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Conférences de Consensus © SNFGE,
1999 |
Jeudi 16 et vendredi 17 janvier 1997 - Cité des Sciences et de l'IndustrieINTRODUCTIONQUESTION 1Faut-il dépister l'hépatite C ? QUESTION 2QUESTION 3QUESTION 4QUESTION 5Quelles sont les préautions à prendre en cas d'hépatite C ?
Auteurs et partenaires
INTRODUCTIONLe virus de l'hépatite C (VHC) a été identifié
à la fin des années 1980 comme l'agent responsable de la
plupart des hépatites non-A non-B. Le VHC est un virus enveloppé à ARN qui fait partie du
groupe des Flaviviridae. Il n'existe pas actuellement de système
efficace de culture du virus, ce qui constitue un handicap pour l'évaluation
des méthodes diagnostiques et des agents thérapeutiques.
Le tropisme du virus ne se limite pas à l'hépatocyte et
des séquences d'ARN viral ont été détectées
notamment dans les cellules mononucléées du sang périphérique. L'infection à VHC est caractérisée par un risque
élevé de passage à la chronicité et la multiplication
virale persiste tout au long de l'évolution de la maladie. L'hépatite
aiguë est constante au cours de l'infection par le VHC. Dans environ
20% des cas, cette hépatite évolue spontanément vers
la guérison et dans environ 80% des cas vers la chronicité.
La probabilité de développer une cirrhose est estimée
à 20% après un délai moyen d'une quinzaine d'années.
Une fois la cirrhose constituée, le patient est exposé aux
risques de défaillance hépatique et/ou de survenue d'un
carcinome hépatocellulaire dont l'incidence annuelle est de l'ordre
de 3 à 5%. L'infection à VHC peut être également
à l'origine de manifestations extra-hépatiques variées
dont certaines peuvent être améliorées par le traitement
antiviral. La vitesse de progression de l'hépatite vers la cirrhose
est modifiée par différents facteurs, notamment l'âge
au moment de la contamination, le sexe et la consommation d'alcool. Des
facteurs génétiques liés au système HLA et
le génotype du virus lui-même pourraient également
intervenir. La variabilité importante du virus, expliquant son
échappement à la réponse immune, rend également
difficile l'obtention d'un vaccin efficace.
La mise en oeuvre d'une sélection stricte des donneurs de sang,
associée au développement de tests sérologiques fiables,
a permis une réduction considérable du risque transfusionnel
et une baisse de l'incidence de l'infection. Actuellement, la toxicomanie
devient le principal facteur de risque en France. Les autres facteurs
sont moins bien documentés, mais la transmission nosocomiale a
joué, sans doute, un rôle non négligeable. Parmi les
500 000 à 600 000 sujets infectés en France, on estime à
80% la proportion de ceux qui sont virémiques. Seulement un quart
des sujets contaminés semblent connaître leur statut à
l'égard du VHC. L'ampleur de la population infectée (même si l'incidence
est devenue plus faible) et le risque d'évolution grave en 10 à
30 ans font de l'infection à VHC un enjeu important de santé
publique. Des actions visant à sensibiliser le personnel de santé
à l'égard de l'hépatite C et à encourager
le dépistage et la prise en charge des malades au sein de réseaux
spécifiques ont été lancées dans notre pays
par les pouvoirs publics. Parallèlement, de très nombreux
essais thérapeutiques utilisant des molécules antivirales,
éventuellement en association avec d'autres agents thérapeutiques,
ont été et continuent d'être menés. Certains
de ces essais, dont le promoteur a été le plus souvent l'industrie
pharmaceutique ont abouti à l'autorisation de mise sur le marché
de l'interféron-alpha pour le traitement de l'hépatite chronique
à VHC. La complexité des aspects épidémiologiques,
le caractère récent des connaissances sur le VHC, les implications
sociales et économiques majeures de la prise en charge des patients,
la gravité possible de l'évolution à long terme de
la maladie et les incertitudes concernant les résultats des thérapeutiques
disponibles ont justifié la tenue d'une Conférence de Consensus
les 16 et 17 janvier 1997 à Paris. Durant cette Conférence,
le jury a eu à répondre aux cinq questions suivantes :
Les conclusions et recommandations issues de cette Conférence
ont été établies à partir des données
paraissant les plus solidement acquises, mais sans méconnaître
les nombreuses lacunes ou même discordances de la littérature
scientifique sur ce sujet en pleine évolution. De ce fait, elles
devront être réévaluées à moyen terme
de façon à tenir compte de l'évolution des connaissances.
Dans l'immédiat, ce texte a pour objectif de fournir aux professionnels
de santé et plus particulièrement aux médecins généralistes
une synthèse des faits établis et des recommandations pratiques
qui en découlent. QUESTION 1Faut-il dépister l'hépatite C ?La fréquence et la gravité potentielle de l'hépatite
C ainsi que l'existence d'un test fiable d'identification permettent d'envisager
le dépistage de cette infection. Qui dépister ?Un dépistage de masse appliqué à l'ensemble de la
population ne peut être recommandé pour trois raisons principales
: (1) l'incertitude persistante concernant les bénéfices
thérapeutiques attendus; (2) un coût direct et indirect prohibitif;
(3) la forte concentration de l'infection dans des groupes à risque
bien identifiés, qui suggère qu'un dépistage ciblé
aurait un bien meilleur rapport coût/efficacité. Pour ces
raisons, un dépistage ciblé doit être préféré
à un dépistage de masse.
Quels outils utiliser pour le dépistage ?Le test de dépistage recommandé est la recherche d'anticorps
anti-VHC sériques par un seul test ELISA de troisième génération. QUESTION 2Faut-il traiter ?Le traitement de l'hépatite C a pour but d'améliorer son
histoire naturelle qui est dominée par le risque de cirrhose et
de carcinome hépatocellulaire. La discussion thérapeutique
concerne dans la très grande majorité des cas des sujets
asymptomatiques. Le rapport bénéfice / effets secondaires
du traitement doit donc être acceptable.
QUESTION 3Comment traiter ?Le seul traitement disponible en France dont l'efficacité est
démontrée par des essais contrôlés est l'interféron-alpha.
Le traitement de référence actuellement préconisé
comporte l'administration de 3 millions d'unités (MU), 3 fois par
semaine, pendant 12 mois car c'est celui qui procure le meilleur rapport
efficacité/tolérance. Le bénéfice apporté
par le traitement est difficile à évaluer de façon
précise compte tenu de la diversité des critères
de jugement appliqués dans les essais thérapeutiques. a) La réponse prolongée, caractérisée par
une normalisation des ALAT persistant au moins 6 mois après l'arrêt
du traitement, généralement associée à une
disparition de l'ARN viral sérique. Cette réponse prolongée
s'accompagne d'une diminution de l'activité histologique qui réduit
probablement le risque d'évolution vers la cirrhose. Le taux de
réponse prolongée est très variable d'une série
à l'autre, entre 10 et 45 %. Cela pourrait traduire l'hétérogénéité
des populations traitées. b) L'absence de réponse, caractérisée par l'absence
de normalisation des ALAT pendant le traitement et la persistance de l'ARN
viral sérique. Chez ces malades il n'a pas été montré
d'amélioration histologique importante à distance de l'arrêt
du traitement. En l'absence de normalisation des ALAT après trois
mois de traitement, les chances de réponse ultérieure sont
pratiquement nulles et le traitement peut être arrêté
à ce stade. Il n'y a pas de preuve que l'augmentation des doses
d'interféron-alpha ou l'association à un autre agent antiviral
soient plus efficaces que le traitement standard dans le groupe des patients
non répondeurs. c) La rechute, caractérisée par une normalisation des
ALAT pendant le traitement, suivie d'une réascension dans les 6
mois suivant l'arrêt de celui-ci. Cette éventualité
survient chez près de la moitié des malades ayant eu une
bonne réponse initiale. Chez les malades " rechuteurs "
après un traitement initial de 6 mois, l'efficacité d'un
nouveau traitement de 12 mois par l'interféron-alpha a été
démontrée. Cette démonstration n'a pas été
apportée pour le retraitement par l'interféron-alpha des
rechutes observées après le traitement actuel de référence
de 12 mois. QUESTION 4Comment surveiller ?1) Hépatite C non traitéeCette surveillance s'adresse aux patients pour lesquels l'indication
de traitement n'a pas été retenue et à ceux qui ont
refusé le traitement proposé.
2) Hépatite C traitéeLa surveillance du patient traité par l'interféron-alpha
est à la fois clinique et biologique. Elle évalue l'efficacité
thérapeutique et recherche les effets secondaires liés au
traitement. QUESTION 5Quelles sont les précautions à prendre en cas d'hépatite C ?1) Dans la prise en charge médicale
2) Dans l'entourage d'une personne infectée
L'infection par le VHC ne modifie pas le déroulement de la grossesse
et de l'accouchement. Le risque de transmission du virus de la mère
à l'enfant est très faible en dehors d'une virémie
élevée et/ou d'une co-infection avec le VIH. La recherche
de l'infection par le VHC chez l'enfant comprend une PCR à 6 mois
et une sérologie à un an. 3) Pour la personne infectée par le VHC
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