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Modifié le : 03/07/2007 1. Cancer de l'oesophage Modifié le : 05/06/2007 1.1. Introduction Le cancer de l’œsophage touche chaque année en France 5000 personnes et représente en fréquence le 3ème cancer digestif, derrière le cancer colorectal et le cancer gastrique. Il atteint surtout les hommes (sex ratio = 12) pour lesquels il constitue la 4ème cause de mortalité par cancer, après les cancers du poumon, du côlon-rectum et de la prostate.
En France, les trois quarts des cancers de l'œsophage sont des cancers épidermoïdes, liés à la consommation d'alcool et de tabac. Cependant, l’incidence des adénocarcinomes est en augmentation d’abord notée dans les registres de population aux USA, où cette histologie représente la moitié des cas, puis en Europe et en France (un quart des cas en 2000) [1].
Le pronostic de ce cancer est sombre du fait d’un diagnostic tardif (le plus souvent devant une dysphagie) et du mauvais terrain : patients présentant une intoxication alcoolo-tabagiques passée et/ou présente, souvent âgés, en mauvais état général ; 12 à 17 % présentent un cancer ORL associé. Mais on note une amélioration significative de la survie globale à 5 ans dans les registres européens (Eurocare), de 5 % dans les années 1978-80 à 9 % dans les années 1987-89 [2]. De 1991 à 2002 cependant, le pronostic stagne à environ 10% de survie à 5 ans [62].
Depuis l’apparition de la radio-chimiothérapie concomitante, l'exérèse chirurgicale n’est plus le seul traitement à visée curative. Cette alternative, utilisable chez des patients moins sélectionnés, devrait amener une amélioration des résultats.
Les recommandations de ce thésaurus national émanent de recommandations pour la pratique clinique de la FFCD [3], du GERCOR [4] et des SOR de la FNCLCC [5,6].
Modifié le : 05/06/2007 1.2. Explorations préthérapeutiques 1.2.1. Diagnostic Endoscopie oeso-gastrique avec biopsies, (à répéter si négatives initialement) et mesure des distances par rapport aux arcades dentaires. L’opérateur doit préciser le pourcentage de circonférence atteinte et, si la lésion est franchissable, décrire la longueur de la lésion, sa position par rapport au cardia, l¹existence ou non d’un endobrachyoesophage et sa limite supérieure.
Une coloration vitale (lugol, bleu de Toluidine) est recommandée pour mieux apprécier les limites tumorales ou pour rechercher une deuxième localisation oesophagienne.
1.2.2. Bilan d'extension Le délai entre la réalisation des examens du bilan d’extension et la décision thérapeutique doit être le plus court possible, et ne devrait pas dépasser un mois.
REFERENCES Examens de première intention :
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Examen Clinique complet,
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Scanner thoraco-abdominal : sensible et spécifique pour le diagnostic de métastases viscérales (hépatiques et pulmonaires)
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Fibroscopie trachéo-bronchique : pour éliminer une extension muqueuse trachéo-bronchique ou une deuxième localisation ; non systématique si adénocarcinome du 1/3 inférieur chez un non-fumeur
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Examen ORL avec laryngoscopie indirecte, à la recherche d’une paralysie récurrentielle, d'un cancer ORL synchrone
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Scintigraphie osseuse, scanner cérébral seulement en cas de signes d’appel.
Examen de deuxième intention en l’absence de métastases sur les examens précédents :
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Echoendoscopie : sauf en cas de tumeur localement évoluée (sténose du 1/3 supérieur, envahissement trachéal)
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En cas de discussion d’une résection endoscopique : échoendoscopie par minisonde de haute fréquence (20 – 30 MHz) qui permet seule de poser le diagnostic de cancer superficiel et d’indiquer un traitement endoscopique. Parmi les 9 couches individualisées dans la paroi oesophagienne, la plus importante est la 4ème couche hypo-échogène qui correspond à la musculaire muqueuse, dont le franchissement traduit l’infiltration de la sous-muqueuse par la tumeur
ALTERNATIVES
1.2.3. Classifications Localisation
Il n’y a pas de classification préthérapeutique de référence : la connaissance du stade initial repose sur les données de l’examen clinique et des explorations paracliniques. Plusieurs alternatives sont possibles (Annexe I):
Chez les patients opérés, la référence est la classification pTNM de l'UICC, révisée en 2002. Le pronostic est fonction du stade. La radicalité de la résection (R0, R1) est également un facteur pronostique, qu’il s’agisse des marges longitudinales mais aussi des marges circonférentielles.
CLASSIFICATION TNM (UICC 2002)
T - Tumeur primitive T0 Pas de signe de tumeur primitive Tis Carcinome in situ T1 Tumeur envahissant la lamina propria ou la sous-muqueuse T2 Tumeur envahissant la musculeuse propre T3 Tumeur envahissant l'adventice T4 Tumeur envahissant les structures adjacentes N - Adénopathies régionales Nx Ganglions non évalués N0 Pas de signe d'atteinte des ganglions lymphatiques régionaux N1 Métastases ganglionnaires lymphatiques régionales Oesophage cervical : ganglions cervicaux, jugulaires internes, péri-oesophagiens et sus-claviculaires Œsophage thoracique (haut, moyen et bas): ganglions péri-oesophagiens au-dessus ou au-dessous de la veine azygos, subcarinaires, médiastinaux et périgastriques (excepté les ganglions coeliaques) Ganglions coeliaques : toujours cotés M - M1a pour les cancers thoraciques inférieurs, - M1b pour les autres. Ganglions cervicaux : - N pour les cancers de l’œsophage cervical, - M1a pour les cancers de la partie supérieure de l’œsophage thoracique (de l’entrée dans le thorax jusqu’à la bifurcation trachéale, vers 24 cm des arcades dentaires), - M1b pour les localisations sous jacentes.
M - Métastases à distance M0 Pas de métastase à distance M1 Présence de métastase(s) à distance Pour les tumeurs de la partie inférieure de l'œsophage thoracique M1a Métastases dans les ganglions lymphatiques coeliaques M1b Autres métastases Pour les tumeurs de la partie supérieure de l'œsophage thoracique M1a Métastases dans les ganglions lymphatiques cervicaux M1b Autres métastases Pour les tumeurs de la partie moyenne de l'œsophage thoracique M1a Non applicable M1b Métastases dans les ganglions lymphatiques non régionaux ou autres métastases à distance L’examen d’au moins 6 ganglions médiastinaux est nécessaire à l’évaluation correcte du statut ganglionnaire.
Stade 0 pTis N0 M0 Stade I pT1 N0 M0 Stade II A pT2-T3 N0 M0 Stade II B pT1-T2 N1 M0 Stade III pT3N1 ou pT4 tous N M0 Stade IV tous T tous N M1 Stade IV A tous T tous N M1a Stade IV B tous T tous N M1b
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CLASSIFICATION DES CANCERS SUPERFICIELS (in situ ou T1)
1. La classification japonaise [66] Elle distingue dans les cancers superficiels : a) cancers T1 muqueux (m1 = in situ ou dysplasie sévère en Europe ; m2 = microinvasif c’est-à-dire avec envahissement de la lamina propria ; m3 = les cancers envahissant la muscularis mucosae) b) les cancers T1 sous-muqueux (sm1 : partie surperficielle de la sous-muqueuse, sm2 : partie moyenne, sm3 : partie profonde)
2. Autre classification : a) T1a sans franchissement de la muscularis mucosae : moins de 4% d’adénopathies méconnues et possibilité d’un traitement endoscopique, b) T1b avec franchissement de la muscularis mucosae : ganglions envahis dans 30 à 60 % des cas.
1.2.4. Cancers épidémiologiquement associés
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Cancer ORL : examen ORL, pan-endoscopie ORL sous anesthésie générale
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Cancer pulmonaire : Fibroscopie trachéo-bronchique
La recherche d’un cancer ORL ou trachéo-bronchique, indispensable en cas de carcinome épidermoïde, est conseillée chez les patients fumeurs présentant un adénocarcinome de l’oesophage.
1.2.5. Bilan de l’état général et des pathologies associées 1.2.5.1. Bilan pré-anesthésique (classification ASA) incluant systématiquement
- Etat nutritionnel (pourcentage d'amaigrissement, protidémie, albuminémie)
- Examen respiratoire (EFR, gazométrie)
- Examen cardio-vasculaire (palpation des pouls et recherche de souffles, ECG)
- Créatininémie et calcul de la clairance
- Recherche de signes de cirrhose et bilan biologique hépatique
- Recherche de signes de neuropathie
- Etat général (classification OMS)
- Consultation d’aide au sevrage tabagique et alcoolique en pré-opératoire.
1.2.5.2. Bilan complémentaire si une chimiothérapie est envisagée
- Echocardiographie et consultation de cardiologie éventuelles pour le 5FU et le cisplatine (hyperhydratation)
Modifié le : 21/05/2007 1.3. Critères de non-opérabilité et de non-résécabilité 1.3.1. Critères d'inopérabilité Contre-indications relatives
Contre-indications absolues
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Insuffisance respiratoire (PaO2 = 60 mmHg, PaCO2>45 mmHg, VEMS = 1 000 ml/sec)
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Cirrhose décompensée (ascite, ictère, présence de varices oesophagiennes)
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Insuffisance rénale (créatininémie >1,25 x N)
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Infarctus du myocarde datant de moins de 6 mois ou cardiopathie évolutive.
1.3.2. Critères de non-résécabilité [67]
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Tumeur envahissant les structures médiastinales (T4) : arbre trachéo-bronchique, récurrents, aorte
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Métastases viscérales ou ganglionnaires à distance classées M1 (M1a, M1b)
Modifié le : 03/07/2007 1.4. Méthodes 1.4.1. La chirurgie 1.4.1.1. Technique REFERENCE
L’œsophagectomie transthoracique subtotale avec curage ganglionnaire (médiastinal et coronaire stomachique), et plastie gastrique. L'utilité du curage cervical n'est pas démontrée pour les cancers sous-carinaires. [67].L'examen d'au moins 6 ganglions médiastinaux est nécessaire à l'évaluation correcte du statut ganglionnaire (recommandations de l'UICC). Lors de la Conférence de Consensus de Munich (1994), la présence d'au moins 15 ganglions dans le curage était souhaitée [11] (accord professionnel).
ALTERNATIVES
- Œsophagectomie sans thoracotomie [12]: en cas de contre-indication (respiratoire) à la thoracotomie (niveau de la recommandation : grade A)
- Œsophagectomie par thoracotomie avec curage ganglionnaire extensif soit cœliaque et médiastinal (deux champs), soit cœliaque, médiastinal et cervical (trois champs) (accord d’experts)
- Oesophagectomie totale avec pharyngo-laryngectomie pour les lésions atteignant la bouche oesophagienne, quand la radio-chimiothérapie ne peut être proposée, ou en situation de rattrapage après échec de la radio-chimiothérapie) (accord d’experts).
1.4.1.2. Mortalité, morbidité
- mortalité hospitalière : 5 à 10% actuellement en population générale, inférieure ou égale à 5 % dans les services spécialisés, chez des patients sélectionnés ;
- morbidité : dominée par les complications pulmonaires et infectieuses (25 à 30% des cas ).
1.4.1.3. Résultats Après résection R0, la survie à cinq ans est de 30 % dans les registres de population et les séries multicentriques [62] et de 40 % dans les services spécialisés [13]. Elle est fonction du stade et de la radicalité de la résection (R0) : celle-ci dépend de la sélection des patients et de l’expertise de l’équipe [14, 15]. D’après les données de population, le pronostic des adénocarcinomes est à peine meilleur que celui des épidermoïdes (OR=1,15 ; NS), malgré une plus grande probabilité de résection R0 [62]. Ces données tempèrent celles des séries des services spécialisés (d’après Siewert et al ., OR=1,6 ; p=0,001) [60].
1.4.2. Radiothérapie et radiochimiothérapie 1.4.2.1. Traitement exclusif REFERENCE
Sauf contre-indication, les cancers non opérables ou non résécables, non métastatiques à distance doivent recevoir une radio-chimiothérapie concomitante (niveau de la recommandation : grade A) (tableaux 2 et 3) supérieure à la radiothérapie seule chez les patients non opérés [16, 17]. >
Technique de radiothérapie
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Lorsque la radio-chimiothérapie est faite à visée curative, la radiothérapie étalée avec fractionnement classique, plus efficace, doit être préférée à la radiothérapie en split course (essai FNCLCC-FFCD 9305) ( niveau de la recommandation : grade B) [ 18].
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En cas de radio-chimiothérapie concomitante, la dose de radiothérapie doit être limitée à 50 Gy. Une dose plus élevée ne parait pas améliorer le contrôle local ni la survie ( niveau de la recommandation : grade B) [ 19].
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Elle doit être délivrée avec un accélérateur linéaire, selon une technique conformationnelle sur étude scannographique dosimétrique, chaque champ étant traité chaque jour.
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Un envahissement de la muqueuse trachéo-bronchique n’est pas une contre-indication absolue à la radiothérapie ou à la radio-chimiothérapie, dans la mesure où le risque de fistule oeso-trachéale existe spontanément et que celle-ci peut être contrôlée par la mise en place d’une endoprothèse. (accord d’experts). Cependant, cette radiothérapie est généralement étalée, et précédée d’une chimiothérapie d’induction (accord d’experts).
Essais radio- chimiothérapie seule contre radio-chimiothérapie suivie de chirurgie
Chez les patients porteurs d’une tumeur localement évoluée opérable (T3, T4 résécables, N0 ou N1), deux essais randomisés remis en question l’intérêt de la chirurgie. L’essai FFCD 9102 (épidermoïdes 90%) comparant la chirurgie précédée de radio-chimiothérapie et la radio-chimiothérapie exclusive n’a pas montré de différence de survie globale chez les malades répondeurs à la radio-chimiothérapie [20]. Les malades opérés avaient une mortalité précoce plus importante, une durée d'hospitalisation plus longue mais moins de récidives locorégionales. Dans l’essai de Stahl et al. (épidermoïdes 100%) [21], la radiothérapie était précédée de 3 cures de chimiothérapie d’induction et intensifiée dans le bras non chirurgical (soit 50 Gy avec complément de 15 Gy, soit 60 Gy puis curiethérapie 4 Gy). La randomisation se faisait avant le début du traitement. Cet essai a confirmé l’équivalence des stratégies avec ou sans chirurgie sur la survie globale ; la chirurgie améliorait le contrôle local mais entraînait une mortalité immédiate plus importante (niveau de la recommandation : grade A)
ALTERNATIVES
1.4.2.2. Associations radio-chimiothérapie et chirurgie 1.4.2.2.1. Traitements adjuvants de la chirurgie
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La radiothérapie adjuvante, pré ou postopératoire, n’a plus d’indication actuellement ( niveau de la recommandation : grade A) [ 68]
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L'utilité de la radio-chimiothérapie néo-adjuvante est de plus en plus établie ( niveau de la recommandation : grade B) : plusieurs petits essais négatifs, essais positifs critiquables, mais méta-analyses concordantes. La dernière en date (mars 2007), réunissant tous les essais publiés, conclut à une diminution du risque de décès de 25% dans les cancers épidermoïdes comme les adénocarcinomes, avec la radio-chimiothérapie concomitante [ 9, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 69, 70].
1.4.2.2.2. Chirurgie de rattrapage après radio-chimiothérapie dans les formes localement évoluées La radio-chimiothérapie donne des résultats équivalents à ceux de la chirurgie seulement chez les répondeurs (20, 21). En l’absence de réponse, la résection doit être envisagée (accord professionnel). Il n’existe pas d’essai randomisé spécifique validant cette conduite, mais plusieurs éléments sont en faveur. Dans l’essai de Stahl et al, les non-répondeurs à la chimiothérapie d’induction, réséqués R0 avaient encore une survie à 3 ans de 32%, même si elle atteignait 50% chez les répondeurs [21]. Par ailleurs, dans un essai de radio-chimiothérapie préopératoire utilisant une dose de 45 Gy, proche de celle employée en radio-chimiothérapie exclusive, les non répondeurs complets avaient une survie médiane de 12,9 mois, et à 3 ans de 25% [71]. Enfin, dans une série de 98 tumeurs sous carinaires ne répondant pas à la RCT, une résection R0 a été réalisée dans 62 % des cas, avec dans ce groupe une survie médiane de 18,4 mois, ce qui est équivalent au meilleur chiffre de survie médiane dans le bras chirurgie seule des essais randomisés [72]. Il est licite de conclure qu’après RCT, la non réponse doit faire discuter une résection, de préférence par une équipe spécialisée (accord d’experts).
La chirurgie de rattrapage des récidives locorégionales à distance de la RCT est un problème différent. Ces récidives sont fréquentes, touchant environ 30 % des patients opérés à visée curative, avant 12 mois pour la moitié d’entre elles. La survie médiane après récidive loco-régionale est courte, variant entre 2,7 et 7,0 mois [20] [73, 74]. Malheureusement, la rareté des données dans cette situation ne permet pas de faire des recommandations.
1.4.2.3. Chimiothérapie 1.4.2.3.1. Chimiothérapie palliative des cancers métastatiques De nombreux essais de phase II ont montré l’efficacité de la chimiothérapie, mais peu d’études randomisées sont disponibles. Aucune n’a cherché à établir sa supériorité sur le traitement symptomatique. Par ailleurs, les études les plus anciennes n’incluaient que des carcinomes épidermoïdes, contrairement aux études récentes, réservées le plus souvent aux adénocarcinomes et incluant des adénocarcinomes du cardia voire gastriques ; à ce jour, cependant, aucune différence significative de chimiosensibilité entre les deux types histologiques n’est avérée . Les agents classiques dont l’activité est la mieux établie sont le cisplatine et le 5FU. L'association 5-FU-cisplatine permet d'obtenir 30 à 40 % de réponses objectives, d'une durée médiane de 8 mois. La médiane de survie est de 8 à 12 mois. Dans un essai de phase II randomisé chez 93 patients [32], l'association 5-FU-cisplatine améliorait significativement le taux de réponses objectives par rapport au cisplatine seul (35 versus 19 %), mais majorait la toxicité. L’association LV5FU2-cisplatine est une alternative [33,34]. Il faut ajouter parmi les nouveaux agents la vinorelbine et le paclitaxel ; les associations irinotécan - cisplatine, gemcitabine - cisplatine, vinorelbine- cisplatine, paclitaxel - cisplatine (+/- 5FU) donnent des taux de réponse entre 30 et 60% [35-41](tableau 5) ; l’association LV5FU2-CPT11 a été évaluée en 2ème ligne, avec des résultats satisfaisants [42]. Cependant, en seconde ligne métastatique, il n’existe aucune référence, les expériences de la littérature ne concernant que des petites études de phases II hétérogènes.
Au total, la chimiothérapie palliative est un traitement recommandé chez les sujets en bon état général.
REFERENCE
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5FUcontinu – Cisplatine [ 32]
5FU continu : 800 à 1 000 mg/m2/24 heures J1-J4 ou J5 Cisplatine : 75 à 100 mg/m2 J1 ou J2 (ou fractionné sur 5 jours). Cycles tous les 21 à 28 jours. |
ALTERNATIVES
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LV5FU2 – Cisplatine [ 33, 34]
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Navelbine +/- Cisplatine [ 35], dans les carcinomes épidermoïdes
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LV5FU2-CPT11, en 2ème ligne après échec de 5FU- Cisplatine, chez des patients en bon état général, demandeurs et informés, notamment dans les adénocarcinomes [ 42].
1.4.2.3.2. Chimiothérapie néo-adjuvante ou adjuvante La chimiothérapie néo-adjuvante (tableau 6): l'étude OE 02 du MRC a inclus le plus grand nombre de patients ; elle a montré chez 802 patients randomisés un bénéfice de survie significatif (+ 3,5 mois de survie médiane et + 9% de survie à 2 ans) dans le bras où la chirurgie était précédée de 2 cures de 5 FU continu et cisplatine [43]. Ce traitement, qui n’a pas augmenté la mortalité post-opératoire, est devenu un traitement de référence pour les adénocarcinomes et une alternative pour les cancers épidermoïdes de l’œsophage, malgré la négativité de la plupart des autres essais et des méta-analyses des essais publiés [44, 70, 75] (niveau de la recommandation : grade C).
La chimiothérapie post-opératoire (tableau 7) a été étudiée dans l’essai d’Ando et al chez 242 patients [45] : avec 2 cures post-opératoires de 5FU-Cisplatine, la survie sans rechute à 5 ans était améliorée ; l’étude de sous-goupes montrait que ce bénéfice n’était observé que chez les patients N+. L’amélioration de la survie globale n’était pas significative. Les autres essais n’ont retrouvé aucun bénéfice (tableau 7). Une chimiothérapie post-opératoire (2 cures de 5FU-Cisplatine) peut être discutée chez des patients opérés d’emblée ayant une atteinte ganglionnaire sur la pièce d’exérèse, en bon état général, demandeurs et informés (niveau de la recommandation : grade C).
1.4.2.4. Les traitements endoscopiques
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A visée curative : Réservés à des cancers superficiels classés m1 ou m2, après une échoendoscopie avec une minisonde de haute fréquence (20 – 30 MHZ). L’atteinte de la musculaire muqueuse (m3) ou le caractère déprimé ou ulcéré sont des contre-indications au traitement endoscopique seul. La résection muqueuse est le traitement de choix [ 46] si le diamètre de la lésion ne dépasse pas 2 cm, car elle permet l’examen histologique de la pièce de résection, contrairement aux autres méthodes de destruction endoscopique (laser, photothérapie dynamique [ 47]) et à la curiethérapie à haut débit de dose [ 48]
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A visée palliative : Les techniques sont multiples : dilatations œsophagiennes, endoprothèses, techniques de destruction tumorale (photodestruction laser, électrocoagulation monopolaire ou bipolaire, curiethérapie à haut débit de dose, injections intratumorales,…). L’objectif est l’amélioration de la dysphagie, contrairement à la pose d’une gastrostomie percutanée endoscopique (ou radiologique) qui permet d’assurer un apport alimentaire sans modifier les possibilités de déglutition . Ces techniques sont indiquées en attendant la mise en œuvre d'autres traitements ou après leur échec. La méthode endoscopique est choisie en fonction des caractéristiques de la tumeur (localisation, aspect endoscopique), du plateau technique, et de l’état du patient [ 49]. Il existe des indications ou contre-indications indiscutables : a) l’endoprothèse couverte en cas de fistule oeso-respiratoire; b) pas d’endoprothèse si le pôle supérieur de la tumeur se situe à moins de 2cm du muscle cricopharyngien ; c) pas de laser en cas de tumeur infiltrante. Les prothèses sont actuellement le traitement endoscopique le plus utilisé pour la palliation des sténoses néoplasiques de l’œsophage [ 50]. Les prothèses métalliques auto-expansives ont supplanté les prothèses plastiques du fait de leur facilité de pose, avec un risque de complications initiales significativement plus faible dans 3 études sur 4 et une mortalité significativement réduite dans une étude ; en effet leur positionnement ne nécessite pas comme pour les prothèses plastiques de dilatation importante. Elles entraînent une amélioration durable et significative de la dysphagie, aussi bonne que les prothèses plastiques dans 3 études et meilleure dans une étude [ 51, 52, 53, 54]. L’inconvénient des prothèses non couvertes est le risque de prolifération tumorale intra-prothétique ; l’inconvénient des prothèses couvertes est le risque de migration, qui varie entre 0 et 15%. Le risque de complications majeures semble augmenté chez les patients qui ont reçu une radiochimiothérapie avant ou après la pose de prothèse selon deux études rétrospectives [ 55, 56]. La pose de prothèse métallique peut être envisagée avec prudence en cas de tumeur du tiers supérieur ou de l’œsophage cervical en raison de leur bonne tolérance [ 76] Parmi les autres techniques endoscopiques, la plus utilisée est la dilatation, souvent premier temps d’autres traitements endoscopiques ou complémentaire d’un traitement médical de la dysphagie tel que la radio-chimiothérapie. Les autres traitements sont moins utilisés : l’électrocoagulation à la sonde bipolaire (Bicap) est utile dans les tumeurs circonférentielles notamment de l’œsophage cervical où les prothèses sont contre indiquées ; l’irradiation endocavitaire est aussi efficace qu’une prothèse [ 23], mais peu de centres sont équipés en France ; il en va de même pour la photothérapie dynamique ; la photothérapie laser est peu utilisée du fait de la nécessité de répéter les séances. .
Modifié le : 05/06/2007 1.5. Indications thérapeutiques 1.5.1. Cancers superficiels (in situ ou T1- m1 ou m2) REFERENCE Traitement endoscopique par mucosectomie, si la lésion a un diamètre < 2 cm (après coloration vitale), n’est pas ulcérée, et si son caractère superficiel (m1 ou m2) peut être affirmé par une échoendoscopie utilisant une sonde de haute fréquence. C’est la technique de référence car elle permet l’examen histologique de la pièce de résection afin de confirmer que la lésion est superficielle et que les marges sont saines. Lorsque la pièce de mucosectomie montre que la lésion est invasive (m3 ou sm1,2,3) le risque d’extension ganglionnaire, évalué entre 10% (m3) et 30-40% (sm) impose
ALTERNATIVES Si la mucosectomie est impossible, on discutera en fonction du terrain :
ESSAIS : aucun
1.5.2. Cancers invasifs opérables 1.5.2.1. uT1- T2 N0 (Cancers de l’œsophage thoracique) REFERENCE : oesophagectomie (accord professionnel) [77]
ALTERNATIVES :
- Radiochimiothérapie exclusive (contre-indication à la chirurgie) (niveau de la recommandation : grade C)
- Chimiothérapie adjuvante post-opératoire (2 cures de 5FU-Cisplatine), si pN+ et patient en bon état général, demandeur et informé (niveau de la recommandation : grade C).
1.5.2.2. uT1 N1, T2 N1, T3N0 (Cancers de l’œsophage thoracique) ALTERNATIVES
-
Radiochimiothérapie pré-opératoire (niveau de la recommandation : grade B validé par le groupe de travail, mais tous les membres du groupe de relecture ne sont pas d’accord) Chimiothérapie (2 cures de 5FU-cisplatine) puis oesophagectomie (niveau de la recommandation : grade C) Radiochimiothérapie exclusive (contre-indication à la chirurgie) (accord professionnel)
ESSAIS FFCD 9901 : chirurgie seule versus radio-chimiothérapie puis chirurgie (groupes associés: GERCOR, GEMO). Coordonnateur : JP Triboulet. PRODIGE 3 - FFCD 05-05 phase I-II : 5FU-cisplatine- radiothérapie associé au cetuximab en pré-opératoire. Coordonnateur : JF Seitz.
1.5.2.3. Stades III : T3 N1, T4 N0-N1 REFERENCE :
- Cancers épidermoïdes : radiochimiothérapie exclusive, type « RTOG 85-01 Herskovic », sans dépasser 50,4 Gy (1,8 à 2 Gy/fraction en 25 à 30 fractions) (cf 1.4.2.1) (niveau de la recommandation : grade A)
Chez les patients ayant une persistance tumorale prouvée après la fin de la radio-chimiothérapie ou présentant une récidive précoce après une réponse apparemment complète, une chirurgie de rattrapage doit être envisagée, (accord d’experts), si possible dans un centre spécialisé.
- Adénocarcinomes : chirurgie précédée de chimiothérapie (2 cures de 5FU-cisplatine) (niveau de la recommandation : grade C)
ALTERNATIVES :
- Epidermoïdes ou adénocarcinomes : radio-chimiothérapie puis chirurgie dans un centre spécialisé (accord d’experts).
- Adénocarcinomes : radio-chimiothérapie exclusive , type « RTOG 85-01 Herskovic » sans dépasser 50,4 Gy (1,8 à 2 Gy/fraction en 25 à 30 fractions) (cf 1.4.2.1) (accord d’experts). Chez les patients ayant une persistance tumorale prouvée après la fin de la radio-chimiothérapie ou présentant une récidive précoce après une réponse apparemment complète, une chirurgie de rattrapage doit être envisagée, (accord d’experts), si possible dans un centre spécialisé.
1.5.2.4. Cancers de l’œsophage cervical PAS DE REFERENCE
Une radiochimiothérapie concomitante est généralement proposée en première intention,surtout lorsqu’une pharyngolaryngectomie totale serait nécessaire. La résection est proposée en l’absence de réponse complète, si une résection R0 est a priori possible (accord professionnel).
1.5.3. Cancers inopérables non métastatiques 1.5.3.1. En l'absence d'envahissement trachéo-bronchique muqueux REFERENCE Radio-chimiothérapie exclusive type RTOG - 85 - 01 (schéma « Herskovic ») (niveau de la recommandation : grade A) : Schéma “HERSKOVIC” RT 50 Gy en 5 semaines (2 Gy/fr, 25 fr). 5FU 1000 mg/m2/j en perfusion continue de J1 à J4 et CDDP 75 mg/m2 à J1 ou J2. 4 cures aux semaines 1, 5, 8, 11 [Herskovic et al. (16]) ou aux semaines 1,5, 9,12, du fait de la toxicité hématologique observée dans l¹essai RTOG 85-01 [19]
ALTERNATIVE Radiothérapie seule (si contre-indication à la chimiothérapie)
ESSAI Sanofi L 9326 (phase III) : Folfox 4-RT vs 5FU-cisplatine-RT (schéma dit Herskovic). Coordonnateur : T Conroy (Vandeuvre)
1.5.3.2. Avec envahissement trachéo-bronchique muqueux, sans fistule PAS DE REFERENCE
ALTERNATIVES
-
chimiothérapie première, suivie de radio-chimiothérapie surtout en cas de disparition de l’envahissement trachéo-bronchique (accord d’experts)
-
radiothérapie première étalée à faible dose par fraction (1,5 Gy/fr, 15 fractions), puis évaluation et radio-chimiothérapie à discuter si l'envahissement trachéo-bronchique disparaît [ 61] (accord d’experts)
-
traitement endoscopique (de l’obstruction oesophagienne ou trachéo-bronchique) exclusif (accord d’experts).
1.5.3.3. En cas de fistule REFERENCE : Prothèse œsophagienne expansive couverte plus ou moins prothèse trachéo-bronchique si l’envahissement trachéal est très obstructif (accord professionnel).
ALTERNATIVE : jéjunostomie, préférable à la gastrostomie (du fait du risque de reflux) ,alimentation parentérale (comme solution d’attente) et soins de support si une prothèse est impossible à poser ou inefficace (accord d’experts).
1.5.4. Cancers métastatiques L’objectif principal est de privilégier la qualité de vie.
1.5.4.1. Etat général conservé (OMS 0,1 ou 2) PAS DE REFERENCE
ALTERNATIVES (accord d’experts)
- Dysphagie importante :
- radiochimiothérapie concomitante (radiothérapie étalée classique, ou split-course), puis poursuite éventuelle de la chimiothérapie seule en cas de réponse objective sur les métastases et la tumeur œsophagienne.
- chimiothérapie et traitement endoscopique de la dysphagie
- traitement endoscopique de la dysphagie.
- Dysphagie absente ou peu importante :
- chimiothérapie, associée à la radiothérapie si la dysphagie s’aggrave,
- traitement symptomatique.
L’efficacité de la chimiothérapie n’est pas validée par des essais randomisés. Son utilisation est cependant recommandée chez les sujets en bon état général, informés, en évaluant régulièrement tolérance et efficacité (accord professionnel). Les protocoles utilisés couramment sont le 5FU-cisplatine ou le LV5FU2-cisplatine. En cas d’échec de ce traitement (progression ou toxicité) aucun autre schéma n’est reconnu. Ont fait l’objet d’essais de phase II en première ligne : FOLFOX 4, FUFol-Gemcitabine, MitomycineC-CPT11, navelbine, et en deuxième ligne : LV5FU2-CPT11.
ESSAI Projet FFCD en 2007 (phase II randomisée) : LV5FU2 – CPT11 +/- panitumumab (anti-EGFr) en 1ère ligne ou après récidive suivant un traitement à base de cisplatine. Coordonnatrice : L Dahan
1.5.4.2. Etat général altéré (OMS 3 ou 4) REFERENCE : traitement endoscopique de la dysphagie (accord professionnel).
Modifié le : 17/05/2007 1.6. Surveillance 1.6.1. Après traitement curatif
1.6.2. Après traitement palliatif Examen clinique et examens complémentaires orientés par les symptômes.
Modifié le : 17/05/2007 1.7. Traitement des récidives 1.7.1. Récidives loco-régionales ALTERNATIVES, en fonction de l’extension et de l’état général du patient (accords d’experts) : a) après oesophagectomie :
- radiochimiothérapie,
- radiothérapie (si contre-indication à la chimiothérapie)
b) après radiochimiothérapie exclusive :
- traitement endoscopique de la dysphagie, endocuriethérapie,
- chimiothérapie,
- oesophagectomie.
1.7.2. Récidives métastatiques 1.7.2.1. Etat général conservé (OMS 0,1 ou 2) PAS DE REFERENCE
ALTERNATIVES (accords d’experts)
ESSAIS Projet Prodige 6 - FFCD 2007 (essai phase II randomisée) : LV5FU2 – CPT11 +/- panitumumab (anti-EGFr) en 1ère ligne ou après récidive suivant un traitement à base de cisplatine. Coordonnatrice : L Dahan
1.7.2.2. Etat général altéré (OMS 3 ou 4) REFERENCE : Traitement symptomatique.
GROUPE DE TRAVAIL : Laurent Bedenne (CHU Dijon), Jean-Louis Legoux (CHR Orléans), Philippe Maingon (CLCC GF Leclerc Dijon), Christophe Mariette (CHU Lille), Jean-François Seitz (AP-H Marseille- La Timone), Jean-Pierre Triboulet (CHU Lille)
REMERCIEMENTS AUX RELECTEURS;: Jean-Luc Raoul (CLCC Eugène-Marquis, Rennes), Thierry Lecomte (CHU Tours), Christophe Hennequin ,
Modifié le : 22/12/2005 1.8. Annexes 1.8.1. Annexe 1: Classification scanographique Classification ctTNM pour les cancers de l'oesophage thoracique (d'aprés WURTZ et al, modifié par BOSSET et al. [9]
Tumeur primitive (T)
ctT1 non visibilité ou masse < 10 mm de diamètre ctT2 masse de 10 à 30 mm de diamètre ctT3 masse > 30 mm de diamètre sans signe d'invasion aux structures médiastinale s ctT4 idem + signe d'extension aux structures médiastinales
Ganglions (N) *
ctN0 pas d'adénopathie décelable ctN1 adénopathies régionales (médiastinales et/ou péri-gastriques)
Métastases à distance (M)
ctM0 pas de métastase à distance ctM1 présence de métastases à distance (y compris adénopathies coeliaques et cervicales)
DEFINITION DES STADES
I T1 NO M0 IIa T2 N0 M0 ; T3 N0 M0 IIb T1 T2 N1 M0 |
III T3 N1 M0 ; T4 tous N M0 IV tous T, tous N M1 |
* Sont considérés comme pathologiques les ganglions à partir de 10 mm .
1.8.2. Annexe 1bis : Classification échoendoscopique Classification us T N M pour les cancers de l’oesophage, d’après TIO et al., [10]
uT1 : tumeur envahissant la muqueuse et la sous-muqueuse uT2 : tumeur envahissant la musculeuse sans la dépasser uT3 : tumeur envahissant l’adventice (ou la séreuse) uT4 : tumeur envahissant les structures adjacentes
uN0 : pas d’invasion ganglionnaire uN1 : ganglions envahis péritumoraux : ronds, de même échogénicité que la tumeur uN2 : ganglions envahis à distance de la tumeur (5 cm au-dessus ou au-dessous du pôle supérieur ou inférieur de la tumeur).
1.8.3. Tableau 1 : Survie après exérèse curative des cancers de l’œsophage (d’après Enzinger PC et Mayer RJ (58)
| Stade |
T N M |
Survie à 5 ans |
0 I IIA IIB III
IV
|
Tis N0 M0 T1 N0 M0 T2-3 N0 M0 T1-2 N1 M0 T3 N1 MO T4 N0-1 M M1a M1b |
>95% 50-80% 30-40% 10-30% 10-15% <5% <1% |
1.8.4. Tableau 2 : Essais de phase III comparant une chimioradiothérapie à base de 5FU continu à la radiothérapie exclusive dans les cancers de l'œsophage, d’après JF Seitz [59]
auteurs année, |
n patients (histologie) |
Stade
|
Traitement
|
Contrôle* Local |
Médiane (mois) |
Survie 2ans
|
5ans |
Brésil, 1991 Araujo in 59
|
59
(59 E )
|
II
|
RT (50Gy/5sem)
RT(50Gy/5sem) + 5FUc-MMC-BLEO |
58 %
75 % (NS) |
|
22 %
38 % |
6 %
16%
|
USA, Intergroupe 1992,1997,1999 Herskovic et al [16, 17] |
121 (106 E +15A)
|
12T1, 95T2, 14T3
|
RT(64Gy/6,5sem) RT(50Gy/5sem) + 5FUc-CDDP**
|
38 %
56 % (p=0.01) |
9,3
14,1
|
10 %
38 % (p=0.005) |
0 %
26%
|
ECOG, 1990-98
Smith in 59
|
118
(118E)
|
n.d
|
RT(40 Gy/4 sem)
Idem +5FU-MMC
|
-
-
|
9,2
14,8
|
12 %
27 % (p=0.03) |
7%
9%
|
Afrique du Sud,1998
Slabber et al in 59
|
70
(70 E) |
T3
|
RT(40 Gy/10fr/5 sem)
Idem+5FU-CDDP |
-
- |
4,8
5,7 |
3%
3%(NS) |
-
- |
*Contrôle local : en fin de traitement pour ARAUJO, à 1 an pour HERSKOVIC. **5FUc-CDDP : 5FU continu (1g/m2/24 h de J1 à J4) + Cisplatyl (75 mg/m2 J1) : 4 cycles semaines 1, 5, 8 et 11. E : cancer épidermoïde ; A : Adénocarcinome ; n.d. = données non disponibles
1.8.5. Tableau 3 : Essais de phase III comparant différentes modalités de chimioradiothérapie exclusive entre elles
auteurs année, réf. |
n patients (histologie)
|
Traitement
|
Contrôle local (3 ans)
|
Médiane (mois) |
Survie 2ans
|
5ans |
France FNCLCC-FFCD Jacob 1999 [18] |
202
9305 (E) |
RT(50Gy/5sem)+FUP RT(20Gy/5FX2)+FUP
|
58 % 29% (p=0,001) |
13,6 mois 11,9 mois
|
36% 25% ( p=0,047) |
21% 10%
|
USA INT 0123 Minsky, 2002 [19] |
230 (187E+31A)
|
RT(50Gy/5sem)+FUP RT(65Gy/5sem)+FUP
|
n.d. n.d.
|
17,5 mois 12,9 mois
|
33% 24% (NS) |
- -
|
E = cancer épidermoïde A = adénocarcinome n.d. = données non disponibles
1.8.6. Tableau 4 : Essais de phase III comparant radiochimiothérapie préopératoire et chirurgie seule dans les cancers de l’œsophage
Auteurs, année Centre |
n. pts (n.ADK) |
Protocole
|
Survie Médiane |
Survie 3 ans |
Commentaires |
Le Prisé,1994 * Rennes [26]
|
86 (0)
|
chirurgie seule FU-P puis 20Gy puis FU-P |
11 mois 11 mois
|
14 % 19 %(NS)
|
Traitement séquentiel Seulement 10 % pRC-
|
Apinop, 1994 Songkla [27] |
69 (0) |
chirurgie seule 40 Gy/4sem+5FU-P |
7,4 mois 9,7 mois |
10 % à 5 ans 24 % (NS) |
Effectif faible
|
Walsh, 1996 Dublin [24]
|
113 (113)
|
chirurgie seule 40 Gy/4sem +5FU-P |
11 mois 16 mois
|
6 % 32 % (p=0,01)
|
Adénocarcinomes
|
FFCD-EORTC*, 1997 Bosset [9]
|
297 (0)
|
chirurgie seule 2x18,5Gy+P
|
18,6 mois 18,6 mois
|
25% à 5 ans 25% (NS)
|
RT split-course pas de 5FU meilleur tx resec. surmortalité opér. |
Urba, 2001 Michigan [25]
|
100 (75)
|
chirurgie seule 45 Gy/30f/3s. +5FU-P-V |
17,5 mois 17 mois
|
16 % 30 % (p=0,09)
|
exérèse transhiatale
|
Burmeister, 2005 [30] |
256 (156) |
chirurgie seule 35 Gy + 5FU-P |
18,5 mois 21,7 mois |
33% 28% (NS) |
SSM améliorée dans les épidermoïdes (0,04) |
Lee, 2004 [31] |
101 (0) |
chirurgie seule 45Gy + 5FU-P |
27,3 mois 28,2 mois |
57% à 2 ans 55% (NS) |
|
* Protocole de radiochimiothérapie séquentielle (et non concomitant) SSM : survie sans maladie
1.8.7. Tableau 5 : Principales phases II combinant de nouveaux agents de chimiothérapie au cisplatine (C) dans le cancer de l’œsophage
| Essai |
Référence |
N |
Histologie |
Taux de réponse (%) |
SSP (mois) |
SG (mois) |
Décès toxiques(n) |
| C + CPT 11 |
Ilson [37] |
35 |
Mixte* |
57 |
4,2 |
14,6 |
0 |
| C + CPT 11 |
Ajani [38] |
38 |
AdénoK (estomac inclus) |
58 |
6 |
9 |
1 |
| C +Gemcitabine |
Kroep[36] |
36 |
Mixte* |
41 |
- |
9,8 |
0 |
| C + Vinorelbine |
Conroy [35] |
71 |
CE |
34 |
3,6 |
6,8 |
1 |
| C + Paclitaxel |
Ilson [39] |
38 |
Mixte* |
44 |
3,9 |
6,9 |
4 (11%) |
| C+ 5FU +Paclitaxel |
Ilson [40] |
61 |
Mixte* |
48 |
5,7 |
10,8 |
0 |
| C + VP16+Paclitaxel |
Lokich[41] |
25 |
AdénoK(estomac inclus) |
100 |
- |
12,5 |
0 |
Pas de différence de réponse entre les types histologiques
1.8.8. Tableau 6 : Chimiothérapie préopératoire : essais récents de phase III, d’après JF Seitz (59)
| Références |
Nombre de patients |
Protocole |
Taux de réponse |
Résécabilité |
Survie (médiane) |
| (LAW1997)(in 59) |
147 |
2 cures 5FU-CDDP |
|
67 % p=0,0003 |
16,8 mois(NS) |
| |
|
Chirurgie première |
|
35 % |
13 mois |
| (KOK1997) |
160 |
2 cures d’étoposide-CDDP |
36 % |
85 % |
18,5 mois |
| (in 59) |
(148 évaluables) |
Chirurgie première |
- |
85 % |
p = 0,002 11 mois |
| (KELSEN1997) |
467 |
3 cures 5-FUc-CDDP |
|
65 % |
14,9 mois |
| (in 59) |
(423 évaluables) |
Chirurgie première |
|
65 % |
(NS) 16,1 mois |
| (MRC, 2002)(43) |
802 |
2 cures 5FU-CDDP Chirurgie première |
|
84 %71 % |
16,8 mois p=0,00213,3 mois |
1.8.9. Tableau 7 : Cancers de l’œsophage : chimiothérapie postopératoire ; essais de phase III
| Auteur, année, référence |
Nombre de patients |
Protocole |
Survie médiane |
AURC POULIQUEN,1996(in 59) |
120* |
5-FU-CDDP (68 cycles) vs chirurgie seule |
14 mois NS 14 mois |
| ANDO, 1997(in 59) |
205 |
CDDP-VDS vs chirurgie seule |
48 vs 45 % à 5 ans (N.S.) |
| ANDO, 2003(45) |
242 |
5-FU-CDDP (2 cycles) vs chirurgie seule |
Survie sans rechute : 55 vs 45% à 5 ans (p=0.037) Survie globale : 61 vs 52% à 5 ans (p=0,13) |
*strate I (62 patients) : N+, résection complète - strate II (58 patients) : résection incomplète
|