éditorial
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An
2002
Quelle Hépato-Gastroentérologie ?
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Ni le monde, ni l'Hépato-Gastroentérologie
ne vont changer brusquement en entrant dans le
troisième millénaire, les changements
intervenant chaque jour de façon imperceptible.
En se reportant quelques décennies en arrière,
chacun peut observer les progrès importants
de notre discipline, aussi bien dans la compréhension
que le traitement de certaines maladies. La redécouverte
de l'infection à Helicobacter pylori,
le développement de médicaments
puissants tels que les anti-sécrétoires
gastriques, l'essor de l'endoscopie digestive
diagnostique et thérapeutique et l'avènement
de la coeliochirurgie constituent quelques exemples
démonstratifs, auxquels il faut désormais
ajouter les performances galopantes de l'imagerie.
Les défis restent nombreux, et citons pêle-mêle
ceux de la pathologie fonctionnelle du tube digestif,
des maladies inflammatoires de l'intestin, de
l'alcoolisme, et surtout de la cancérologie
digestive, certains cancers tel le carcinome hépatocellulaire
ou l'adénocarcinome de l'osophage voyant
leur incidence rapidement progresser. Cependant,
les progrès de la recherche devraient permettre
d'y faire face. La recherche sur les cellules
souches humaines et la connaissance du génome,
allusion faite au séquençage du
génome de plusieurs agents infectieux et
surtout du chromosome 22 de l'homme, considérées
par la revue " Science " comme
les recherches scientifiques les plus importantes
de l'année 1999, témoignent de l'importance
des progrès récents. Les applications
thérapeutiques qui en découleront
viendront sans aucun doute bouleverser notre arsenal
et nos stratégies thérapeutiques,
et, espérons-le aussi, le pronostic de
nombreuses maladies, en termes de morbidité
et de mortalité.
Quel sera le rôle de l'Hépato-Gastroentérologue
placé au milieu de l'échiquier ?
Il est vraisemblable qu'en raison même de
l'évolution passée et incontrôlée
vers une médecine hyperspécialisée,
d'autres spécialistes se posent actuellement
la même question, mais les Hépato-Gastroentérologues
dont l'activité reposerait principalement
sur la pratique de l'endoscopie se sentent bien
évidemment très concernés.
Pour combattre la fragilité de médecins
tendant à être réduits à
des techniciens et leur donner les moyens de faire
face aux larges exigences de demain, les spécialistes
devront pouvoir disposer d'une formation initiale
la plus diversifiée possible et aussi d'une
formation continue de qualité. Devenus
capables de prendre en charge le traitement des
cancers digestifs ou de certaines pathologies
complexes comme les maladies inflammatoires de
l'intestin, les spécialistes répondraient
mieux aux aspirations des médecins généralistes.
Capables de répondre sans ambiguïté
aux questions de malades de plus en plus informés,
les spécialistes reviendraient aussi à
une forme d'exercice plus humaniste de la médecine.
D'un point de vue strictement personnel, cette
évolution ne pourra se faire sans rediscuter
du mode de rémunération des spécialistes,
les travaux actuels de révision de la nomenclature
ne pouvant prétendre résoudre tous
les problèmes. Malheureusement, on peut
craindre que dans ce domaine, comme dans celui
de la formation continue en jachère depuis
quelques années, les désillusions
soient au rendez-vous, y compris pour les sociétés
scientifiques, fussent-elles de qualité
et animées de la meilleure volonté,
en raison de la pauvreté de leur dialogue
avec les ministères ou les tutelles, et
aussi le poids des structures syndicales en France.
Ces difficultés n'ont pas empêché
la SNFGE de se fixer un certain nombre d'objectifs bien
connus de ses membres : la recherche de l'unité
de la profession en favorisant l'ouverture et
la participation de tous les acteurs à
ses structures, le développement de la
Recherche clinique en finançant chaque
année de nombreux projets, l'organisation
d'un congrès scientifique annuel de qualité
(les résultats de l'évaluation des
Journées Francophones de Pathologie Digestive
de 1996 seront diffusés à Nice en
Mars 2000), la production de référentiels
de bonne pratique visant la qualité et
la sécurité des soins, la conduite
d'actions de Formation continue avec ou sans le
concours de la FMC-HGE.
Malgré les nombreux résultats positifs
enregistrés ainsi qu'un site Internet apprécié,
notre discipline souffre d'une insuffisance d'image
auprès du public et des diverses tutelles.
A titre d'exemple, l'enquête européenne
" Gut reaction survey " vient
de révéler que le reflux gastro-oesophagien
était une pathologie mal connue du grand
public, 65% des Français n'ayant jamais
entendu parler de reflux gastro-oesophagien alors
même que 20 à 40 % de la population
souffrent de symptômes ayant des conséquences
néfastes sur la qualité de vie.
Consciente de ce déficit d'image, la SNFGE
vient de lancer à l'initiative de son Président
le projet d'un Livre Blanc en Hépato-Gastroentérologie,
sur lequel J Fournet reviendra plus en détail
dans le numéro 52 de la Lettre. Contentons-nous
de préciser aujourd'hui qu'il représente
un enjeu majeur pour toute la discipline et un
objectif prioritaire de l'année 2000.
Les membres du Conseil d'Administration et du
Bureau de la SNFGE se joignent à moi pour
vous souhaiter de très bonnes fêtes
de fin d'année et une heureuse année
2000.
Jean-François
Bretagne,
Secrétaire
Général de la SNFGE
Janvier
2000
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