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La vidéo-capsule

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Expert : Professeur Gérard GAY
Chef du service de gastro-entérologie - CHU Nancy

Questions

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Une capsule qui fait de l'endoscopie, ça marche comment ?

Donc, plus besoin d'endoscopie ?

Dans quel cas va-t-on utiliser cette nouvelle technologie ?

Avaler une caméra, c'est facile ?

Cette technique est-elle accessible partout et est-elle remboursée ?

Quels sont les futurs développements de cette technique ?

 

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Texte de l'interview

Une capsule qui fait de l'endoscopie, ça marche comment ?
Professeur Gay : Comme votre caméra. Si vous avez acheté récemment un appareil photo ou une caméra numérique, c'est exactement le même principe. il y a un petit CCD dedans qui fabrique les images avec possibilité, une fois ces images faites, de les transférer - via des antennes - sur un boîtier qui est situé sur le côté du patient (un peu comme le holter en cardiologie). Ensuite les données dans le boîtier, sont transférées sur un ordinateur puis c'est le travail du médecin de visualiser sur un écran d'ordinateur les images enregistrées pendant 8 heures dans l'intestin du patient.

 

Donc, plus besoin d'endoscopie ?
Professeur Gay : Les gastro-entérologues ne seront pas au chômage en particulier les endoscopistes pour deux raisons : cette capsule qui fait 2,6 cm sur 1 cm (soit une grosse gélule) ne permet pas pour l'instant de faire des biopsies (prendre des morceaux d'intestin ou d'estomac). Il faut donc vérifier les lésions qu'elle a montré. Lorsqu'elles sont dans un territoire accessible au gastroscope, au coloscope, à l'entéroscope, ce sont ces techniques qui vont faire les prélèvements, voire même le traitement.

 

Dans quel cas va-t-on utiliser cette nouvelle technologie ?
Professeur Gay : Il faut bien comprendre que la capsule, de par sa petitesse, ne peut pas fournir un éclairage très important. On comprend tout de suite que la cavité gastrique ou celle du côlon (gros intestin) sont plus larges que celle de l'intestin grêle c'est à dire l'intestin qui est le plus long. Pour l'instant, la capsule est réservée uniquement à l'intestin grêle que les endoscopes classiques n'explorent pas bien. Ces entéroscopes n'explorent que la première et la dernière partie de l'intestin grêle. Donc elle sert essentiellement actuellement à chercher les causes de saignement digestif. Il peut s'agir de saignement extériorisées - sang dans les selles par exemple ou vomissements sanglants) mais aussi de saignements non visibles se traduisant uniquement par une anémie - baisse du nombre de globules rouges - constatée par le médecin traitant sur une numération-formule sanguine prescrite par exemple parce que le patient était fatigué. La capsule n'intervient qu'après avoir recherché des lésions au niveau de l'estomac ou au niveau du colon. En résumé, pour l'instant, la capsule n'explore pas ou de façon incidente l'estomac ni le colon mais est réservée à l'intestin grêle.

 

Avaler une caméra, c'est facile ?
Professeur Gay : C'est facile chez l'adulte. Entre 12 ans et 18 ans, l'enfant ou l'adolescent peut avoir quelques difficultés à l'avaler mais le plus souvent tout sujet de plus de 12 ans parvient à l'avaler sans difficulté dans sa taille actuelle. Des capsules sont en préparation pour des enfants plus jeunes avec une taille plus réduite. La miniaturisation est en évolution constante comme vous le voyez d'ailleurs dans vos caméras, dans vos appareils photos.

Cette nouvelle technique est-elle accessible partout en France et est-elle remboursée par la Sécurité Sociale ?
Professeur Gay : Cette technique est accessible sur l'ensemble du territoire puisqu'il y a une trentaine de stations qui ont été vendues en France à ma connaissance. Il y en a environ 8.000 dans le monde et, à l'heure actuelle, environ 28.000 capsules ont été vendues (NDLR : la capsule est à usage unique). Cette technique est donc partout présente en France. Par contre, sur le plan financier, cet examen n'est pas encore remboursé par la Sécurité Sociale. Il faut donc trouver un centre qui accepte que cette capsule soit fournie dans la prestation. De la même manière, il n'y a pas d'honoraires du médecin pour la lecture de la capsule (NDLR : pas d'inscription spécifique à la nomenclature de la S.S.).

 

Quels sont les futurs développements de cette technique ?
Professeur Gay : Le futur va dans trois directions : 1) la miniaturisation comme nous le disions précédemment pour l'enfant. 2) un accroissement de la puissance d'éclairage pour essayer au moins d'explorer l'estomac. 3 ) essayer dans le futur de contrôler sa progression par des procédés électro-magnétiques notamment ou niveau de l'œsophage. Dans un avenir plus lointain - à cinq ou dix ans - on peut imaginer des capsules qui iront délivrer des médicaments et des capsules qui iront faire des prélèvements automatiques.

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