SNFGE

Allocutions Présidentielles

Années : 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000, 1999, 1998, 1997

Allocution Presidentielle

du Professeur Jean FAIVRE


2003

le 31 mars 2003 à Paris
voir la vidéo Flash Player
| adsl | lent |

 


Chers Amis,

 

Tout d'abord, je mesure l'honneur qui m'est fait d'avoir été élu Président de notre Société. Je pense qu'à travers moi c'est l'école dijonnaise d'hépato-gastro-entérologie qui est reconnue. L'équipe que j'ai formée avec Cl Klepping, qui a été Président de notre Société en 1988, nous a permis d'être des pionniers dans la recherche épidémiologique et dans la recherche clinique en cancérologie digestive. Cette équipe s'est développée avec le temps, avec sur le plan clinique P Hillon, L Bedenne, C Michiels, A Minello et JL Jouve et sur le plan épidémiologique C Bonithon-Kopp, AM Bouvier, C Lejeune et
V Dancourt. Nous formons un groupe très soudé pluridisciplinaire auquel on peut rattacher l'équipe d'anatomopathologie de
F Piard. J'ai une profonde admiration pour chacun d'entre eux et je tenais à profiter de l'occasion pour le dire et leur rendre hommage. La relève est assurée. P Hillon a pris le relais comme Chef de Service et Cl Bonithon-Kopp comme responsable de l'équipe INSERM, me permettant de me consacrer à d'autres responsabilités et de mettre en application une idée que je défends depuis longtemps : les fonctions de responsabilité doivent tourner. L'usure des années est une réalité et une dizaine d'années dans des fonctions de direction est en général une bonne durée.

 

Je n'insisterai pas sur les activités auxquelles participent la Société, seule ou avec d'autres, qui fonctionnent pour le mieux : les Journées Francophones continuent d'être un succès (près de 4000 participants cette année), tout comme les Journées Nationales de Formation Continue à l'automne qui les précèdent et le séminaire intensif de formation continue connaît une forte fréquentation. La participation de nos collègues Francophones est de plus en plus importante. Nous en sommes fiers et heureux. Je tiens à les saluer. Le site Internet de la Société a été modernisé et connaît un succès considérable, que ce soit auprès des professionnels ou auprès du grand public. F. Tusseau et le Conseil Scientifique ont fait un travail remarquable. Je vous invite à le visiter. L'implication de la Société dans la recherche est forte. Le Fonds de recherche apporte un soutien significatif à nos équipes (300 000 € en 2003). Il faut y ajouter les prix et les bourses. Un partenariat constructif avec l'industrie pharmaceutique permet ces activités. Elle doit en être remerciée.

 

Je rappelle que l'adhésion à la SNFGE est devenue facile. J'invite ceux d'entre-vous qui ne sont pas encore membres à visiter le stand de la Société. C'est important pour que nous ayons du poids pour représenter les gastroentérologues auprès des autorités de tutelles. Je voudrais aussi insister sur le fait que notre participation à la Semaine Européenne est trop faible, ce qui ne nous permet pas de compter au niveau de l'Europe. A Cortot avait proposé d'envoyer les communications acceptées pour les Francophones pour le congrès européen, je reprends cette idée.

 

Un dialogue permanent entre les différentes sociétés savantes et toutes les structures (y compris syndicales) concernées par l'hépato-gastro-entérologie est nécessaire pour confronter les idées et harmoniser les points de vue. Ceci tient bien sûr aux hommes. Les choses se déroulent dans un excellent climat actuellement. Nous devons avoir le souci de dialoguer pour rester unis. Les problèmes ne manquent pas, il est donc important que nous nous exprimions d'une seule voix. Nous sommes confrontés aux négociations sur les honoraires des spécialistes, la difficile réforme de la nomenclature des actes en hépato-gastro-entérologie, au problème de la RTT dans les hôpitaux et à celui de la démographie médicale. Le bureau, autour de son dynamique et efficace Secrétaire Général E Dorval, s'attaque à tous ces problèmes. Je ne les développerai pas, pour me consacrer à un seul : la cancérologie digestive.

 

Cela fait très longtemps que j'essaie de mobiliser la profession, avec un succès médiocre. Mais je n'abandonne pas facilement et je voudrais faire une nouvelle tentative. Dans les années à venir, les cancers digestifs vont occuper une place particulière du fait de leur fréquence et de leur gravité et des espoirs de changements à court terme du fait de l'évolution rapide des traitements et des possibilités de prévention et de dépistage. Le problème est d'importance. En 2000, il y a eu plus de 62 000 nouveaux cas, dont près de 60% étaient des cancers colorectaux. Les cancers digestifs restent graves : on ne guérit qu'un cancer colorectal sur deux et moins de 10% des cancers de l'œsophage, du foie ou du pancréas. L'absence de spécificité des signes cliniques et la place de l'endoscopie font que les gastroentérologues sont incontournables dans la phase de diagnostic des cancers digestifs. Nous avons d'autres atouts. Nous avons des équipes de recherche compétitives, aussi bien sur le plan de la recherche fondamentale que de la recherche clinique ou épidémiologique. La profession, notamment grâce à la mobilisation de la SNFGE, est en train de jouer un rôle essentiel dans la mise en place d'une politique de dépistage du cancer colorectal. Mais la mobilisation est inégale d'une région à l'autre. Les atermoiements des pouvoirs publics ont pu décourager certains. Nous avons mené un rude combat. Plus de 20 départements ont ou sont sur le point de démarrer le dépistage par la recherche d'un saignement occulte dans les selles. La mise en place du dépistage organisé est une tâche lourde qui demande 12 à 18 mois de préparation. L'expérience prouve que les gastroentérologues sont les mieux placés pour mobiliser les médecins et les autorités sanitaires. Il faut que, dans chaque département, vous choisissiez deux ou trois d'entre-vous chargés de former une équipe pluridisciplinaire, en particulier avec les généralistes, pour mettre en place le cahier des charges organisant le dépistage. Les premières expériences montrent que cela marche.

 

Malgré cette position privilégiée, les gastroentérologues, que ce soit en milieu hospitalier ou dans le secteur libéral ont souvent renoncé à prendre en charge les malades nécessitant un traitement médical. Ceci tient probablement au manque de formation de nombreux gastroentérologues. On ne peut que déplorer notre manque de clairvoyance et que si peu d'entre-nous se soient formés. Il est vrai que jusqu'en 1990, il n'y avait pas de traitement efficace, mais depuis les choses ont rapidement évolué et beaucoup ont manqué le train. Une enquête coordonnée par L Bedenne à laquelle 60% des gastroentérologues ont répondu (ce qui est une proportion élevée) indique que plus de 80% des gastroentérologues libéraux ne font jamais de chimiothérapie et que dans près de 90% des cas ils confient leur malade à un oncologue. Quel est l'avenir d'une spécialité médicale qui ne prend pas en charge le traitement de ses malades? Je pense qu'il est encore temps pour redresser la situation. Je rappelle que tous les gastroentérologues peuvent pratiquer la chimiothérapie à condition qu'ils aient les connaissances suffisantes. Il est très souhaitable, mais pas indispensable, d'avoir un diplôme (DESC ou à défaut DIU). Une décision thérapeutique prise dans le cadre d'une réunion pluridisciplinaire représente aussi une protection. Les gastroentérologues se doivent de jouer un rôle moteur dans la pluridisciplinarité et les réseaux. Les jeunes gastroentérologues, à la fin de leur formation ont dans beaucoup de CHU (pas tous malheureusement) une solide formation en cancérologie digestive et un DESC. Il faut que le secteur libéral s'organise autour de cette nouvelle génération pour assurer la prise en charge des cancers digestifs. Dans les CHU et les Hôpitaux Généraux, il faut au moins un médecin titulaire dont la crédibilité en cancérologie digestive est reconnue. Cette stratégie ne veut pas dire que nous sommes en opposition avec les oncologues. Nous sommes complémentaires et nous voulons seulement que notre capacité à traiter les malades soit reconnue. Il n'est pas si compliqué que cela d'utiliser les drogues disponibles en cancérologie digestive. Ne manquons pas l'opportunité que représente le plan cancer du Président de la République. Il prévoit, en particulier, de revoir les critères de pratique de la cancérologie par les spécialistes d'organe pour une meilleure prise en charge des malades.

 

Je vous souhaite à tous et à toutes des Journées Francophones riches de connaissances, d'échanges et de rencontres amicales.

 

Mars 2003

79, boulevard du Montparnasse - 75006 Paris - France - Standard : +33 (0)1 83 95 48 07 - Fax: +33 (0)1 83 95 48 06 - Email : secretariat@snfge.org

 La S.N.F.G.E est l'institution scientifique de référence en hépato-gastroentérologie. Société savante créée en 1947 reconnue d'utilité publique.
Réalisé par CYIM Presse | Informations légales | Qui sommes-nous? | Contacts | English | Boîte à outils | Partenariats