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Mise à jour le : 28/12/2006 12. Tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST)
Les GIST sont des tumeurs mésenchymateuses se développant dans la majorité des cas aux dépens de l’estomac et du grêle, plus rarement du rectum, du côlon, de l’oesophage ou du mésentère. Dérivant des cellules de Cajal ou d’un de leur précurseur, et de phénotype typiquement CD117/KIT+ (98%) CD34+ (70%), elles sont caractérisées par la fréquente expression des protéines KIT (80%), ou PDGFRA (5%) mutées activées de manière mutuellement exclusive. Un de ces récepteurs trans-membranaire est spontanément activé après mutation somatique des gènes KIT ou PDGFR dans plus de 85% des cas. Mise à jour le : 28/12/2006 12.1. Bilan préthérapeutique12.1.1. Bilan d'extension
Références Alternatives
12.1.2. Biopsies [1,2,8]Les biopsies endoscopiques sont généralement négatives. Il n'existe pas, contrairement aux autres sarcomes, de consensus sur la nécessité ou non d'un diagnostic pré-opératoire par ponction-biopsie (par voie écho-endoscopique, percutanée ou opératoire) en cas de tumeur résécable. Pour certains, un tel geste comporte un risque hémorragique et potentiellement de dissémination péritonéale lorsqu'elle est faite par voie percutanée ou coelioscopique. Cependant une chirurgie d'emblée peut constituer un geste chirurgical inadéquat pour certains autres types tumoraux (lymphomes, angiosarcomes.) Références Si la tumeur paraît résécable et le patient est opérable, une ponction biopsie pré-opératoire doit être discutée en colloque multidisciplinaire. Elle n'est pas nécessaire en cas de forte suspicion de GIST (avis d'experts). Elle est recommandée si le choix du traitement repose sur un diagnostic histologique certain, notamment quand un traitement médical de première intention est discuté (accord d'experts) :
Quelle voie de ponction ? Si la lésion n'est pas résécable du fait d'un envahissement loco-régional ou de métastases à distance, une biopsie de la lésion la plus facilement accessible est réalisée : biopsie hépatique à l'aiguille fine sous contrôle radiologique (échographie ou scanographie) en cas de métastase hépatique, ou biopsie de la tumeur primitive sous contrôle écho-endoscopique ou radiologique. La ponction sous échoendoscopie quand elle est possible peut être privilégiée par rapport à la voie transpariétale dans les GIST non métastatiques (accors d'experts). 12.1.3. Syndromes familiaux
On recommande dans ces cas une consultation d'oncogénétique après information et accord du patient (accord d'experts). 12.1.4. Bilan d'opérabilitéOrienté par les antécédents, l'examen clinique et la consultation d'anesthésie Mise à jour le : 26/12/2006 12.2. Analyse histologique [1,2,3,4,8,15,16,17]Le diagnostic de GIST est effectué sur un examen histologique standard, avec relecture par un expert dans les cas délicats. L'immuno-histochimie est nécessaire au diagnostic (accord d'experts). Le marqueur indispensable est KIT (CD117/KIT), avec une positivité de 95% des GIST. L'expression de KIT n'est pas spécifique des GIST, d'autres tumeurs digestives peuvent êtres positives. D'autres marqueurs sont recommandés pour étayer le diagnostic en cas de négativité (CD34, desmine, h-caldesmone, protéine S100) (accord d'experts).
Pour affirmer formellement un diagnostic de GIST négatif pour l'expression de CD117, il est recommandé de rechercher une mutation des gènes KIT et PDGFRA (accord d'experts). En dehors des GIST KIT négatives, la recherche de mutations des gènes KIT et PDGFRA par une technique de biologie moléculaire reste actuellement une procédure de recherche dans le cadre d'études (comme par exemple l'étude d'épidémiologie moléculaire des GIST en France coordonnée par le Pr JF Emile ; www.gist-france.org) ou d'essais thérapeutiques. Cependant, la topographie des mutations est très fortement corrélée à l'efficacité des inhibiteurs de tyrosine kinase, et dans un futur proche on peut escompter délivrer un traitement adapté au génotype de la tumeur.
D'autres tumeurs, conjonctives, mélanocytaires ou endocrines, peuvent simuler une GIST. Les tumeurs les plus fréquemment confondues avec une GIST sont les tumeurs musculaires lisses et les fibromatoses. Mise à jour le : 28/12/2006 12.3. Surveillance12.3.1. Après résection à visée curativeLes GIST sont des tumeurs ayant probablement toutes un certain potentiel de malignité [4]. Pour les tumeurs localisées, une classification histo-pronostique fondée sur la taille de la tumeur et l'index mitotique, a été établie lors d'un consensus antérieur, même si elle n'a pas été validée prospectivement (tableau) [4]. Le nombre de mitoses est évalué sur 50 champs à objectif 40. D'autres paramètres topographiques, histologiques, immuno-histochimiques et moléculaires sont en cours d'évaluation.
CFG : champs à fort grossissement Si la majorité des récidives surviennent dans les 5 ans (en particulier les deux premières années), des récidives très tardives sont possibles [2,18,19]. Il n'existe pas de données dans la littérature permettant d'affirmer qu'un protocole précis de surveillance apporte un bénéfice en terme de pronostic. Les protocoles de surveillance proposés correspondent à des avis d'experts, les modalités optimales de suivi restant à définir. Références Examen clinique et Scanner spiralé abdomino-pelvien (accord d'experts) Alternative
12.3.2. Critères d’évaluation par imagerie et surveillance au cours d’un traitement par imatinib [1,5,6,7,8,20]La tomodensitométrie avec injection de produit de contraste est actuellement l'imagerie la plus communément utilisée dans l'évaluation de la réponse (accord d'experts). Il a été cependant montré que les critères OMS et RECIST de réponse tumorale ne sont pas clairement adaptés à l'évaluation de la réponse tumorale dans les GIST traitées par imatinib. En cas de réponse, la masse devient hypodense et la partie prenant le contraste ainsi que la vascularisation tumorale diminuent en quelques semaines. Ces modifications ne sont pas toujours associées à une diminution de taille de la tumeur (qui peut même dans certains cas augmenter initialement). La mesure de la densité tumorale, en unités Hounsfield, est nécessaire. La diminution de la vascularisation tumorale évaluée par exemple par scanner dynamique ou Doppler avec produit de contraste, traduit aussi l'efficacité du traitement (accord d'experts). Une augmentation de taille pouvant traduire l'efficacité du traitement, une revue de l'imagerie dans un pôle régional de cancérologie doit être envisagé avant l'arrêt de ce traitement.
La progression tumorale en cas de maladie métastatique traitée par imatinib peut être localisée (par exemple porter sur 1 ou 2 métastases, apparition d'un " nodule dans la masse " nécrotique), soit être diffuse.
La TEP au FDG a montré une sensibilité élevée dans la détection de la réponse tumorale précoce. La TEP est toutefois coûteuse et d'accessibilité limitée.
L'écho-Doppler avec injection de produit de contraste pourrait permettre comme la TEP une évaluation précoce de la réponse par évaluation de la perfusion intratumorale des métastases hépatiques.
L'amélioration symptomatique, les réponses tomodensitométrique (taille et densité), TEP (SUV max ou évaluation visuelle) et écho-Doppler (dB), sont toutes prédictives du contrôle tumoral par l'imatinib [8].
Alternatives :
Mise à jour le : 28/12/2006 12.4. Traitement12.4.1. Traitement chirurgical [1,8,21]
La résection chirurgicale complète en mono-bloc de la tumeur (résection R0) est le seul traitement potentiellement curatif des tumeurs stromales digestives. Il est essentiel d'éviter une perforation per-opératoire qui entraîne une dissémination péritonéale et une survie similaire à celle des patients ayant eu une exérèse incomplète dans certaines études. Ces lésions souvent nécrotiques, sont fragiles et doivent donc être manipulées avec la plus grande précaution [21]. Il n'existe pas de consensus sur les marges optimales de résection. Les énucléations " simples " sont grevées d'un risque de récidive significativement plus élevé que les résections segmentaires [22].Une marge de 1 à 2 cm est généralement considérée comme suffisante mais ce point sera peut être remis en question dans le futur. 2- Tumeurs non métastatiques a- Tumeurs localisées Le geste chirurgical dépend du siège de la tumeur. Pour une tumeur gastrique, de siège antral ou fundique, une gastrectomie atypique (wedge resection) ou segmentaire est indiquée avec une marge de sécurité. La résection sous coelioscopie est une option possible qui reste à valider si on ne prend pas le risque d'une effraction tumorale. Elle doit être réservée aux petites tumeurs dont la séreuse n'est pas envahie. Les tumeurs de siège péricardial ou pré-pylorique imposent une gastrectomie réglée. En cas de volumineuse tumeur, une gastrectomie totale peut être imposée par des contraintes anatomiques. Pour les tumeurs du grêle, une résection segmentaire de grêle est indiquée. Pour les tumeurs du rectum et du côlon, une chirurgie réglée est nécessaire. Pour les tumeurs oesophagiennes, contrairement aux léiomyomes, l'exérèse des GIST par énucléation sous thoracoscopie n'est pas le standard. Une oesophagectomie doit être discutée. b- Tumeurs localement avancées 3- Tumeurs métastatiques Les métastases sont principalement intra-abdominales, péritonéales et hépatiques. 12.4.2. Chimiothérapie, radiothérapie. [5,9]Traitements des formes avancées ou métastatiques 12.4.3. Imatinib (Glivec ®) [1,2,8,10,11,12,13,14]L'efficacité de l'imatinib (molécule inhibitrice de tyrosine-kinases dont KIT et PDGFRA) dans les tumeurs stromales localement avancées ou métastatiques est maintenant bien établie (niveau de la recommandation: grade A). En revanche, son bénéfice en traitement adjuvant ou néo-adjuvant à la chirurgie est en cours d'évaluation. Les modalités optimales d'administrations ne sont pas définitivement établies, et les pratiques sont susceptibles d'évoluer rapidement (dose optimale, durée du traitement, etc.). La dose recommandée est actuellement de un comprimé à 400 mg/j en une prise au milieu d'un repas. Les patients ayant une mutation de KIT sur l'exon 9 ont une survie sans progression augmentée en cas de traitement par 800 mg/j [28]. Cependant, cette posologie ne peut cependant être recommandée même si l'on dispose du génotypage de la tumeur (méta-analyse en cours) (avis d'experts).
Il est classiquement dans le cadre de l'AMM recommandé de poursuivre le traitement à la dose de 400mg/j jusqu'à progression, intolérance, ou refus du patient. En fait, l'interruption du traitement n'est pas recommandée lors de la progression (accord d'expert), mais une augmentation de dose doit être discutée (cf infra). Il n'est pas recommandé de diminuer la dose en l'absence de toxicité majeure, car le risque de progression de la maladie est supérieur. Un essai du Groupe Français Sarcome (BFR 14) teste l'utilité ou non de la poursuite de l'imatinib après 3 ans de traitement.
Des effets secondaires surviennent chez la majorité des patients, mais le plus souvent d'intensité modérée et régressant au cours du traitement. La tolérance de l'imatinib est dose-dépendante. Les trois effets secondaires les plus fréquents sont les odèmes, l'asthénie, et les troubles digestifs. L'observance du traitement doit être surveillée par le médecin. 12.4.4. Sunitinib (Sutent®) [30,31,32,33]
Le sunitinib est un inhibiteur oral de tyrosine-kinase agissant sur plusieurs récepteurs tyrosine kinase transmembranaires (KIT, VEGF, PDGF.). Son efficacité a été démontrée par une étude de phase III multicentrique réalisée chez 312 patients avec une GIST métastatique ou non résécable ayant une résistance ou une intolérance à l'imatinib (la dose médiane quotidienne d'imatinib antérieurement reçue était de 800 mg). Le sunitinib dispose de l'AMM dans les GIST à un stade avançé ou métastatique depuis juillet 2006. La posologie est de 50 mg/j 4 semaines sur 6. 12.4.5. Indications thérapeutiques
Toutes les décisions thérapeutiques concernant une GIST doivent faire l'objet d'une concertation multidisciplinaire. Un avis auprès d'un pôle régional de cancérologie est recommandé dans tous les cas atypiques ou de prise en charge délicate, ou pouvant faire l'objet d'une inclusion dans un essai thérapeutique. 1- GIST résécable non métastatique, résection R0
2- GIST résécable non métastatique, Résection R1 ou R2
3- GIST de résécabilité douteuse ou chirurgie mutilante (osophage ou rectum en particulier)
5- GIST métastatique
6- Progression sous imatinib 400mg/j
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