Société Nationale Française de Gastro-Entérologie

Chapitre III - Acteurs médicaux et activités de soins

3.1.1.c Analyse de la clientèle

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Date de publication : mars 2001

• Le SNIR clientèle (honoraires, nombre de patients vus par un gastroentérologue)

C'est un module particulier de recueil de l'information issue des feuilles de soins, qui permet d'avoir des données sur les malades suivis par le praticien (jusqu'à présent, on comptait des consultations, mais un malade a souvent plusieurs consultations dans l'année).


– La clientèle estimée d'un hépato-gastroentérologue par cette source est en moyenne de 1 207 malades par an (1 242 en secteur 1, 1 148 en secteur 2 + secteur 1 avec DP), contre 1 422 pour un omnipraticien et 2 015 pour l'ensemble des spécialistes. Mais les chiffres sont assez disparates, allant de 286 seulement pour un psychiatre à 4 832 pour un radiologue, ce qui reflètent les spécificités d'exercice.


– Honoraires : chaque malade a assumé un paiement par an de 800 francs en moyenne hors dépassements et 852 francs au total, pour sa prise en charge par un hépato-gastroentérologue (809 francs en secteur 1 929 francs en secteur 2 + secteur 1 avec DP), soit l'un des chiffres les plus élevés. Les honoraires totaux par malade s'élèvent à 455 francs pour un omnipraticien, 565 francs pour l'ensemble des spécialistes. Mais, là encore, la spécificité de

l'hépato-gastroentérologue est mise en évidence : la réalisation d'une endoscopie haute et/ou d'une coloscopie explique le niveau des honoraires, mais permet souvent de régler le problème diagnostique en une seule séance.


Et d'ailleurs, le nombre d'actes annuel par malade est en moyenne de 2,16 pour l'hépato-gastroentérologue (avec très peu de différence entre secteur 1 et secteur 2), contre 3,67 pour l'omnipraticien et 2,23 pour l'ensemble des spécialistes.

En résumé

– L'hépato-gastroentérologue, chaque année :

. voit en moyenne 1 207 malades ;

. pour 2,2 actes pour chacun de ces malades ;

. pour un montant d'honoraires moyen de 395 francs par acte, soit 852 francs par malade au total (les dépassements comptant dans le total des honoraires pour 6,3 % seulement) ;

. pour une moyenne d'honoraires totaux de 1 030 000 francs, desquels il faut déduire 50 % de charges ; cela se traduit par un bénéfice non commercial (avant impôt) de 521 000 francs.


– Les différences entre secteurs 1 et 2 sont modestes.


– Par rapport à ses confrères, l'hépato-gastroentérologue se distingue par :

. une plus faible patientèle, . un plus faible volume d'actes ; mais chaque acte est en moyenne mieux rémunéré, du fait de l'importance et de la nature des actes en K réalisés,

. une part de dépassement très modérée et un attrait tout aussi modéré pour le secteur 2.



• Place des maladies de l'appareil digestif et du foie en médecine libérale

Elle est correctement évaluée par l'analyse des motifs de recours des malades.

Une première source est le CREDES et IMS France qui étudient de façon permanente la prescription médicale avec données en cumul annuel.


– Pour les malades âgés de 15 à 64 ans, 6,7 millions de motifs de consultations chez les femmes concernaient les maladies de l'appareil digestif et du foie (hors tumeurs), (soit 5,4 % des séances de médecins) et 4,7 millions chez les hommes, (soit 6,6 % des séances de médecins). La pathologie digestive et du foie n'arrive qu'en douzième position des motifs de consultations.


– Pour les patients âgés de 65 ans et plus, 6,2 millions de motifs de consultations chez les femmes concernaient les maladies de l'appareil digestif et du foie (hors tumeurs) (soit 13,4 % des séances de médecins), et 3,3 chez les hommes (soit 12,2 % des séances de médecins). La pathologie digestive et du foie se situe au 7e rang des motifs de recours.

Les motifs de consultation pour affection digestive et du foie (hors tumeurs) augmentent ainsi avec l'âge des patients, particulièrement chez les femmes. L'espérance de vie de la population française augmentant, ce phénomène ne pourra que s'accentuer dans un futur proche.


• Place des maladies digestives et du foie en médecine générale

En médecine générale, l'interrogation de la base de données BKL THALES* sur l'année 1999 indique que :


– 11,9 % des consultations de médecine générale sont en rapport, pour tout ou partie de la venue, avec une affection digestive ou du foie ;

* Base de données constituée par l'ensemble des dossiers médicaux anonymes de 1 000 médecins généralistes participant au réseau.

– 19,8 % des patients vus en médecine générale au cours de l'année sont atteints d'au moins une affection digestive ou du foie.


Chez les sujets de plus de 18 ans, ces chiffres augmentent légèrement : ils atteignent 12,7 % pour le nombre de consultations et 20,6 % pour le nombre de patients.


Les maladies de l'appareil digestif et du foie ne représentent pas le premier motif de venue en médecine générale. Les premiers diagnostics justifiant le recours sont l'hypertension artérielle, les infections ORL et les troubles anxieux et dépressifs. Cette situation contraste avec la description de l'activité hospitalière où les affections digestives (toujours hors tumeurs) représentent le premier motif d'hospitalisation, avec 12,2 % des séjours (chiffre DREES 1998).


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