Société Nationale Française de Gastro-Entérologie
 
ENCYCLOPEDIE DES MALADIES DIGESTIVES
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Texte de l'interview

Peut-on avoir des calculs dans la vésicule sans le savoir ; autrement dit, est-ce que cela donne toujours des symptômes ?
Professeur Buscail : Les calculs biliaires sont fréquents au sein de la population en général et on est souvent amenés à en découvrir au cours d'écographies qui ne sont pas forcément dirigées vers la vésicule ou indiquées par une pathologie biliaire. On peut donc avoir des calculs biliaires sans pour autant avoir des symptômes ou des complications dans la mesure où c'est une affection fréquente.

 

Quelles sont les différentes complications en rapport avec la vésicule ?
Professeur Buscail : La vésicule est un organe qui concentre la bile et qui va se vider à intervalles réguliers au cours des repas pour délivrer la bile dans l'intestin et ce par l'intermédiaire du canal biliaire principal, le canal cholédoque. Si des calculs sont présents dans la vésicule, dans un premier temps certains peuvent se coincer à la sortie de la vésicule, juste avant le cholédoque. Ce phénomène peut entraîner soit des douleurs qu'on appelle coliques hépatiques, soit des douleurs accompagnées d'infection dans la vésicule qu'on appelle une cholécystite. Dans d'autres cas, les calculs, souvent plus petits, peuvent passer dans le cholédoque et à leur tour obstruer ce canal et provoquer soit des douleurs qu'on appelle également coliques hépatiques soit une infection des voies biliaires associée à une jaunisse qu'on appelle une angiocholite. Ces calculs peuvent aussi se coincer à l'abouchement du cholédoque au niveau du duodénum et comme cet abouchement du cholédoque est commun avec le pancréas, retentir sur ce dernier et induire ce qu'on appelle une pancréatite aiguë.

 

Qu'est-ce exactement que la pancréatite aiguë ?
Professeur Buscail : C'est au sens strict du terme une inflammation de l'ensemble de la glande pancréatique ; en fait, le pancréas est un réservoir d'enzymes digestives et pour de multiples raisons, notamment une obstruction du canal du pancréas par un calcul biliaire, on peut avoir une activation de ces enzymes qui, à ce moment-là, vont digérer le pancréas et les structures avoisinantes et provoquer une inflammation de la glande pancréatique.

 

On parle de régimes, de comprimés pour dissoudre les calculs, d'endoscopie, de chirurgie. Finalement, comment fait-on pour traiter ce problème dans la vésicule ?

Professeur Buscail : Régimes ou médicaments ne sont pas efficaces et le seul traitement des calculs biliaires c'est d'enlever le réservoir qu'est la vésicule, c'est à dire la cholécystectomie par voie chirurgicale ou coelioscopique.

 

Cela signifie t-il qu'il faut systématiquement se faire opérer à partir du moment où l'on a trouvé des calculs dans la vésicule ?
Professeur Buscail : Non. On opère un patient que si le calcul devient symptomatique c'est à dire qu'il donne un symptôme ou une complication parce qu'on sait très bien qu'à partir du moment où la vésicule commence à faire parler d'elle, on a une chance sur deux d'avoir une récidive dans les six mois ou dans l'année qui suit les premiers symptômes. On opère donc tous les calculs dits symptomatiques mais ceux qui ne donnent ni symptômes ni complications sont à respecter. On n'opère donc pas systématiquement devant la découverte d'un calcul.

 

Quelle est la différence entre chirurgie classique et coelioscopie ?
Professeur Buscail : La coelioscopie est une technique qui se pratique sans véritable ouverture de la paroi abdominale, avec un endoscope que l'on passe à travers la paroi. A distance, par cette petite ouverture, l'intervention est faite par des instruments dirigés de l'extérieur sous contrôle d'une caméra pour disséquer la vésicule et donc enlever les calculs et la vésicule. On l'oppose à la chirurgie dite classique qui consiste à ouvrir l'abdomen en regard de la vésicule et aller directement l'enlever avec ses mains.

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