© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Echec d'œsophagoplastie pour séquelle de brûlure caustique : résultats de la deuxième reconstruction chez 20 patients
M. Chirica, N. Veyrie, N. Munoz-Bongrand, G. Godiris-Petit, A. Champault, M. Célerier, P. Cattan, E. Sarfati

 Introduction

Le but de ce travail a été d'analyser les possibilités et les résultats de la chirurgie de rattrapage des échecs d'œsophagoplastie pour séquelles de brûlure caustique.
 

 Patients et Méthodes

Entre 1986 et 2007, une deuxième reconstruction a été tentée chez 20 malades après échec d'une première œsophagoplastie reconstructrice pour séquelle d'ingestion de caustique. La reconstruction initiale avait été réalisée dans notre centre chez 8 malades et dans un autre centre chez 12 malades. Le premier greffon utilisé avait été l'iléo-côlon (n = 10), le côlon gauche (n = 9) et l'estomac (n = 1). L'échec avait été dû à une nécrose précoce (n = 14), à une sténose ischémique secondaire (n = 4) et à une réingestion de caustique (n = 2). Une troisième reconstruction a été tentée chez 2 malades en raison d'une réingestion de caustique et d'une sténose ischémique non dilatable. La morbidité et les résultats fonctionnels ont été comparés à ceux de 224 patients opérés avec succès de première intention pendant la même période. Le résultat fonctionnel analysé après le 6ème mois était considéré comme bon en cas d'alimentation orale exclusive et d'ablation de la trachéotomie.
 

 Résultats

Le geste chirurgical a été techniquement possible dans tous les cas et finalement 22 plasties ont pu être ascensionnées chez 20 malades. L'intervalle médian entre 2 plasties successives était de 9 mois (4 jours à 15 ans) Les greffons utilisés ont été le côlon gauche (n = 12), l'iléo-côlon (n = 4), l'estomac (n = 2) et le grêle pédiculé (n = 1) ou libre (n = 3). Un patient (5 %) est décédé en post-opératoire après nécrose d'un transplant libre. La morbidité post-opératoire était de 59 % (pneumopathie : 31 %, nécrose greffon : 9 %, fistule cervicale : 14 %) et une réintervention nécessaire chez 6 malades. Une complication tardive est survenue chez 9 malades (43 %), principalement des sténoses cervicales (33 %) Le devenir fonctionnel de 17 plasties a pu être analysé (1 décès, 4 perdus de vue). Le taux de succès était de 65 % après un suivi médian de 44 mois (4 - 228). Les échecs fonctionnels étaient liés à une nécrose du greffon (n = 2), à une sténose tardive non dilatable (n = 2), et à des troubles psychiatriques (n = 5). Il n'a pas été constaté de différence en termes de morbidité (p = 0,95) de mortalité (p = 0,74) ou de succès fonctionnel (p = 0,29) avec le groupe témoin.
 

 Conclusion

Les résultats d'une seconde reconstruction après échec d'une première œsophagoplastie, sont comparables aux résultats des reconstructions de première intention. La possibilité de préservation gastrique lors de la résection en urgence, et l'utilisation de première intention de l'iléo-côlon lors d'une œsophagoplastie augmentent les chances de réaliser une chirurgie de rattrapage en cas d'échec.
 

 Mots-clés :
Chirurgie : Techniques Chirurgicales, Dont Laparoscopie
Pathologie Oesogastroduodénale : Maladies Oesophagiennes (Hors Rgo)
Pratique Clinique : Stratégie Clinique

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