Chers collègues, Chers
amis,
Je dois vous faire part en premier lieu de ma
grande surprise lorsque, au nom du bureau, le
secrétaire de notre Société
Nationale Française de Gastro Entérologie
m’a sollicité pour être votre
Président pour l’année 2005.
Au-delà du grand honneur qui m’était
fait dans cette proposition, il m’apparaissait
difficile de l’accepter sans explications
car je suis ni gastroentérologue, ni clinicien,
L’explication qui m’en a été
donnée était la volonté
du Bureau et du Conseil d’Administration
de montrer par cette nomination l’intérêt
que porte notre Société à
la promotion et la valorisation de la Recherche
clinique ou fondamentale en Gastroentérologie.
Chercheur à l’INRA depuis 1969, c’est
effectivement dans ce domaine que j’exerce
mes activités de recherche et à
l’instar de certains illustres prédécesseurs,
c’est dans le domaine de la motricité
digestive que j’ai débuté
ma carrière. Je dois à ce titre
remercier trés chaleureusement le Pr Jacques
Frexinos, un ami de presque 3O ans, de m’avoir
ouvert son Service de Gastroentérologie
de l’hôpital Rangueil pour appliquer
à l’homme certaines techniques d’enregistrement
de la motricité que nous avions mises au
point chez l’animal et d’avoir participé
grandement à la réussite de tous
ces travaux. Mais je lui dois beaucoup plus car
au-delà de cette collaboration, il m’a
introduit dans votre Société où
j’ai trouvé un accueil chaleureux,
enrichissant sur tous les plans, un réseau
d’amis, de scientifiques. C’est dans
cet esprit que nous avons créé avec
Jacques Frexinos et mon fidèle collaborateur
Jean Fioramonti, à qui je dois aussi beaucoup,
le Club Français de Motricité
Digestive qui nous a permis de réunir,
de faire dialoguer et surtout collaborer cliniciens
et fondamentalistes autour de la motricité
et des troubles fonctionnels intestinaux. Bien
entendu, cet accueil a donné lieu à
de nombreuses collaborations et publications dans
ce domaine. Merci aux nombreux cliniciens qui
nous ont suivis dans cette démarche.
1) D’une façon plus générale,
la Recherche a toujours occupé
une place remarquable dans la Gastroentérologie
française. Les fondateurs des
premières Journées Francophones
en 1972, avaient prévu un forum de recherche
étroitement associé aux journées
de la Société, afin de rapprocher
chercheurs et cliniciens dans la même discipline.
Le livre Blanc de l’Hépato-gastroentérologie,
dont l’initiative et la réalisation
reviennent à un illustre prédécesseur,
le Président Jacques Fournet, hélas
disparu trop prématurément en 2003,
indique qu’en 1999 la France occupait la
deuxième place en Europe après le
Royaume-Uni, pour la publication en langue anglaise
de travaux français. Depuis, malheureusement,
cette position a reculé et ceci est peut
être expliqué par diverses raisons
: contraintes administratives, absence de structures
fédératives dynamiques, surtout
augmentation de la charge de soins et d’enseignement
dans les CHU. Parallèlement, des
organismes de recherche comme l’INSERM ont,
à notre avis, trop favorisé les
travaux fondamentaux au détriment de recherches
cliniques. Dans un article récent
publié dans La Presse Médicale,
Jean-François Bretagne et Etienne Dorval
ont dressé un bilan très pertinent
de nos forces et de nos faiblesses. Ils suggèrent
de corriger les défauts de cette évolution
par une implication plus importante et plus incisive
des hépato-gastroentérologues dans
des unités INSERM, dans des Centres d’Investigation
clinique, dans les registres épidémiologiques
de cancers ou de maladies inflammatoires de l’intestin
voire des maladies dites fonctionnelles, à
condition bien sûr qu’ils en aient
le temps et c’est là souvent tout
le problème!
La SNFGE, tout comme les autres sociétés,
associations et clubs participant aux Journées
Francophones de Pathologie Digestive, fait le
maximum pour financer des projets de recherche
clinique et vous devez savoir que le bénéfice
financier de ces trois jours sert intégralement
à alimenter notre Fonds de Recherche. Cette
année, ce Fonds atteint la somme de 240.000
€ et le Fonds d’Aide de 30.000 €,
cela permettant d’honorer plus de la moitié
des 23 demandes de financement. Ce désir
de promouvoir les projets de recherche clinique
se retrouve encore avec l’octroi de Bourses
comme la bourse Robert Tournut destinée
à financer un séjour de formation
à la recherche à l’étranger
ou encore la Bourse Etienne Lévy afin d’aider
un projet de recherche dans le domaine de l'assistance
nutritionnelle en réanimation ou en soins
intensifs. Les prix “Jeunes chercheurs »
ou les bourses pour les étrangers destinées
à faciliter leur participation aux Journées
Francophones, démontrent à l’évidence
cette volonté de promouvoir la recherche
en hépato-gastroentérologie. Il
faut aussi noter que notre Société
apporte aussi sa caution scientifique à
la Recherche de l’Industrie pharmaceutique
dont les efforts dans ce domaine restent considérables
et surtout indispensables.
Le Professeur Christian Bréchot, hépatologue,
actuellement Directeur Général à
la tête de l’INSERM, soutient
notre but et favorise l’insertion de cliniciens
en recherche par des postes d’accueil.
Il a le désir de voir se concrétiser
pour 2006 la création d’un Programme
National de Recherches (PNR) pour l’hépato-gastroentérologie
avec des axes prioritaires tenant compte de l’évolution
des pathologies dans ce secteur. A la dernière
réunion du Comité d’Interface
entre notre société et l’INSERM,
il a annoncé que même si l’Hépato-Gastroentérologie
ne fait pas partie des axes retenus par l’Agence
Nationale pour la Recherche (ANR) il convient
de maintenir ces disciplines dans un PNR permettant
in fine une reconnaissance par ANR. Notre
Société participera pleinement à
l’établissement des domaines prioritaires
dont certains ont déjà été
définis (inflammation,, NASH, RGO, etc.).
La cancérologie digestive fait déjà
partie des recherches prioritaires dans un cadre
plus spécifique de l’Institut National
du Cancer (INCA).
2) Au-delà de la formation à la
recherche, parlons maintenant, si vous le voulez
bien, de la formation continue organisée
par la SNFGE qui vient en appui de l’action
plus directe de la FMC-HGE dont je tiens à
souligner le dynamisme et l’efficacité.
Ces deux journées de FMC qui précèdent
les journées dites scientifiques sont depuis
plus de quinze ans, un outil de travail et d’enseignement
remarquable permettant à tous les gastro-entérologues
francophones de participer à l’évolution
de leurs spécialités et d’actualiser
rapidement leurs connaissances. Un décret
gouvernemental régissant et codifiant la
Formation continue est en cours d’élaboration
et la SNFGE devrait participer activement à
sa mise en application même si elle ne participe
pas directement à sa rédaction.
La SNFGE soutient la formation continue
à la fois à travers la FMC-HGE mais
également en organisant chaque année
au mois d’Octobre deux journées de
formation thématisée, qui évoluent
en fonction des souhaits des participants en intégrant
dès cette année des ateliers.
3) Le troisième objectif de notre société
est de favoriser les échanges de connaissances,
d‘idées, de concepts, de schémas
thérapeutiques ou de procédures
diagnostiques. A ce propos je tiens à souligner
la qualité de notre site WEB dont le nombre
de consultations ne cesse d’augmenter :
plus de 120 000 connexions par mois au cours du
dernier trimestre 2004. Gastroscoop est un nouveau
service de veille scientifique et d’information
rapide sur les nouveautés dans notre discipline.
Tout membre de notre société peut
en bénéficier grâce à
l’aide de “veilleurs” sélectionnés
motivés dans leurs tâches et dont
Louis Buscail assure la responsabilité
technique et scientifique.
La lettre trimestrielle de la Société
a besoin de vous. Son but est de rappeler les
actions essentielles de notre société
et de rappeler les principales dates correspondant
à des actions spécifiques (réunions,
appel à soumission…etc.). Je
vous invite à adresser à notre secrétaire
toute information générale ou spécifique
susceptible d’intéresser nos membres
ou tout point de vue pouvant être ainsi
débattu.
Afin d’être mieux perçue et
plus citée par des lecteurs étrangers,
notre revue GCB, Gastroentérologie Clinique
et Biologique, a mis en place un système
de traduction pour la publication en anglais des
articles originaux. La mise en place de ce service
a immédiatement multiplié par 2
le nombre d’articles soumis et devrait rapidement
se traduire par une augmentation substantielle
de son facteur d’impact.
Thésaurus de bonnes pratiques, guide de
bon usage, conférences de consensus ou
recommandations (RCP) sont autant d’activités
de FMC dont notre société s’occupe
activement. A titre d’exemple, le Thésaurus
de Bonnes Pratiques en Cancérologie Digestive
mis en place en 2001 sera réactivé
cette année pour être complété
et mis à jour. Ce Thésaurus promu
par la SNFGE, la FFCD, le GERCOR et la FNCLCC
va faire l’objet d’une large diffusion
notamment auprès de l’Institut National
du Cancer.
Sans vouloir être exhaustif, je me dois
quand même de souligner que la SNFGE
participe activement en relation avec d’autres
sociétés savantes comme la SFED
à la classification commune des actes médicaux
(CCAM) qui impose une nouvelle détermination
des Indices de Coût Relatifs (ICR).
Cette réflexion et participation sont capitales
pour notre discipline en particulier pour le secteur
libéral mais également pour l’attribution
de ressources aux établissements dans le
cadre du programme de la Médicalisation
des Systèmes d’information.
Enfin, la SNFGE participe à l’évaluation
scientifique du bénéfice dans le
cadre de l’action exploratoire de la DGS
pour le dépistage du cancer colorectal
dans plus de 20 départements français.
Notre ministre de la santé, interviendra
ici même demain matin en séance plénière
pour dresser un bilan de l’action gouvernementale
et des réalisations à venir.
Quant aux Journées Francophones de Pathologie
Digestive qui constituent la plus importante plate-forme
nationale d’échanges scientifique
avec plus de 600 résumés soumis
cette année, elles font toujours le plein
de participants. La sélection des
communications est sévère avec un
taux d’acceptation n’excédant
pas 60 %. Il est souhaitable à l’avenir
que ce taux soit revu à la hausse pour
être plus en rapport avec ceux d’acceptation
constatés au congrès de l’AGA
ou à la semaine européenne de Gastroentérologie.
Nous devons à ce sujet, maintenir notre
effort de participation au congrès européen
qui a lieu cette année à Copenhague.
Je voudrais remercier tous nos collègues
qui ont répondu à l’incitation
de la SNFGE à soumettre des résumés
et à participer en 2004 à la semaine
Européenne de Gastroentérologie
de Prague. Je remercie également
les laboratoires pharmaceutiques qui ont accepté
de nous soutenir dans cette action en supportant
des frais de déplacement et de séjours.
Ainsi la France se positionnait au 3ème
rang des nations présentes pour le nombre
de résumés soumis et le nombre de
participants. Nous devons maintenir nos efforts
de participation cette année à Copenhague.
Avant de vous souhaiter “Bonnes Francophones
2005”, je voudrais juste souligner que ce
bilan très positif est dû au travail
acharné du secrétaire général
et de son bureau qui ont donné à
la SNFGE ces dernières années une
impulsion décisive en élargissant
ses actions à de nouveaux domaines et en
faisant de la SNFGE un interlocuteur reconnu tant
au plan national qu’international.
DR LIONEL BUENO
Mars 2005
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