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Maladies du pancréas

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Expert : Professeur Philippe LEVY
Service de gastro-entérologie - CHU Beaujon

Questions

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Le pancréas est moins connu que le foie, l'estomac ou l'intestin. Où est-il ?

A quoi sert le pancréas ?

Le pancréas est un organe qui a plutôt mauvaise réputation. Qu'en est-il exactement ?

Quels sont les symptômes qui vont amener à s'intéresser spécifiquement au pancréas?

L'alcool n'est pas très bon pour le foie. En est-il de même pour le pancréas ?

Quels sont les examens à notre disposition pour trouver des maladies du pancréas ?

Y a-t-il des éléments nouveaux dans le traitement du cancer du pancréas ?

 

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Texte de l'interview

Le pancréas est moins connu que le foie, l'estomac ou l'intestin. Où est-il ?
Professeur LEVY : Le pancréas est effectivement un organe méconnu, en particulier peu de gens savent précisément où il est ; il se situe assez haut dans l'abdomen puisqu'il est juste derrière l'estomac, entre ce dernier et la colonne vertébrale. C'est un organe qui est très profond et donc difficile d'accès y compris pour les techniques médicales les plus avancées.

 

A quoi sert le pancréas ?
Professeur LEVY : Le pancréas a essentiellement deux fonctions qui n'ont rien à voir entre elles. Premièrement, il sécrète des hormones qui sont des substances passant dans le sang. La principale hormone que tout le monde connaît est l'insuline dont la fonction est de réguler le taux de sucre dans le sang ; l'absence d'insuline se traduisant par le diabète. La deuxième fonction qui intéresse d'ailleurs plus les gastro-entérologues est une fonction digestive. Le pancréas sécrète des enzymes qui vont être nécessaires pour la digestion des aliments. La plus importante de celles-ci aide à digérer les graisses alimentaires (NDLR : la lipase), le pancréas étant pratiquement le seul organe digestif capable de digérer les graisses alimentaires.

 

Le pancréas est un organe qui a plutôt mauvaise réputation. Qu'en est-il exactement ?
Professeur LEVY : D'une part, parce que c'est un organe difficile à explorer et d'autre part parce que les maladies qui le concernent ont, de façon plus ou moins justifiée, mauvaise réputation. Ces maladies sont au nombre de trois. La première est la pancréatite aiguë qui peut être liée essentiellement aux calculs biliaires mais aussi à la consommation excessive d'alcool. La seconde est la pancréatite chronique qui, elle, est presque toujours due à une consommation excessive d'alcool pendant une dizaine d'années. Enfin, la troisième est l'adénocarcinome pancréatique - donc le cancer du pancréas - la plus fréquente des tumeurs qui peuvent atteindre le pancréas et dont le pronostic est relativement mauvais.

 

Quels sont les symptômes qui vont amener à s'intéresser spécifiquement au pancréas?
Professeur LEVY : Le principal symptôme permettant de penser à une maladie pancréatique est la douleur, une douleur au niveau de l'estomac parfois extrêmement intense et qui peut également irradier c'est à dire qu'on a la sensation d'une deuxième localisation douloureuse dans le dos ou entre les omoplates, parfois même aux épaules et quelquefois d'ailleurs faisant parfois confondre les maladies pancréatiques avec une maladie rhumatologique.

 

L'alcool n'est pas très bon pour le foie. En est-il de même pour le pancréas ?
Professeur LEVY : Il ne s'agit pas d'alcoolisme aigu, il s'agit presqu'exclusivement d'alcoolisme chronique - il faut boire beaucoup, tous les jours et pendant une dizaine d'années chez les femmes et une quinzaine d'années chez les hommes pour que la toxicité de l'alcool soit apparente au niveau du pancréas et déclencher soit une pancréatite aiguë soit une pancréatite chronique.

 

Quels sont les examens à notre disposition pour trouver des maladies du pancréas ?

Professeur LEVY : Il y a des examens sanguins en particulier le dosage des enzymes pancréatiques dans le sang et on peut nommer l'amylase et la lipase. Il y a surtout des examens radiologiques : généralement en première ligne on utilise l'échographie mais l'examen roi pour le dépistage et le diagnostic des infections pancréatiques est la scannographie, autrement dit le scanner, qui peut éventuellement, être doublé soit d'une imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) soit d'un examen plus spécialisé encore comme l'écho endoscopie.

 

Y a-t-il des éléments nouveaux dans le traitement du cancer du pancréas ?
Professeur LEVY : Oui, beaucoup. Il y a une dizaine d'années, le cancer du pancréas avait un diagnostic absolument effroyable; beaucoup de choses ont évolué, notamment la chimiothérapie a fait beaucoup de progrès permettant d'obtenir une durée de vie, surtout un confort de vie qui n'ont plus rien à voir avec ce que l'on observait il y a quelques années. D'autre part, les cancers du pancréas entraînent des complications, des obstructions des voies biliaires ou de l'intestin et on peut maintenant traiter ces obstructions par des techniques non chirurgicales, c'est à dire sans nécessité d'ouvrir le ventre ce qui a considérablement modifié l'approche thérapeutique de ce cancer. J'ajouterai enfin que le cancer du pancréas est un cancer qui entraîne des douleurs extrêmement importantes et que les progrès que l'on a fait, la variété des médicaments dont on dispose aujourd'hui pour lutter contre la douleur ont considérablement changé les choses et qu'il est exceptionnel que l'on ne puisse pas contrôler la douleur d'un malade ayant un cancer du pancréas.

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