE et l'Hb sanguine avant la CE n'étaient pas différents entre les groupes. Par contre, les patients du Groupe I avaient plus souvent des comorbidités (insuffisance cardiaque ou rénale, diabète) (38/93 - 41 %) que ceux du groupe II (67/233 - 29 %) (p = 0,04). La rentabilité diagnostique générale de la CE était significativement moins élevée dans le Groupe I (68,8 %) que dans le Groupe II (78,5 %) (p < 0,05). Les malformations artério-veineuses étaient plus fréquentes dans le Groupe II (64/233) que dans le Groupe I (16/93) (p < 0,04). Un saignement actif était observé par la CE chez 10% des patients du Groupe II contre seulement 3 % dans le Groupe I (p = 0,03) Par contre, des lésions diffuses de la muqueuse intestinale (ischémie chronique, inflammation aspécifique) étaient plus souvent retrouvées chez les patients du Groupe I (p = 0,08). Une tumeur intestinale a été retrouvée chez 4 patients du Groupe I and 19 du Groupe II (NS).
 

 Conclusion

La rentabilité diagnostique de la CE est élevée chez les patients avec AFC mais légèrement plus faible que celle observée chez les patients avec SDO. Les lésions observées sont plus souvent diffuses et ne saignent pas de manière active au moment de l'examen. La CE doit donc être mise en œuvre chez les patients avec AFC après un bialn endoscopique classique négatif, comme chez les patients avec SDO.
 

 Mots-clés :
Endoscopie Spécifique : Entéroscopie
Pratique Clinique : Stratégie Clinique
Endoscopie Générale : Hémorragie Digestive

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