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Livre Blanc de l'Hépato-Gastroentérologie © SNFGE,
2001 |
Date de publication : mars 2001 |
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Les cancers digestifs et les cancers du foie représentent un important problème de santé publique par leur fréquence et leur gravité. Les données épidémiologiques commencent à être bien connues en France grâce aux registres des cancers. Le nombre annuel de nouveaux cas est estimé à 55 000 (25 % des cancers) et le nombre de décès à 40 000 (30 % des décès par cancer). Incidence des cancers digestifs et des cancers du foieL'étude présentée dans le tableau 5, a été réalisée par le Réseau des registres de cancers (FRANCIM) avec la Direction générale de la Santé et permet de comparer l'incidence des cancers dans 9 départements pour la période 1988-1992. Ainsi, il existe de fortes disparités entre les départements français pour le cancer de l'œsophage et le cancer du foie. Elles sont moins importantes pour les autres localisations, en particulier pour le cancer colorectal. D'une manière générale, les cancers digestifs et les cancers du foie sont plus fréquents dans la moitié nord que dans la moitié sud. Le Bas-Rhin se situe au 1er rang pour 6 localisations (grêle, côlon, rectum, foie, pancréas, voies biliaires). Il existe une prédominance masculine sauf pour le cancer de la vésicule biliaire. Elle est particulièrement marquée pour le cancer de l'œsophage (sex ratio 10), du foie (sex ratio entre 4 et 7) et de l'estomac (sex ratio entre 2 et 3). Le cancer colorectal se situe au 1er rang des cancers en France avec le cancer du sein, avec 33 500 nouveaux cas par an en France. Les registres de cancers ont également réalisé une estimation de l'incidence nationale des cancers en 1975, 1985 et 1995 dont les résultats sont présentés dans le tableau 6 : L'incidence a donc augmenté nettement pour le cancer colorectal (+ 34 %) et de manière modérée pour le cancer du pancréas (+ 9 %) alors que l'incidence du cancer de l'estomac a diminué de 25 % et celui de l'œsophage de 19 %. L'incidence du cancer primitif du foie est aussi en augmentation du fait de la meilleure prise en charge des patients cirrhotiques et de l'augmentation d'incidence des cirrhoses dues au virus C. En utilisant la même méthodologie, les données des registres ont permis d'estimer l'incidence des cancers digestifs dans les vingt régions françaises. Le Nord est la région à risque le plus élevé de cancers de l'œsophage, précédant la Bretagne, la Normandie et la Picardie. La Bretagne et la Normandie sont aussi les régions qui ont le plus fort risque
En 2020, le nombre des cancers digestifs et du foie augmentera principalement du fait de la démographie, donc du vieillissement de la population en France et, pour le cancer primitif du foie, des conséquences de l'infection par le virus de l'hépatite C. Les estimations sont indiquées dans le tableau 7. Dans les tous les cas de cancers digestifs et du foie, la différence d'incidence entre 2000 et 2020 apparaît dès les tranches d'âge 55-64 ans et après 65 ans. Prévalence des cancers digestifs et des cancers du foieOn peut estimer qu'en France, environ 200 000 personnes sont ou ont été atteintes d'un cancer colorectal, dont environ 50 000 au cours de ces cinq dernières années. Les cancers colorectaux sont pris en charge, plus ou moins activement, par le système de santé (surveillance pour détecter une reprise évolutive, traitement d'une reprise évolutive).
Facteurs favorisants et facteurs protecteurs des cancers digestifs et des cancers du foieLes causes des cancers digestifs ne sont encore que partiellement connues. Le rôle protecteur des légumes et/ou des fruits est bien établi pour toutes les localisations de cancers digestifs, sans que les mécanismes soient connus. Les plus gros consommateurs ont un risque de cancer digestif qui est la moitié de celui des faibles consommateurs. L'alcool et le tabac sont les facteurs de risque principaux du cancer de l'œsophage. Ils jouent un rôle important dans la survenue du cancer du foie ou dans l'apparition et l'augmentation de taille des adénomes colorectaux, modeste dans l'étiologie du cancer de l'estomac. Le tabac est le facteur de risque le mieux connu du cancer du pancréas. Parmi les autres facteurs importants, il faut citer le rôle favorisant de l'excès calorique et de la sédentarité pour le cancer colorectal, le rôle favorisant du sel et d'Helicobacter pylori dans le cancer de l'estomac, des infections virales B et C dans le cancer du foie. Le calcium diminue de 20 à 30 % le risque de récidive des adénomes colorectaux mais n'a pas d'effet sur leur augmentation de taille. Les fibres ne diminuent pas le risque de récidive des adénomes. Les vitamines anti-oxydantes n'ont pas d'effet sur l'apparition, l'augmentation de taille et sur la transformation maligne des adénomes. Les polymorphismes de gènes codant pour des enzymes impliqués dans le métabolisme des aliments, de l'alcool ou du tabac, pourraient moduler le rôle des facteurs alimentaires dans la cancérogenèse. La recherche des interactions gènes-aliments représente une voie de recherche prometteuse. Mais les données disponibles permettent d'ores et déjà de faire des recommandations visant à corriger les déséquilibres nutritionnels qui se sont progressivement développés dans les pays occidentaux depuis le début du siècle. Stade du diagnostic des cancers digestifs et du foie en FranceLes données des registres des cancers digestifs et des cancers du foie permettent de connaître le stade de diagnostic et les pratiques de soins, présentés dans le tableau 8. Une estimation de la survie des cancers en France a été faite grâce à l'enquête EUROCARE. Les taux de survie relative à 5 ans (corrigés pour l'espérance de vie) sont de 52 % pour le cancer du côlon, 48 % pour le cancer du rectum, 7 % pour celui de l'œsophage, 5 % pour le cancer du foie et de 8 % pour le cancer du pancréas. La France se situe parmi les pays ayant les meilleurs taux de survie avec la Hollande, la Suisse, la Finlande et la Suède, ce qui témoigne de la qualité du système de santé.
Coût des cancers digestifs et des cancers du foieIls se distinguent en : Coût des soins :A partir des données du PMSI 1996 (qui ne comprenaient pas à l'époque
les soins en secteur privé et dont on estime l'activité en matière
de cancer à 1/3 du total), le coût total du traitement
des cancers (tous cancers confondus) peut être évalué à 43 milliards
de francs, soit 15 % de la dépense hospitalière ; à
ces coûts, il faut ajouter ceux liés à la médecine et aux soins de ville,
à l'hospitalisation à domicile, aux transports sanitaires,
aux soins palliatifs en long séjour... conduisant à un coût
du traitement des cancers pour l'assurance maladie supérieur
à 50 milliards de francs. Dans cet ensemble, la part des cancers digestifs
doit être de l'ordre de 15 à 20 milliards de Coût de la prévention et du dépistage :Il est difficile à estimer car les actions générales
de prévention (contre la consommation de tabac, d'alcool...)
visent de nombreuses maladies. En 1998, le Fonds national de prévention,
d'éducation et d'information sanitaire (FNPEIS) a consacré
50 millions de francs à la lutte contre le tabagisme, 18
à la lutte contre l'alcoolisme et 7 à des actions
de terrain. La Direction générale de la Santé
a consacré 1,1 million de francs et la Ligue nationale contre
le cancer 29 millions de francs. |
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