| Les
Conférences de Consensus © SNFGE, 1999 |
17 mars 1999 Maison de la Chimie - ParisINTRODUCTIONMalgré une diminution régulière de la consommation
moyenne d'alcool pur par an et par habitant depuis 1970, la France se
situe au troisième rang européen, avec la morbidité
et la mortalité qui en découlent. L'usage inadapté
de l'alcool est la cause directe ou indirecte d'une consultation sur cinq
Les modes de boire sont très variables : abstinence pour une
faible minorité, consommation coutumière pour une large
majorité. Parmi les consommateurs coutumiers, les plus nombreux
usent de l'alcool sur un mode culturel et convivial non dangereux, mais
une forte minorité pose un problème de santé publique.
Deux millions et demi d'entre eux - le plus souvent dénommés
consommateurs " menacés ", " à risque ",
" abuseurs " -peuvent encore contrôler leur consommation,
un million et demi ont perdu cette liberté : ce sont les alcoolodépendants.
Dans la pratique, la démarcation entre ces deux dernières
catégories n'est pas toujours claire, ni facile à déterminer.
Quoi qu'il en soit, ce modèle bidimensionnel de l'alcoolisme chronique,
adopté par la communauté scientifique internationale, a
l'intérêt d'introduire une indication thérapeutique
; le diagnostic de dépendance a en effet pour corollaire la nécessité
d'un sevrage thérapeutique et d'une abstinence durable, car la
cicatrice psychobiologique de la dépendance a fait l'objet de preuves
expérimentales. Si les consommateurs abuseurs non dépendants
peuvent être concernés par le sevrage, leur prise en charge
n'exclut pas le retour éventuel à une consommation modérée
et contrôlée.
Consensus relativement récent en France, l'alcoolisme est désormais
considéré comme une maladie dont le traitement relève
de l'intervention médicale et médico-sociale. Sa prise en
charge s'impose d'abord et avant tout au regard des souffrances individuelles,
familiales et sociales qu'il entraîne. Elle s'impose aussi du point
de vue économique. Dans une analyse coûts avantages, les
dépenses ultérieures évitées se révèlent
beaucoup plus importantes que les dépenses liées à
la prise en charge. Parmi les nombreux intervenants, l'absence ou l'insuffisance
de formation en alcoologie et de recherche de concertation peuvent entraîner,
par défaut de diagnostic ou d'indication thérapeutique,
des complications sévères, des décès ou l'utilisation
abusive de médicaments prescrits davantage par habitude que par
référence à des données scientifiquement établies.
Une démarche thérapeutique adaptée suppose un dépistage
précoce de l'alcoolodépendance, à partir des données
cliniques, paracliniques, et éventuellement l'usage de questionnaires
standardisés.
Le sevrage thérapeutique ne prend tout son sens que lorsqu'il
s'intègre dans une stratégie globale de soins du sujet alcoolodépendant.
Il en constitue une étape incontournable et essentielle. Il assure
la prévention et le traitement des symptômes de dépendance
physique et des complications induites par la suppression brutale de l'alcool.
Il a aussi pour fonction d'engager le patient dans un processus de soins
continus, dans l'espoir d'obtenir le maintien de l'abstinence, à
défaut une amélioration clinique à long terme. Moment
de rupture, il favorise et renforce la prise de conscience de la dépendance
à l'égard de l'alcool, prélude à la reconquête
de l'autonomie et à la mise en oeuvre d'un nouveau projet existentiel. En l'état actuel, les méthodes thérapeutiques utilisées
lors du sevrage sont hétérogènes. Les traitements
médicamenteux, non médicamenteux, les indications d'hospitalisation,
la durée optimum des traitements adaptée aux différentes
formes cliniques d'alcoolodépendance sont très variables
selon les lieux, les modes d'exercice, le type de formation des soignants.
Les études contrôlées concernent essentiellement les
prescriptions médicamenteuses, laissant le plus souvent dans l'ombre
le contexte psychothérapique et sociothérapique dont la
pratique a depuis longtemps confirmé l'indispensable bien-fondé
dans l'accompagnement au long cours du malade alcoolodépendant. En somme , les disparités des méthodes diagnostiques et
thérapeutiques constatées dans le sevrage physique de l'alcoolodépendant
nécessitent la mise en place d'une harmonisation et d'une rationalisation
des stratégies. Ce constat a justifié la tenue d'une conférence
de consensus le 17 mars 1999 à Paris. Durant cette conférence, le jury a répondu aux six questions
suivantes : LES QUESTIONS POSÉESQUESTION 1QUELLES SONT LES APPROCHES CONCEPTUELLES DU SEVRAGE ? QUESTION 2QUELLES SONT LES INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DU SEVRAGE ? QUESTION 3QUELLES SONT LES MODALITES DE SEVRAGE ? QUESTION 4QUESTION 5QUELLES MODALITES PRATIQUES PROPOSER EN CAS D'ASSOCIATION A D'AUTRES PATHOLOGIES ? QUESTION 6QUEL TRAITEMENT PROPOSER DEVANT UN ACCIDENT DE SEVRAGE
?
Auteurs et partenairesQUESTION 1 - QUELLES SONT LES APPROCHES CONCEPTUELLES DU SEVRAGE ?1 - LA NOTION DE SEVRAGE ET SES RAPPORTS AVEC L'ALCOOLODÉPENDANCESevrageArrêt de la consommation d'alcool, qu'il soit accidentel, à l'initiative du sujet ou qu'il s'inscrive dans une perspective thérapeutique, chez l'alcoolodépendant.
Syndrome de sevrageManifestations symptomatiques survenant dans les suites immédiates ou différées jusqu'au dixième jour suivant cet arrêt. Ces manifestations traduisent un état de manque psychique, comportemental et physique.
AlcoolodépendanceLes classifications internationales récentes ne considèrent plus les symptômes physiques de sevrage comme indispensables au diagnostic d'alcoolodépendance, qui recouvre aussi d'autres manifestations :
Sevrage et alcoolodépendanceLes sujets alcoolodépendants doivent bénéficier d'une proposition de sevrage thérapeutique.
2 - DESCRIPTION DU SYNDROME DE SEVRAGELe syndrome de sevrage associe de façon variable plusieurs types de manifestations. Dans la grande majorité des cas :
Dans les heures qui suivent, ce tableau peut se compliquer :
Le syndrome est résolutif, spontanément ou sous traitement,
en 2 à 5 jours. L'apparition plus tardive ou la persistance de
ces troubles au-delà de ce délai doit faire évoquer
d'autres addictions associées, en particulier aux benzodiazépines
(BZD).
3 - OBJECTIF D'UN SEVRAGE THÉRAPEUTIQUEL'objectif d'un sevrage thérapeutique est l'entrée dans un processus d'abstention complète et durable d'alcool.Ce sevrage s'impose chaque fois qu'il y a alcoolodépendance, qu'elle s'exprime ou non par des signes physiques. En effet, lorsqu'une dépendance est installée, le retour à une consommation modérée est considérée comme très difficile voire impossible par de nombreux experts. Pour obtenir un sevrage de bonne qualité, plusieurs conditions doivent être réunies :
4 - CRITÈRES D'ÉVALUATION DU SYNDROME DE SEVRAGE ET DE L'ALCOOLODÉPENDANCELes signes cliniques demeurent le critère essentiel de l'évaluation. RECOMMANDATIONSTout syndrome d'alcoolodépendance justifie un sevrage complet
et prolongé en l'intégrant dans un projet dont les objectifs
doivent être précisés avec le patient. QUESTION 2 - QUELLES SONT LES INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DU SEVRAGE ?Pour toute personne alcoolodépendante, le sevrage thérapeutique est recommandé. 1 - INDICATIONSLes sevrages programmésLe sevrage est une étape nécessaire, entre un avant et un après, dans un projet thérapeutique, soutenu et accompagné par une équipe pluridisciplinaire.
Les sevrages non programmés
RECOMMANDATIONSLe jury propose :
RECOMMANDATIONEtablir un premier contact avec un référent santé
en alcoologie avant la sortie du patient.
Les sevrages multiplesLes réalcoolisations ne sont pas exceptionnelles dans le parcours d'un malade alcoolodépendant. Il est utile de ne pas répondre systématiquement et immédiatement
à chaque demande mais detravailler avec le patient pour une maturation
de sa motivation.
Les spécificités du sevrage
RECOMMANDATIONSLe jury propose :
2 - CONTRE-INDICATIONSLes contre-indications absolues n'existent pas.
Elles n'empêchent pas la prise en charge et l'accompagnement du
patient dans une perspective d'un sevrage ultérieur. QUESTION 3 - QUELLES SONT LES MODALITÉS DE SEVRAGE ?Le sevrage nécessite une prise en charge médicalisée,
avec l'appui concerté de différents intervenants. Pour assurer
la qualité des soins et la sécurité du sevrage, une
formation de chacun de ces intervenants est nécessaire.
Avantages du sevrage ambulatoirePoursuite de l'activité professionnelle, maintien des relations familiales et sociales ; meilleure acceptation car n'obligeant pas à assumer socialement le statut de malade ; compatibilité avec un syndrome de sevrage modéré ; participation du patient et de son entourage.
Avantages du sevrage institutionnelSurveillance continue (personnes isolées) ; malade soustrait à
son environnement (alcool, situations à risque ou conflictuelles)
; garantie de la réalité du sevrage et de l'observance des
prescriptions ; indication formelle en cas de pathologies intriquées
ou de syndrome de sevrage sévère.
1 - LES LIEUX DE SOINSLe sevrage ambulatoire comporte des contre-indications (10 à 30 % des malades) :alcoologiques (dépendance physique sévère ; antécédents
de delirium tremens ou de crise convulsive généralisée)
; somatiques ; psychiatriques ; socio-environnementales. Lorsque le sevrage est institutionnel,les études ne montrent pas de bénéfice à
poursuivre le séjour au-delà de dix jours, sauf complications
somatiques ou psychiatriques.
RECOMMANDATIONSLe sevrage thérapeutique nécessite une prise en charge
médicalisée et pluridisciplinaire dans un travail en réseau.
2 - LA PRISE EN CHARGE PSYCHOSOCIALE AU COURS DU SEVRAGE A TROIS FONCTIONS ESSENTIELLESL'information, le soutien, le réconfort dans une ambiance calme,
ouverte et confiante jouent un rôle important dans la prévention
et le contrôle des symptômes et des accidents du sevrage.
Elle permet de diminuer les doses de médicaments. Les techniques
de relaxation et de réappropriation corporelle mériteraient
d'être évaluées.
3 - TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUXLes psychotropesLes benzodiazépines (BZD) sont aujourd'hui le traitement médicamenteux
de première intention du syndrome de sevrage alcoolique ; elles
réduisent l'incidence et la sévérité du syndrome
de sevrage, des crises comitiales et du DT. Les BZD à demi-vie
longue comme le diazépam préviennent mieux les crises comitiales,
mais présentent un risque accru d'accumulation en cas d'insuffisance
hépatocellulaire. L'oxazépam a alors un intérêt
particulier du fait d'un métabolisme non modifié. Les BZD
à demi-vie brève présentent un potentiel d'abus plus
élevé. Conduite pratique d'un sevrage avec une BZDLa voie orale doit être préférentiellement utilisée.
Autres psychotropesLe méprobamate, le tétrabamate, les barbituriques et les
neuroleptiques ont un rapport bénéfice-risque inférieur
à celui des BZD.
Les traitements associésL'hydratation : les apports hydriques doivent être suffisants mais
sans hyperhydratation. Les perfusions sont à éviter chez
le malade conscient.
RECOMMANDATIONSLa prescription médicamenteuse ne doit pas occulter l'importance
fondamentale de la prise en charge psychologique et sociale. Les BZD sont les médicaments de première intention du traitement
préventif du syndrome de sevrage.
QUESTION 4 - QUELLES MODALITÉS PROPOSER LORSQUE L'ALCOOLO-DÉPENDANCE EST ASSOCIÉE À LA DÉPENDANCE À UNE OU PLUSIEURS AUTRES SUBSTANCES PSYCHO-ACTIVES ?Engager une démarche de sevrage des polydépendances est
un travail intensif et long. La sévérité des symptômes,
la complexité des situations, la fréquence de troubles psychiatriques
sous-jacents imposent souvent une hospitalisation dans une unité
spécialisée. 1 - ALCOOL ET TABAC80 à 95 % des malades de l'alcool sont également des fumeurs.
La surmortalité engendrée par cette double dépendance
est supérieure à la surmortalité imputée séparément
au tabac ou à l'alcool.
Aucune étude n'est en faveur d'une évolution défavorable
de l'alcoolisation après arrêt du tabac.
RECOMMANDATIONSLe jury souligne la nécessité de :
Le jury souligne l'importance de la motivation, et recommande de susciter
ou renforcer chez le patient la confiance en soi et en ses capacités
à réussir un double sevrage.
2 - ALCOOL ET BENZODIAZÉPINESLa consommation concomitante d'alcool et de BZD est susceptible d'engendrer
de graves troubles du comportement.
RECOMMANDATIONSLe jury recommande de ne pas prescrire de BZD chez un alcoolodépendant
non sevré. 3 - ALCOOL ET OPIACÉSChez le sujet en traitement de substitution, le sevrage alcoolique est
possible mais le risque d'induire une dépression respiratoire par
l'association méthadone ou buprénorphine et BZD impose une
extrême vigilance.
RECOMMANDATIONSLe sevrage simultané de l'alcool et de l'héroïne impose
une hospitalisation. 4 - ALCOOL ET COCAÏNECette addiction simultanée est considérée comme
fréquente. Il n'existe pas de traitement codifié pour le
sevrage. L'utilisation de BZD n'a pas apporté la démonstration
de sa pertinence.
RECOMMANDATIONSNécessité de mener des études sur les complications
psychopathologiques de cette association. QUESTION 5 -QUELLES MODALITÉS PRATIQUES PROPOSER EN CAS D'ASSOCIATION À D'AUTRES PATHOLOGIES ?1 - PATHOLOGIES PSYCHIATRIQUESAnxiétéTrois causes sont possibles : liée au sevrage, induite par la
dépendance, ou plus rarement pathologie psychiatrique (phobie,
trouble panique, anxiété généralisée).
RECOMMANDATIONSLe traitement de l'anxiété de sevrage impose la surveillance
régulière du patient et la prescription éventuelle
d'un anxiolytique adaptée à la sévérité
des troubles. Le niveau de preuve d'efficacité est plus élevé
pour les BZD que pour les carbamates. En ambulatoire, les prescriptions
seront établies pour une semaine au maximum. DépressionDes symptômes dépressifs existent fréquemment lors
du sevrage ; la plupart régressent en 2 à 4 semaines. Cependant,
dans 10 à 15 % des cas, le tableau est plus sévère,
pouvant inclure des caractéristiques mélancoliques.
RECOMMANDATIONSUn délai d'au moins 2 à 4 semaines de sevrage est conseillé
avant d'introduire un traitement anti-dépresseur.
Alcoolodépendance et troubles psychotiquesToutes les psychoses peuvent être associées à une
alcoolodépendance ou à des conduites d'abus d'alcool.
RECOMMANDATIONSL'association d'une psychose et d'une alcoolodépendance impose
une prise en charge intégrée des deux troubles. Troubles de la personnalitéCertains troubles de la personnalité préexistants peuvent
compliquer la prise en charge notamment au niveau social.
RECOMMANDATIONSDes études sont nécessaires pour mieux préciser
leur nature et améliorer leur prise en charge . 2 - PATHOLOGIES SOMATIQUESPathologies hépatiques d'origine alcoolique ou d'origine viraleLe sevrage a un effet favorable sur ces pathologies, qu'elles soient d'origine alcoolique, ou d'origine virale B ou C.
Pancréatite chronique alcooliqueElle justifie un sevrage.
Désordres nutritionnels et neuropathies
Complications cardiovasculairesLe sevrage peut améliorer la cardiomyopathie alcoolique et diminuer
le risque de troubles du rythme. Interactions médicamenteusesLe sevrage favorise l'accumulation des médicaments et incite à
en adapter les doses. Pathologie chirurgicale intercurrente et sevrage accidentelLa non connaissance de l'alcoolodépendance peut entraîner une sévérité accrue du syndrome de sevrage et des infections post-opératoires éventuelles.
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Les accidents de sevrage sont représentés par les crises comitiales et le delirium tremens (DT). Le terme de pré-DT, source de confusion, doit être abandonné, au profit d'un repérage des degrés de gravité du syndrome de sevrage.
Ces accidents surviennent lors d'un sevrage imposé ou résultent
d'une erreur dans la conduite d'un sevrage programmé.
Ils justifient dans tous les cas, suivant le degré de gravité,
une hospitalisation en unité de soins intensifs ou en unité
médicale conventionnelle.
Un projet d'accompagnement médical de sevrage est proposé
à l'issue de cette hospitalisation.
Le traitement psychotroperepose sur l'utilisation par voie intra-veineuse
de BZD. Le diazépam et le flunitrazépam ont été
validés dans cette indication. La préférence est
donnée au diazépam à dose de charge (10 mg / heure).
Le midazolam intra-veineux est aussi largement utilisé en pratique,
bien que non validé.
Le risque de dépression respiratoire impose l'hospitalisation dans
une structure disposant de moyens de réanimation et de l'antidote
(flumazénil).
Les autres psychotropes, tiapride, phénothiazine, méprobamate,
clométhiazole, barbituriques, ne peuvent être recommandés
dans cette indication. L'halopéridol est utilisé en association
aux BZD en cas de syndrome hallucinatoire persistant.
La rééquilibration hydroélectrolytique est indispensable, sous couvert d'un bilan paraclinique initial et renouvelé. Les apports hydriques (par voie parentérale) visent à corriger la déshydratation sans excès et relancer la diurèse. L'adjonction de 500 mg/j de thiamine est indiquée en cas d'apport glucosé.
La clonidine peut avoir un intérêt dans le traitement
d'une poussée hypertensive majeure.
Le traitement étiologique doit être dans tous les
cas appliqué conjointement.
Les convulsions indépendantes du sevrage font l’objet d’un traitement
spécifique.Une crise convulsive unique de sevrage ne justifie pas
un traitement anticomitial. Lorsque les crises se reproduisent, un traitement
par voie intra-veineuse par diazépam ou clonazépam est justifié
dans la mesure où l’on dispose de moyens de réanimation
respiratoire. Dans le cas contraire une surveillance attentive est de
mise jusqu’à l’arrivée des moyens médicalisés
de transport. La reprise de conscience autorise l’administration d’une
BZD per os, la voie intra-musculaire étant déconseillée.
la plupart des études rapportées dans la littérature
ne permettent pas d’étayer formellement les attitudes thérapeutiques.
Ainsi, s’il existe un consensus fort sur la nécessité d’intégrer
le sevrage du patient alcoolodépendant dans un projet de soins
au long cours incluant l’entrée dans un processus d’abstention
complète et durable d’alcool, celui-ci se fonde essentiellement
sur l’expérience des professionnels. Si l’efficacité relative
des différentes chimiothérapies, du traitement des complications
majeures du sevrage et des co-morbidités sont assez bien documentées,
les conditions du processus d’élaboration de la relation thérapeutique
et d’un projet de soins multidisciplinaire ne sont pas scientifiquement
étudiées. L’impact d’un sevrage programmé sur l’avenir
du sujet alcoolodépendant est mal connu. C’est dire la nécessité
d’entreprendre une série d’études randomisées dont
la méthodologie prendrait en compte l’ensemble des facteurs, bio-psycho-sociaux.
Le jury souligne la nécessité :
| Le texte intégral est disponible sur demande
écrite auprès de : Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé Service Communication et Diffusion 159, rue Nationale – 75640 PARIS cedex 13 |
Alcoologie, 1999, tome 21, suppl au n°2
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