© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Les résultats de la première campagne du dépistage du cancer colorectal en Roumanie
R. Mateescu

 Introduction

Réussir le diagnostique du cancer colorectal dans un stade incipient permet d'améliorer le pronostic de la maladie, ou de sauver la vie des nombreux patients. C'est le motif qui a conduit des nombreux pays a appliquer des programmes de dépistage du cancer colorectal. Depuis 2003 un programme de dépistage a été introduit en Roumanie, dans quelques centres pilotes. Il est basé sur l'identification des saignements occultes dans les selles, chez tous les sujets ages de plus de 50 ans, ayant un risque moyen d'apparition du cancer colorectal. Le risque moyen a été défini comme l'absence des antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal, l'absence des polypes du colon connus ou des maladies inflammatoires du colon et absence d'exploration coloscopique dans les 5 dernières années. Le but de cet étude est celui de présenter les résultats du programme de dépistage du cancer colorectal dirige par le Service de Hepatogastroenterologie de l'Hôpital Colentina, dans la population adulte de Bucarest.
 

 Matériels et Méthodes

Le programme de dépistage c'est déroulé entre 1 Janvier 2004 et 31 Juillet 2007 a Bucarest. Les médecins généralistes qui ont accepte de participer, ont sélectionné 3182 patients (63,3% des femmes et 36,7% d'hommes) ayant un risque moyen de cancer colorectal. Ces patients ont été testes pour la présence d'hémorragies occultes dans les selles (avec le test Hemoccult II Sensa®). Pour ceux qui ont été testés positifs, une coloscopie a été proposée. Les données des résultats ont été collectées et standardisées.
 

 Résultats

Sur 3182 sujets sélectionnés, 1158 (36,4%) n'ont pas retourné les tests. Sur les 2024 tests récupérés, 103 (5,1%) ont montré la présence du sang. Une exploration coloscopique a été proposée pour tous ces patients, mais seulement 68 (66%) l'ont accepté, tandis que 35 patients (34%) l'ont refusé. Pour tous les patients la préparation a été réalisée avec du macrogol. Les coloscopies ont été pratiquées par l'un des 3 endoscopistes du Service et ont été totales dans 95,6% des cas. Dans 4,4% des cas un lavement baryté a été nécessaire en complément. Dans 28 cas (41,2%) des lésions néoplasiques ont été retrouvées : 9 adénocarcinomes et 19 adénomes, dont 3 avancés (dimensions supérieures a 10 mm. Ou contingent villeux ou dysplasie de haut grade a l'examen histologique). Des lésions non-néoplasiques avec potentiel hémorragique (angiodysplasies, diverticules, varices colorectales, hémorroïdes) ont été retrouves dans 15 cas (22%). Chez 25 sujets (36,8%) l'examen pratiqué n'a pas retrouvé de lésions (résultats faux positifs). La découverte simultanée d'un adénome et d'un cancer colorectal a été prise en compte seulement sur la liste des cancers. Tous les adénomes ou les adénocarcinomes ont été traités par moyens endoscopiques ou chirurgicaux.
 

 Conclusion

La valeur prédictive positive du test Hemoccult ® est de 13,2% pour le cancer colorectal et de 28% pour les adénomes. Les chiffres sont comparables avec ceux provenant des pays où la pratique du dépistage du cancer colorectal est largement répandue, soulignant ainsi la nécessite de généraliser le programme de dépistage au niveau national.
 

 Mots-clés :
Oncologie : Dépistage, Prévention, Diagnostic

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